Schramm
1993 (Jorg Buttergeit)

Schramm ist wunderbar !!! Pour exprimé ma joie, je ne peux que le faire dans la langue de Goethe, comme un petit hommage en somme. Six ans après Nekromantik, Jörg Buttegereit décide de s’adonner aux joies du Serial Killer movie. Il nous offre ici un film de grande qualité. Jörg ayant un ulcère, il décide d’aborder des sujets d’une manière plus calme, mais il reste plus que jamais fidèle a ses thèmes de prédilection.

Ce film nous conte la vie de Lothar Schramm, chauffeur de taxi solitaire, qui souffre de graves problèmes psychiques, sexuels et sentimentaux qui le pousse à commettre des actes les plus répréhensibles moralement.

Schramm est comme Monsieur tout le monde, il fait de la course a pied, il aime bien cultiver son corps, il offre le café ou le cognac à ceux qui entrent dans son humble appartement, en somme il est très gentil, presque aussi gentil que vous et moi, et il aide sa voisine une douce prostituée aux mœurs dissolues en acceptant de surveiller la maison où elle exerce son vil commerce.

Ce film est tourné comme un flash-back , On voit donc Shramm discuter fort aimablement avec deux Témoins de Jéhova, il leur offre à boire, et leur réserve un sort / café de son crut. En effet lorsque l’homme incline la tête en arrière pour boire son verre, Schramm en profite pour trancher la gorge offerte, il assène aussi de violent coup de marteau à la compagne de ce pauvre évangéliste. Force est de constater que c’est une des plus belle scène du film, puisqu’elle est empreint de symbole : il lui offre la douce félicité par le sang de son Christ…

D’autre scènes hautement psychologiques sont au rendez-vous, puisque l’horreur est a son comble lorsque Schramm découvre un vagin avec des dents, lors d’une vision des plus torturée, Freud n’aurait pu imaginer pire spectacle , même sous cocaïne. Mais la plus mémorable selon moi, est celle où il se caresse amoureusement le corps, et s’imagine caresser le corps inerte de la femelle Témoin de Jéhova, puis prit d’une frénésie sans nom, il se plante plusieurs clous dans le prépuce, peut-être dans un ultime acte d’expiation.

La voisine de Schramm est aussi un moteur important dans la psychologie de notre héros, puisqu’il la surveille comme un grand frère, et il est bien sûr secrètement amoureux d’elle. Lorsqu’il entend les ébats de cette fille de joie, dans la pièce adjacente, il succombe aux plaisirs charnels en freyant avec une poupée gonflable, qui a la particularité ou l’avantage c’est selon, de n’avoir ni bras, ni tête, ni jambes. Je pense que sincèrement qu’un tuyau d’aspirateur aurait pu faire l’affaire…

Donc pendant que Schramm est en proie à ses démons intérieurs, sa pute de voisine s’offre le luxe d’être, l’objet de convoitise, de vieux messieurs, partisans d’une vision révolue de l’Allemagne. Il y’en a qui bande en regardant de jeunes écolières en uniformes, ici ces petits vieux s’excitent en payant une pute pour qu’elle se déguise en frêle jouvencelle des jeunesses hitlériennes !!!Mmmmhhh, peut-être un hommage aux contrées Bavaroises.

Et comment ne pas parler de cette scène de fin où Schramm, une fois mort, rencontre l’Ankou, (personnifié par un cheval décharné et fort connue dans la mythologie celte) et s’avançant vers les portes du paradis, reçoit une baffe magistrale digne des jeux de sado-maso, par Jésus ( au passage c’est Jörg Buttgereit himself).

Ainsi ce film se termine sur une image suggestive où la vile pute de babylonne succombera aux sévices des petits vieux nostalgiques de cette période de l’histoire qui n’est plus…

Vous passerez un très bon moment de détente, où il est agréable de retrouver tous les petits détails, malsains et déviants, qui forge inconsciemment l’esprit torturé de Lothar Schramm. Une très bonne analyse psychologique, une œuvre magistrale….

Nilfheim