Bread and Circus
2003 (Martin Lake)

Pour débuter cette chronique, je commencerais par dire que ce film nous vient des contrées du Riket du Nord, à savoir la Norvège, et qu’il a été réalisé par Martin Locke en 2003. C’est un film indépendant qui fleure bon le petit budget, avec tout ce qui implique d’attendrissant et de jovial : car c’est dans ce genre de film que l’on ressent le plus la vision du réalisateur. Néanmoins, sur ce point je reste perplexe, malgré une curiosité fortement exacerbée( j’y reviendrais plus tard dans mon développement.)

Le synopsis de ce film est quelque peu bâclé, mais à quoi s’attendre de la part d’un film, qui n’a que pour prétention que nous distraire avec allégresse. L’Histoire se déroule dans un lointain royaume, un enfant naquit de la Terre Mère. Celui-ci passa des tests avec succès et fut introduit dans le « système ». Grandissant et vieillissant, le « système » n’avait plus de quoi l’utiliser et décida de l’exécuter. Mais juste avant cet acte d’épuration, il comprit ce que sa vie avait réellement été et, grava un message sur une pierre, pour les générations futures. Plus tard un couple découvrit ce message et décida d’en prendre bonne note, en militant, et s’appliquèrent à trouver un moyen de mettre fin à ce « système » oppressif…
Voilà pour la petite histoire qui, vu comme ça, promet d’être pleine de rebondissement malgré une exécution fort sommaire…

Commençons par la première scène, qui nous fait être l’heureux spectateur, d’un accouchement. A dire vrai, on assiste à la naissance d’un homme adulte qui sort d’un vagin. La surprise est que ce vagin se trouve au beau milieu d’une prairie. Tout ceci sous couvert d’une bande sonore digne d’un chant hippie contestataire, rappelant cette époque où le minimalisme acoustique n’était que chanson à texte et guitare seiche : où le thème de la liberté était prôné par ce genre d’énergumène fleuris. Bref, ce couplet au début de cette scène n’est ici que pour augmenter l’effet « dramatique »…

Donc, après ce vêlage, notre « homme tout nu », se fait couper le cordon ombilical, par un moine. L’étrange homme d’église, porte une bure en toile de jute, qui rappelle étrangement les sacs à pomme de terre de mes contrées creusoises, je le soupçonnerais presque d’être un horrible jésuite. Mais autre temps, autres mœurs…

Le chanoine donc, prends grand soin du nouveau-né. Après lui avoir passé les menottes ( normal, nous sommes dans une société oppressive), il lui fait faire grand lavement et direction la douche… Ensuite vêtu d’un apparat propre au commercial moyen (On dirait presque un témoin de Jéhovah, tellement il est propre sur lui avec son attaché-case), cet homme nouveau emprunte un chemin fléché, qui borde une forêt, pour livrer la valise à un autre moine…

Le long du chemin, comble du suspense ! ! ! ! Notre « commercial » se fait tirer dessus par un bouseux sortit tout droit des « tontons-flingeurs », l’heureux pistolero est franc tireur, il réussit à ouvrir la valise avec sa pétoire. Tout désarçonné qu’il est, le nouveau-né/commercial, sort donc du sentier fléché et part rejoindre le « pépère » qui lui à tiré dessus.
La conversation s’engage autour d’une bonne bière, le type se lançant alors dans un long mais intéressant monologue…
Celui-ci lui explique que les citoyens qui se sont éloignés du « système » se sont retrouvés dans la forêt. Et par malheur, ils se sont transformés en zombies et s’entre-dévorent. Notez la symbolique de la forêt maléfique, ce lieu primordial où la « bête » prend le pas sur l’homme.

Concrètement la trame de cette histoire peut sembler sympathique, et il peut être comparé au niveau de sa simplicité à BAD TASTE. Mais voilà ! Martin Loke a du trop voir de film de Lars Von Trier quand il était petit, car son film prend une dimension symbolique assez inattendue, qui fait perdre le fil de l’histoire.
Serait ce du à un mauvais scénario ? Il est d’une simplicité inaccoutumée et respecte les codes du genre…
Une autre réflexion pourrait être amenée sur le jeu des acteurs, mais là encore, il n’y a rien à redire, l’amateurisme notoire dont ils font preuve, n’a d’égal que le plaisir qu’ils ont dus avoir à jouer ce film.
Je ne peux que me fier à ma première idée, celle qui me poursuivait après plusieurs visions de ce film, car je n’ai pus comprendre la substantielle essence de ce film du moins l’idée que Loke s’en représentait.

Ce Film c’est « l’instant Norvégien » dans toute sa splendeur. Les scènes d’actions sont assez originales, on ne s’ennuie que très peu. On imagine très nettement Igor manger sournoisement des Krisprolls en chemise de nuit… Il y’a du gore au programme, un soupçon de sexe, bien que l’insémination faite par les extra terrestres dans la scène de fin soit assez explicite… Mais le majeur problème c’est que l’histoire ou, tout du moins, le message, n’est pas passé… Trop de branlette intellectuelle nuit, on dirait presque un film fait par un intello de gauche… Ce projet semble quelque peu ambitieux, pour les moyens mis en place…

Nilfheim