Eat The School Girl (Osaka Telephone Club)
1997 (Naoyuki Tomomatsu)

Cette petite perlouze dotée d’une image dégueulasse et fort adaptée se présente sous le format habituel du Pinku Eiga : à peine plus d’une heure de métrage, et des scènes de fion à intervalles régulières, avec comme d’habitude des petites jaunes plus ou moins consentantes mais bien contentes quand même à l’arrivée… Enfin ça se discute quand même dans ce film hallucinatoire, qui suit le délire mental de son anorexique de personnage principal, vendeur à la sauvette de portables et accroc au téléphone rose, au point d’avoir sa slutz virtuelle rien qu’à lui et qui l’excite régulièrement au bout du fil…     

A force de frustrations, il finit par franchir les limites, et se traîne dans les rues, travesti en écolière ( !), pour taillader des gens à mort… Son mode opératoire finira par devenir du grand n’importe quoi, au point de devenir une sorte de réceptacle pour toutes les envies de meurtres des gens autour de lui…

Ainsi, il s’identifiera à un simple quidam qui veut se venger d’une gonzesse, ou encore ira carrément appeler des pouffes pour leur proposer de tuer n’importe qui de leur choix ! Et il ira à chaque fois au bout des choses, apportant en plus sa petite spécialité qui consiste à foutrer dans les blessures infligées à ses victimes …

Mais ce n’est pas tout, la coquine au bout du fil finira par se manifester dans la réalité et débarquera d’un coup pour s’installer chez lui, où elle ne fera rien d’autre que se traîner à poil, vomir du sang, et dessiner des trucs enfantins et gore sur les murs… Le délire commence…      

On aura compris, le film est une grosse hallucination vécue par son personnage principal qui devient peu à peu un pauvre zombi tout juste bon à tuer des gens puis à rentrer s’occuper mollement de « l’ange » du téléphone qui a échoué chez lui et qui ne tourne pas rond non plus… Mais est-elle seulement réelle ?       
Le spectateur perdra très vite pied lui aussi, se contentant d’encaisser ce qu’il voit sans comprendre si cela tient du délire morbide ou de la réalité du personnage tourmenté, perdu au sein d’une société bien frappée…     

Entre le pote vétérinaire toujours près à rendre un petit service (soigner une petite blessure, se débarrasser d’un petit corps…) et la bande des petites frappes secouées du bulbe, qui s’amusent à filmer des viols en réunion repoussant les limites de l’outrage (ceux qui ont un problème avec les excréments vont faire la gueule, surtout qu’ici c’est pas mal foutu…), le micro-univers décrit ici est, comme souvent chez les japs, bien morose…         

Et ne parlons pas de la vision du sexe, quand dans chaque scène de fion un des deux partenaires a toujours l’air de se faire chier ou de ne pas être consentant… Ne comptez donc pas trop sur une vive érection ici, à part quand le petit ange nubile dévoile son sourire des plus charmeurs…    

En clair, on a une heure de sang, de foutre, de merde, de pisse, de tripes, de foutre dans des tripes, de bordel sonore et visuel, que j’ai trouvé bizarrement assez poétique, ceci dû à la présence de courtes séquences où le temps suspend son vol et où on ne sait plus trop ce qui se passe, tout en appréciant ce qu’on voit…            
Amusante aussi, cette fin qui fait dans le romantique de supermarché, le tout étant contrebalancé par l’ambiance de pourriture régnant au sein de la pelloche…           

Un bémol quand même : que certaines séquences d’ « action » soient aussi mal branlées, comme celles de tabassage, qui m’ont renvoyé au ridicule du Guinea Pig DEVIL EXPERIMENT…
Tant qu’on y est aussi, impossible de ne pas penser à un autre Guinea Pig, MERMAID IN A MANHOLE, au niveau de la relation entre le psychopathe et l’ange/pute, sauf que la comparaison est un compliment cette fois-ci… Un peu pensé au film MAREBITO aussi, en bien plus crade…       

Un bon petit trip court et crasseux, dont certains points du « scénario » restent volontairement obscurs après vision du film, mais positivement mystérieux en ce qui me concerne, vu qu’on nous fait douter jusqu’au bout de la réalité de ce à quoi on a assisté… Mais il ne manquerait plus que la plongée dans l’esprit d’un dément n’offre que des réponses franches n’est-il pas ?

Arsongod