Slaughtered
Vomit Dolls
2005 (Lucifer Valentine)
Devenant
de plus en plus blasé et mes rêves et cauchemars dépassant
de loin ce que je peux voir sur les écrans, je commençais
à désespérer de retrouver une bonne perlouze croûteuse
me laissant dans un état second et me ramenant à ce bon
vieil état de panique primale que j’affectionne tant tout en le
haïssant copieusement… En visionnant SVD, par un dénommé LUCIFER VALENTINE, je m’imaginais avoir affaire à une sorte de Uncut Movie porno-gore réalisé par un énième gothiste ayant réuni quelques copines suicide-girl via Jewspace pour un gang bang improvisé avec quelques effets gore grossiers… Bien mal m’en a pris car je me suis au contraire retrouvé devant une œuvre à part, à la fois cohérente, expérimentale et putassière dans le bon sens du terme… Le film commence très brusquement sur une enfant avec le ciel au fond des yeux et des champs de blé dans les cheveux, bref, si commune qu’on ne prend même pas le temps de vérifier si il reste encore de la place dans le coffre de la bagnole quand on la croise… L’espiègle petite truie annonce qu’elle va entonner une chanson « for the whole world to see », ce qui est déjà une métaphore en quelque sorte de ce que l’on s’apprête à voir, même si cela se révélera plus être un chant du cygne devenu une charogne décrépite aux ailes brisées… Car à l’instant précis où la gamine entame sa comptine, le film part dans une vrille malsaine qui ne stoppera brusquement que 71 minutes plus tard… 71 minutes d’une descente aux enfers totale de cette gamine dont on comprend (tout le film est sujet à interprétation et déchiffrage, car aucune continuité chronologique ou presque, et surtout aucune intrigue n’est de mise ici) qu’après des évènements mystérieux elle a claqué la porte du domicile familial pour échouer dans une vie miséreuse de prostitution et de strips à cinq grammes dans les pires bouges… C’est véritablement à un journal intime d’une moribonde de 19 ans que l’on a affaire, filmé via un camescope dont on ne saura jamais qui le tient… Rythmé par un montage ultra syncopé qui reflète l’état mental et physique déplorable de la génisse, par une bande-son noise, des effets simples mais chaotiques, les premières 20 minutes sont un maelström de démence et de déchéance, et prennent déjà une dimension intéressante quand la génisse se retrouve, avec un effet de voix déformée, à prier Satan pendant qu’elle se fait troncher, image juxtaposées avec la même, gamine, entonnant sa comptine d’une voix également triturée, le tout filmé à l’envers… Difficile de recréer avec des mots ce qui se passe, mais l’ensemble m’a fait un effet de malaise total, le tout allant crescendo avec des plans subliminaux intrigants de figures étranges et encapuchonnées… Puis le film bascule totalement en dévoilant son deuxième visage, avec un camescope filmant une autre génisse qui semble passer une audition ou tout simplement converser avec le détenteur de la caméra, jusqu’à ce que son nom, une date, et le mot EXECUTED apparaissent sur l’écran… Immédiatement, on verra la génisse bondagée, torturée, puis énucléée brutalement dans un effet digne des premiers Guinea Pig, le tout bien lentement et complaisamment, puis comme si de rien n’était, le film repart sur le journal intime de la vie d’humiliations subies par son « héroïne », et tout le film va suivre ce schéma… Concrètement, on se retrouve devant une pute camée filmée à l’arrache, baisée, humiliée, disant son prix, et surtout VOMISSANT… Car ce n’est pas pour rien que le réal a affirmé qu’il créait ici son propre genre : le VOMIT GORE… Et TOUS les renvois présents de ce films sont assurés 100% réels, ce qui pour certaines des « performances » tient limite du délire masochiste… A côté du calvaire de la génisse, on reviendra bientôt à ces joyeuses séquences de putanas interviewées, puis torturées et exécutées lentement…sans avoir omis de les faire bien vomir partout au préalable… Au fur et à mesure que le journal intime de la junkie s’enfonce dans le chaotique et la souillure, les séquences gore seront de plus en plus violentes et explicites, les deux dernières étant par leur traitement et leurs idées ma fois limites cultes, avec en plus une ou deux touches d’humour glauquissimes qu’on ne verra jamais dans un SAW 88 ou HOSTEL 69… Que dire sinon que le vomi se mêle à la barbaque, que la plaisanterie du « pas de bras , pas de chocolat » est revisitée sous un jour nouveau et qu’un certain « Henry » redéfinit le concept du sac à gerbe DIY… Nous serions donc en présence de deux films bien distincts, l’un de journal intime destroy et l’autre de pur « VOMIT GORE EXPLOITATION » ??? Nenni, car les deux parties finissent par un montage de plus en plus chaotique par se confondre, tandis qu’on commence à cogiter sur le lien entre les deux… Avouons-le même, on se surprend à guetter les confidences de la génisse entre deux renvois et saillies à 60 dollars, pour tenter de déchiffrer la raison des exécutions filmées, tandis que durant ces dernières on tente de percer le moindre indice visuel qui les relieraient à la partie journal intime… En un mot, on se retrouve à cogiter sur un film où des gens vomissent sur la caméra après s’être enfoncé les doigts d’un bras coupé dans la gorge… Bel exploit… Je ne dirai rien sur la fin, à ceci près qu’elle dévoile quelques pistes intéressantes et encore plus d’interrogations sur le pourquoi et le comment de tout le merdier qu’on vient de voir, alors même que les deux « parties » de ce jouissif étron pourraient fonctionner indépendamment l’une de l’autre… Après avoir subi une telle déferlante, on passera même pas la case « vague émotion » dans les toutes dernières secondes ! Des inties du réal n’en révéleront pas plus, à part que ce LV est un sataniste occultiste sud-africain (ou canadien, ce n’est pas très clair…) ayant été initié aux joies des VOMIT PARTIES lors d’un séjour en Finlande, que l’actrice principale (étonnante de vérité) était sa propriété au moment du tournage, qu’il a décidé de devenir cinéaste en visionnant MEN BEHIND THE SUN (CAMP 731) à un âge indécent, et qu’il est passionné par la théorie de la synchronicité liée à la mort de Kurt Cobain…(observez d’ailleurs les dates des divers enregistrements vidéos du film…) Pourquoi pas… En tout cas, son SVD est définitivement à part, œuvre totalement chaotique mais cohérente, gerbante (essayez donc de mater le film tout en vous enchaînant houblon entre 8.8° et 12°6, effet garanti) mais réflective… Un peu long certes (la complaisance ultime de certaines scènes gastriques peut faire décrocher), mais quel magnifique voyage au bout de la déchéance et de la perversion pour une pelloche qui se vomit directement dans votre gueule… A mettre sur grand écran pour une hypothétique prestation live de DIAPSIQUIR/ZARAACH’ BAAL TARAGH… ALL HAIL THE VOMIT DOLLS !!! Arsongod |