I Piss on Your Grave I Split On Your Corpse
2002 (Eric Stanze)

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce film ne se présente pas comme un remake avoué du rape and revenge culte de 78, mais, en assume néanmoins à 100 % le côté exploitation dans ses recoins les plus cradingues.
Tourné en vidéo en huit jours, le film commence fort avec la découverte par un gamin d'un cadavre fraîchement violé et mutilé. Le cadavre étant une actrice en chair et en os, dénudée et appétissante jusque dans les morceaux qui lui restent. L'attitude du môme est franchement ambiguë, à savoir qu'on ne sait réellement si il est horrifié, fasciné ou excité!!!!
Belle entrée en matière, malheureusement gâchée par un carton en fin de film qui explique que le petit chanceux n'a jamais été vraiment en contact avec l'actrice... dommage mais beau travail de montage néanmoins.
Pour le reste, nous suivons les pérégrinations de Sandy (Emily Haack, actrice qui va jusqu'au bout de ses rôles et qui réussit l'exploit d'être bandante malgré son allure de suicide-girl-gouinasse-camionneuse sur le retour) devant aller retrouver son mec (joué par le réalisateur et de loin le pire acteur du film qui pourtant élève le niveau de non-jeu assez loin, en dehors de l'héroïne et du coquin de nabot cité plus haut), fraîchement évadé de taule. Ce dernier la kidnappe vaguement puis, après une séance de cul absolument gratuite (même si elle donne une petite idée de la relation dominant / dominée du joyeux couple, qui possède des menottes et du cordage sous le pieu conjugal, ainsi qu'un couteau de cuisine et une collection de barreaux de chaise dans le placard...) l'emmène au sous sol où il séquestre trois types qui, selon lui, seraient responsables de son emprisonnement et, qu'il s'apprête à massacrer. Quand il révèle à Sandy que cette dernière va être sa quatrième victime, elle parvient à s'en débarrasser à coups de crochet rouillé dans le bide. S'ensuit le dilemme suivants: que va t-elle faire des trois types attachés? Car il s'avère qu'ils sont tous liés à elle de la même manière...

On aurait un peu de mal à classer cette giclure comme un rape and revenge, tant le « viol », en lui-même, est peu percutant visuellement et, tant il semble que là ne se trouvent pas les motivations qu'a cette coquine de Sandy de se venger des peigne-culs grognant et bavant dans sa cave. Non, et c'est là que divers critiques mâles ont fait feu de tout bois sur le film, taxant la pellicule d'ultime fantasme avarié pour chienne de garde mal baisée. Ces messieurs craignent pour leurs couilles, certes, mais je me permets de voir un peu plus loin que ça et de soulever deux-trois ambiguïtés. D'une part les tortures de Sandy pourraient s'appliquer aux deux sexes sans commune mesure car reposant principalement sur l'humiliation (d'ailleurs vous ne trouvez pas qu'Emily Haack ferait fureur en tenue d'apparat à Abou-Grahib?), d'autre part espace est laissé à l'imagination sur la part de vérité que contient la phrase sibylline de Sandy sur son viol, comme lui ayant apporté l'orgasme absolu... Jusqu'au bout on ne sait vraiment sur quel pied danser (même la fin du film est trop simple pour être honnête) et, on se pose la question: Un rape and revenge de plus? Rêve humide d'Isabelle Alonso ? Exploitation qui s'assume tout en distillant deux-trois ambiguités ? Le principal, (et avouons quand même qu'il faut se fader deux séquences interminables et mal branlées censées représenter l'imaginaire dérangé de Sandy, mais surtout imprégnées d'une symbolique religieuse discount et, filmées comme le ferait un abonné à Crypt'o goth au bout de sa valstar de trop, voulant immortaliser sa branlette dans le bénitier de l'église du village) c'est que ça saigne, que ça foutre, que ça soit dégueulasse et, que ça donne des idées pour une hypothétique vengeance... ou une relation sainement déviante à deux.

Arsongod