Pearls Before Swine
1999 (Richard Wolstencroft)

Daniel est un tueur à gages d'un genre à part... Il philosophe sur enregistreur, s'habille de manière à la fois moderne/provoc et chemise brune/nostalgie, et a un avis néo-fasciste sur à peu près tout... Son prochain contrat sera politique, à savoir apprendre le vrai sens du mot Censure à un écrivain jugé subversif...  

Pour une fois, voici un film plus intéressant sur le fond que sur la forme, cette dernière étant très low-budget (acteurs clairement non professionnels, figurants non inclus dans le casting...) mais j'ai vu bien pire...            
Ici on est clairement dans l'idéologique, c'est pour quoi les sous-titres sont indispensables pour tout non-anglophone, soyez prévenus... Moi-même, ma première vision m'avait fait comprendre le film complètement de travers...        
Assistons donc à la vie intéressante et pourtant globalement banale de ce tueur à gages philosophe et narquois, qui peut aussi bien flinguer du clodo teenager un jour que sodomiser au fil barbelé de la goth bourgeoise le lendemain, pour le compte d'un petit français (à l'accent pas très crédible) patron de discothèque...           
Mais monsieur le liquidateur a une vie dissolue, pensez-donc: il traîne autant avec ses acolytes prolos (vu leurs accents et leur goût douteux au niveau vestimentaire) qu'avec les Bourges échangistes en quête de sensations fortes, il collectionne de la littérature rare et interdite, cause de moralité et de Nietzsche avec son psy, fait dans le sadomaso, le copro et la reconstitution nazie discount pour satisfaire la libido de Madame, s'intéresse à L'esthétique brutale du troisième reich, fait une fixation sur les plaques d'immatriculation d'obédience satanique, tout en ayant une hygiène de vie très peu hypocrite: You are hungry: You eat; You are horny: You fuck; You are angry: You fight...     
Une personne intéressante, qui ne m'apprendra rien que je ne sache déjà, mais qui au moins a compris pas mal de choses que la plèbe veut ignorer, et qui veut les faire partager...
Alors oui, on peut avoir un ou deux gunfights maladroits dans un film, une ou deux scènes de ratonnade, tout en parlant de:      

Fétichisme de la fessée       
SM/Echangisme/libido du couple     
Révisionnisme
Mise en abyme de symboles pas très bien vus de nos jours         
Violence au cinéma   
Débat de geeks de Doctor Who contre Star Trek   
Soumission/domination/Etron
Moralité ou pas          
Police/milice
Les pédés      
Les flingues   
Instincts refoulés       
Interprétation des rêves        
Conspiration
Evolution naturelle et survie  
L'église et jésus        
Le Pouvoir     
La Mort           

Débat de comptoir? Nenni: plutôt une introduction à un savant mélange des idées de Boyd Rice et du réalisateur Richard Wolstencraft (avec des apparitions du gars de Death in June pour couronner le tout) , celui-ci étant aussi l'instigateur d'un festival UG de films à Melbourne (le MUFF) , à la programmation pour le moins intéressante, qui serait vite censurée dans notre pauvre Europe soumise et en état perpétuel de justification historique et existentielle...
Oui le film n'est pas fun, au sens cinématographique et moderne du terme. C'est low-budget, la bande-son fait mal aux oreilles (à part le thème principal excellent) et il faut se concentrer pour comprendre, et moi aussi ça m'a d'abord fait bizarre puis du bien, même si encore une fois les esprits un peu plus libres et forts que la moyenne n'apprendront rien de nouveau, juste qu'ils ne sont pas seuls sur cette chienne de terre...         

Bien que n'adhérant pas à toutes les idées développées par ses géniteurs: je conclurai simplement par ces mots:            

HAIL THE NEW DAWN !!!    

Car ça a quand même de la gueule...

Arsongod