Milos, un acteur de hard à la retraite, essaie de mener une vie de famille normale avec sa femme Maria et leur fils de 5 ans, Stefan, alors qu'il tient une auberge dont les finances ne vont pas bien. Un beau jour, la visite d'une ancienne collègue, Layla, va tout changer. Visiblement au courant de ses problèmes d'argent, elle va présenter Milos à Vukmir, une figure influente de l'industrie pornographique qui va lui faire une offre qu'il ne pourra pas refuser. Le rôle principal que Vukmir lui propose le mettra, ainsi que les siens, à l'abri du besoin jusqu'à la fin de leurs vies... Seule une clause dans le contrat fait d'abord hésiter Milos avant qu'il ne le signe : il ne doit absolument rien savoir du scénario afin que Vukmir puisse tirer parti à 100% des situations "dramatiques" dans lesquelles il souhaite le mettre en scène... L'objectif de Vukmir : réaliser LE snuff-movie artistique suprême...
Ca fait plaisir quand un buzz n’est pas volé, ce qui n’était pas arrivé depuis MARTYRS selon moi, et quand on se retrouve devant une perlouze vraiment déviante et qui va jusqu’au bout de l’abjection…
Ah ça oui, le film va susciter rejet et appel à la censure même de la part des fans d’horreur qui se pignolent sur les torture porn d’habitude. Car ici on est dans une violence bien plus insidieuse que le gore grotesque à force d’outrance… Quoique des outrances, le film en comporte aussi, et filmées avec une telle complaisance et un sadisme si jouissif qu’on a envie d’applaudir ou de virer à l’hystérie comme le personnage cinglé de Vukmir.
Bien plus que dans les HOSTEL, l’homme est ici réduit à du bétail, et surtout à sa bite et à son animalité la plus bestiale, à un jouet qu’on drogue à outrance pour lui faire faire toutes les saloperies possibles et inimaginables, et à n’importe qui…
On va donc suivre le calvaire de Milos, brave père de famille porté sur la bouteille, et ancienne légende du porno, ironie quand on voit qu’il a recours aux subterfuges pseudo poétiques des parents emmerdés quand il doit expliquer la branlette à son fils. Il a une coquette petite maison (alors qu’il est censé être fauché, un peu paradoxal) un brave petit garçon et un beau brin de femme, qui en plus est d’accord pour se faire troncher en matant les pornos de son mari, nice… Tu m’étonnes que son frère flic et frustré de tout convoite ce petit bonheur…
Pour arrondir les fins de mois, il va donc se retrouver embarqué dans un vrai bordel sous l’égide de mafieux, de flics/miliciens corrompus et d’un producteur/réalisateur haut en couleurs à la barbiche méphistophélique, prompt aux grimaces sardoniques et tenant un discours peu clair et surtout prétexte à enrober toutes les saloperies qu’il veut perpétrer au nom de « l’art et la vérité »… C’est marrant, ça ressemble pas mal au discours des réals qui se sont défendus en disant que le film était une métaphore de tout le bordel arrivé en Serbie pendant les différentes guerres civiles, héhé…
Dès le début, Milos flaire un coup foireux : pourquoi se fait-il pomper sur des images de petites filles mangeant des glaces ? Pourquoi se retrouve t-il toujours dans des espèces de reconstitution de cellules familiales déviantes ? La prod voudrait-elle lancer le genre « porno en famille » ?… Oh oui, c’est exactement ça, et le pauvre Milos perdra vite pied quand il comprendra dans quoi il est tombé…
La deuxième partie du film est assez casse-gueule, en cela que Milos après avoir été kidnappé et drogué pendant plusieurs jours, doit petit à petit retrouver la mémoire en menant l’enquête, et va comprendre l’horreur de ce qui s’est passé entre temps…
Hors de question de spolier quoi que ce soit des scènes choc du film, à part dire que j’avais prophétise il y a quelque temps dans une chro, qu’étant donné qu’il n’y avait plus aucune barrière dans le gore, même dans les films relativement mainstream à la JOHN RAMBO, il fallait bien briser les nouveaux tabous… Et quel est le tabou fort à la mode ces dernières années, celui qui assure de faire perdre tout sens critique et objectivité à presque n’importe qui ? On est d’accord… Hé bien dites-vous juste que là c’est encore plus pervers que ce que vous imaginez à l’instant précis…
On pourra certes arguer que la première scène « choc » est trop mal foutue pour véritablement choquer, mais collez un bataillon de sage femmes devant celle ci et croyez-moi elles taperont à la porte du four…
Quand au final très « familial » ma fois, il fait passer le twist de OLD BOY pour une blague de collégien et apporte vraiment un putain de malaise, même si on le voit arriver à l’avance en frétillant sur sa chaise genre « non ils vont pas oser un truc pareil » alors qu’on hoche déjà la tête et qu’on se prépare à lever sa bière en l’honneur d’un nouveau défonçage (c’est le cas de le dire huhuhu) en règles de tabou…
Mais là où c’est très fort, c’est que juste après ça les réals osent balancer un GAG gore digne d’un Troma, pour partir dans un massacre grand guignolesque totalement en rupture avec le ton du reste du film !!!
Les mecs n’assumeraient pas jusqu’au bout et voudraient détendre l’atmosphère ? Et bien si c’est ça c’est raté car cela ajoute surtout une bonne couche de putasserie crasse au truc, comme si en fait tout ça n’était pas si grave au fond… J’applaudis pour ma part, et j’imagine l’effet dans une salle avec une moitié de la salle encore choquée par ce qui a précédé, et fomentant le lynchage de l’autre moitié bourrée qui est en train de rire gras en toussant sa bière… Et là on se dit que l’argument socio-culturel du truc ne tient vraiment pas à grand-chose…
Il est d’ailleurs intéressant d’observer certaines réactions sur la toile, avec divers types s’entêtant à appuyer la vision des réals et à trouver des messages codés anthropoculturomescouilles dans la chose, voire même des résonnances féministes !!!!
Pour ma part, j’y vois plutôt une perlouze pas dénuée de défauts mais qui par son jusqu’au boutisme rance (c’est un compliment) prend la place numéro un au piédestal de l’infamie sur pelloche, même si je suis sûr qu’il doit exister un film japonais qui fait pire, quelque part… Vous me direz, ça ne compte pas, il y a TOUJOURS un film japonais pour faire pire, ok…
Et surtout, un film qui va vraiment DIVISER pour une fois, même parmi les geeks bercés à la pseudo ultra violence sur écran depuis leur plus jeune âge, ces mêmes blaireaux qui se gaussent déjà du film en disant que beuh même pas outrés, mais qui te virent de leur forum quand tu proposes de débattre sur le thème du comique de situation fictionnelle dans NUIT ET BROUILLARD…
La Serbie marque donc un point…contre son propre camp, car je ne vois pas vraiment qui aurait envie d’y faire un tour après visionnage du film, à part pour ouvrir un business… Mais comme le prouvent les dernières secondes jouissives de noirceur de cette perlouze, le milieu du snuff sait toujours s’adapter…
On attend maintenant le challenger de ce film, dans la catégorie pornographie mémorielle, Mr Uwe Boll est attendu sur le ring avec son AUSCHWITZ, merci…
Arsongod