EBOLA
SYNDROME
(Herman Yau) - 1996
A Hong-Kong, alors qu’il s’envoie bestialement en l’air
avec la femme de son patron, il est découvert et mis à
mal par le cocu et son sbire, et lâchement dénoncé
comme violeur par la chiennasse qui lui pompait le dard une minute plus
tôt. Le brave Kai, dans l’adversité, prétend avoir
toute honte bue et, après s’être fait uriner dessus par
la traîtresse, en rajoute en arguant qu’il est prêt à
se couper le sexe lui-même au sécateur pour expier sa faute.
Sauf qu’une fois l’objet en main, il castre promptement le sbire, tranche
la langue de la taulière avant de défoncer la gorge de
son patron à coup de chaise, après lui avoir refait le
portrait avec un tesson de bouteille…Une certaine manière de
régler à la fois les conflits adultérins et salariaux…
Et voici comment Herman Yau et son acolyte et acteur principal Anthony Wong déclament leur amour au cinéma de bon goût en une scène cathartique…Et encore, je n’ai pu vous restituer toute la vulgarité crasse qui a accompagné le tout. J’en ai vu et fait des trucs vulgaires dans ma vie, mais là ça bat des records…Vuillemin en rougirait…A tel point qu’on passe le métrage à être tenté de faire des caps d’image pour que quelqu’un vous croie quand vous dites que les dialogues vont très loin dans la bêtise crasse, dans la beaufitude élevée au rang d’art et des lettres, dont Kai est évidemment le grand chevalier aux cheveux sales…C’est simple : même les sous-titres énormes et jaune pisse en rajoutent, et on se sent limite agressé…Vous imaginez vous, être agressés par des sous-titres ? Moi non plus jusqu’à ce jour. Merci les chinois, pardon, les jaunes, pour rester dans l’esprit du métrage… Et voilà donc ce bon Kai qu’on retrouve dix ans
plus tard, alors qu’il a fui à Johannesburg, où il travaille
comme cuistot dans un restau japonais où, misère, les
patrons le font encore chier et où d’après ses propres
mots : «Je suis là depuis des années et je baise
toujours la même salope, les nègres me traitent de blanc
et les blancs me traitent de nègre… » Mais voilà que le sort s’acharne sur notre héros : une cliente du restau s’avère être la petite fille qu’il avait vaguement essayé d’immoler dix ans plus tôt, et qui, si elle a oublié son visage, se souvient parfaitement de l’odeur de sang qu’il traîne sur lui. Comme si ça ne suffisait pas, voilà qu’alors qu’il se rend en pleine cambrousse avec son patron, afin d’acheter de la viande à une tribu Zulu (dépeinte dans une optique très fidèle, où quand Cannibal Holocaust rencontre Tintin au Congo…), il ne peut s’empêcher de violer une brave négresse assoupie dans un coin, juste histoire de témoigner de l’hospitalité à sa manière…Sauf que la négresse n’est nullement assoupie, elle est juste en train de crever du virus Ebola…Et voilà que notre bon vieux Kai, en plus de manquer de se coincer la bite, se fait vomir du sang contaminé en plein visage. Les temps sont durs pour les héros ordinaires… Mais il existe un dieu pour les Kai du monde entier, et si celui s’en tire avec une simple fièvre, révélant ainsi qu’il est LA personne sur dix millions à pouvoir être porteuse du virus sans risque. Le brave homme est donc devenu une nouvelle faucheuse, un véritable holocauste sur pattes pour qui croise la moindre de ses déjections ou fluides corporels (Qu’il a d’autant plus l’habitude de déposer un peu partout gratuitement). Kai porte en lui les germes d’un nouveau génocide où tout le monde sera invité sans distinction aucune pour une fois…sauf que lui, tout ce qu’il veut, c’est bouffer, chier, gagner du pognon pour aller aux putes…et accessoirement, baiser la patronne. Amen. Vous l’aurez compris, les aventures de Kai, devenu serial killer parce qu’on l’a fait chier puis souche de virus meurtrier parce qu’il a pratiqué un petit viol interracial de rien du tout, sont rocambolesques, que dis-je, picaresques…Une ode au bon goût, à la tolérance entre les peuples, à une nouvelle manière de considérer son prochain (et de le cuisiner accessoirement, car ce bon Kai verse à un moment dans le cannibalisme en voulant faire une bonne blague…). Bref, reconsidérons l’homme de la rue, le petit, le sans grade, l’insignifiant, le médiocre…car c’est peut-être lui qui un jour mettra fin à l’humanité en pétant un bon coup…et Merci à ce film d’exister pour nous le rappeler.
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