Plaga Zombie Zona Mutante
2001 (Pablo Parès & Hernan Saèz)

Plaga Zombie Zona MutanteAvec l’accord secret du gouvernement, des extraterrestres ont testé un virus sur une petite ville. Personne ne sait vraiment ce que ce test aurait du donner mais à l’arrivée, les deux tiers de la population se transforme en morts-vivants agressifs. Bill Johnson, John West et Max Giggs vont essayer de survivre tout en essayant de trouver le seul et unique chemin permettant de s’échapper de la ville à présent coupée du monde.  


La première vision de ce film Argentin m’avait mis une bonne claque dans le temps, me faisant presque revivre les émotions vécues à la découverte de BAD TASTE il y a plus de dix ans de cela… Mais l’alcool avait bien aidé, et j’avais préféré réserver mon jugement définitif après seconde vision à jeun…
Hé bien une seconde vision n’a fait que me conforter dans mon jugement : foutre, que voilà l’exemple même du petit film culte complètement con, fait avec une économie de moyen mais une énergie folle, et surtout le fier résultat d’un tournage marathon étalé sur quatre longues années…        

Il faut avant tout savoir que ce film est la suite de PLAGA ZOMBIE, tourné en 1997, et qui obtint un statut culte dans l’underground. Je ne l’ai jamais vu, et je ne connais même personne qui aie réussi à le choper jusqu’à maintenant mais l’espoir fait vivre…        
Le fait que cela soit une suite peut clairement décontenancer dans certains passages, car les persos se connaissent déjà et font parfois référence à des évènements s’étant produits dans le premier opus, ce qui sera même l’occasion d’un running gag…            
Car oui, on est encore dans la gaudriole la plus pure, bien trop excessive diront certains, dont je ne fais pas partie…        
L’humour atteint des tréfonds, que dis-je des abîmes de connerie, à se demander comment TROMA n’a pas pu se jeter dessus… Certaines séquences frôleront même le côté hystérique des cartoons d’antan…
Et ça marche, du moins sur moi, car le tout a une énergie folle, dès les premières minutes et ces zooms pas possible sur les tronches ahuries des persos qui ne peut que rappeler Bad Taste, ainsi que tout le coté tournage commando qui s’en dégage…            

Oubliez vite les règles communes aux films de zombis : les réals n’en ont cure, leurs morts-vivants courent, utilisent des armes, se battent, ont des réactions primitivement humaines et tentent même de communiquer en imitant Louis de Funès dans OSCAR…        
Le scénar a été improvisé pendant le tournage et ça se sent, donc inutile de se prendre la tête sur une ou deux séquences d’apparence incompréhensible, ou à cette sous intrigue de milice anti-zombis torchée n’importe comment, le tout est que ça tranche, que ça gueule, grimace et me fasse marrer…

Le trio d’ahuris en guerre contre les zombis est à se taper le cul par terre mais jamais insupportable, et leurs multiples scènes de bagarres de groupes avec les zombis sont tordantes et surtout ultra dynamiques (C’est essentiellement le montage qui fait le sel du film il faut avouer) avec ce sens des minis passages cultes dont on se souvient longtemps après la projection, condition sine qua non pour établir le statut culte d’un film…    
Et l’affrontement final est à ranger au panthéon de ce genre de scène, à coté de mètre étalons tels que BRAIN DEAD ou encore PREMUTOS…
De plus, on s’aperçoit dans les bonus du dvd que le film faisait bien deux heures à l’origine, et que les réals ont su intelligemment couper les gags plus poussifs qui auraient fait verser le tout dans la surenchère bourrative…        

Non vraiment, laissez-vous embarquer dans ce film à l’humour navrant mais à l’énergie communicative, à cet assemblage foutraque de bagarres de rues gore (pour des effets bricolés à l’arrache c’est assez impressionnant) et de comédie de losers patentés (La mélodie de « The John West Song » violera longtemps vos pauvres tympans) qui pourrait l’emporter aisément dans n’importe quel festoche underground avec un public à trois grammes…   

Vraiment du putain de bon cinoche gore et décérébré totalement DIY (avec quand même l’aide du télé-achat Argentin où ils sont allés passés une annonce pour recruter !!) et quatre années de galère pour un résultat qui te met du sourire plein la gueule…            
En clair l’Argentine a maintenant son BAD TASTE, même si à ma connaissance limitée, l’essai n’a cette fois-ci jamais été transformé…  


Arsongod