LE MYTHE DE THULE

III - LE SOLEIL DE FEU

RENAISSANCE DE LA RELIGION HYPERBORÉENNE

Désormais, On voyais naître en Allemagne un prodigieux courant de retour vers Thulé. Apparaissait alors ce mot intraduisible,: l'adjectif völkisch. Rassembler en un seul vocable, chargé d'une fulgurante puissance affective, les trois idées de race, de nation et de peuple, reste un tour de force dont seuls semblent capables les grammairiens et les mythologues teutons.

Pas plus que l'éphémère Société Thulé, le mouvement völkisch ne saurait se confondre avec le parti national-socialiste et l'aventure hitlérienne. Des écrivains et des groupuscules de cette tendance ont existé bien avant 1914 et ont survécu bien après 1945. Le combat völkisch, contrairement à ce que voulait Adolf Hitler, se situe dans une perspective plus culturelle que politique. Il n'est pas lié à un homme ni à une époque. Il se veut éternel.

Richard Wagner reste le grand prophète de ce renouveau de l'esprit européen. Dans son sillage, apparaissent trois hommes très différents, et qui ouvrent à leur tour des portes nouvelles: d'abord son gendre Houston Stewart Chamberlain (1855-1927), qui va faire la liaison entre les deux générations. Ensuite, Théodor Fritsch (1852-1933), un ingénieur constructeur de moulins, fondateur de la Ligue du marteau de Thor: Hammerbund, qui se révélera finalement antisémite bien davantage que pro-nordique, laissant ainsi de lui une image assez négative. Enfin, le plus curieux des trois peut-être, Ludwig Woltmann ( 1871-1907), politicien socialiste affilié au SPD, à l'époque la plus réactionnaire du régime wilhelminien, tout autant qu'archéologue passionné par les anciens Germains et l'anthropologie raciale, dans la ligne inaugurée avant lui par le Français Georges Vacher de Lapouge.

Le courant vôlkisch - dont la Société Thulé reste comme la partie visible d'un colossal iceberg - devait influencer le national-socialisme sans réussir à le coloniser. Les plus intransigeants de ses publicistes seront réduits au silence sous le IIIè Reich, car rien ne devra troubler l'idéologie officielle. Alfred Rosenberg essayera de prêcher une synthèse de l'esprit Völkisch et de la dévotion hitlérienne. Son échec était fatal.

Découverte du cercle viennois des Ariosophes

Dans ce foisonnement des individus et des sectes, il ne pouvait manquer de personnages curieux, d'illuminés, de fanatiques; on avait écrit sur eux beaucoup de sottises. Mais la réalité restait encore fantastique. L’Autriche, située aux marches méridionales du germanisme, voyait naître les personnalités les plus étranges. Le cercle, typiquement viennois, des Ariosophes, devaient unir l'esprit Völkisch et la recherche ésotérique.

Les deux plus célèbres prophètes du renouveau de Thulé, semblaient perpétuellement osciller entre la révélation et la fumisterie. Grands spécialistes des affirmations sans preuves, ces deux Autrichiens restent mal connus en France, malgré tant de légendes colportées sur leur vie et leur oeuvre. Aucun de leurs textes essentiels n'a été traduit et pourtant ils ont écrit énormément. Les critiques se contentent d'exagérer le côté mystérieux des personnages, ce qui les dispense de réfuter leurs arguments.

Guido von List était de beaucoup l'aîné, puisqu'il naquit à Vienne en 1848 et devait mourir septuagénaire, au cours d'un voyage à Berlin en mai 1919, au moment même où la Société Thulé reprenait ses activités en Bavière, après la prise de Munich par les corps francs. Il reste de lui d'assez prodigieuses photographies. Son visage apparaissait comme celui d'un bûcheur impénitent enfermé dans ses grimoires. Mais il reflétait indéniablement la démence, au moins le délire maniaque.

À quatorze ans, cet Autrichien s'est promis de construire un jour un temple à Wotan et il se considère désormais comme le successeur en son siècle des « Armanen ». Le terme est de lui et semble ne reposer sur aucune réalité archéologique. Guido von List désigne ainsi une sorte de caste occulte de prêtres de l'ancienne Germanie. Ce clergé, qui s'apparente à celui des druides celtiques ou des Godi scandinaves, aurait transmis des traditions religieuses millénaires; leur esprit vivrait toujours chez quelques initiés, grâce à une filiation aussi mystérieuse qu'acrobatique.

Dans cette restitution du passé, le souvenir intuitif compte autant que la science exacte. Il existerait chez chacun un sentiment héréditaire, une nostalgie inoubliable, une connaissance intérieure d'une antique «Sagesse», qu'il convient de retrouver. Les vieux dieux de Thulé ne seraient donc pas de simples projections de l'antique spiritualité germanique mais d'authentiques réalités transcendantales. Pour List, les Dieux existent et il les a rencontrés! Ce sont eux qui ont créé la Nature, par une opération étrange, qu'il nomme « la densification de l'esprit». Cette démarche, essentiellement religieuse, se veut en rupture avec tout l'esprit scientifique du XIXè siècle.

Guido von List est un croyant plutôt qu'un savant, un prophète bien davantage qu'un érudit, un réformateur religieux et non pas un agitateur raciste. Ce qui l'intéresse avant tout, c'est ce qu'il nomme la « Germanité intérieure», et que les chrétiens appellent du nom de conscience. Il croit que les Allemands de son temps doivent retrouver la démarche de leurs lieux, pour qui Dieu était « à la fois proche et naturel». Il propose donc un système-clé, qui se veut d'ampleur cosmique. Une progression ésotérique permet au croyant d'approcher par degrés de la révélation du grand tout. Mais l'ancienne religion des Hyperboréens, autrefois naturelle, est devenue intellectuelle. Au contraire de cet intellectualisme, le spiritualisme doit retrouver les forces créatrices de la Nature et du peuple, et, à travers elles, les sources de toute vie.


Guido von List «invente» la religion éternelle des Ario-Germains

La mythologie, à en croire Guido von List, devient donc véritable religion. Elle se veut le savoir suprême sur l'univers, la nature et l'homme. Le vieux prophète autrichien croit à un véritable enseignement divin, transmis depuis la plus haute Antiquité, et où il voit les abîmes et les sommets de la Sagesse. Tel fut, selon lui, l'enseignement de ces fameux Armanen, qu'Agrippa von Nettesheim nommait naguère « les vieux Sages ».

Toute cette philosophie aboutit à quelques truismes sur l'équilibre du corps et de l'esprit, du matériel et du spirituel, du bonheur et du devoir. Sa démarche n'est pas inintéressante: selon lui, le véritable Hyperboréen ne peut croire que ce qu'il a reconnu d'instinct comme vrai. Alors, ce qu’il croit, il le vit. Sa religion, Die Wihinei, est totalitaire, c'est-à-dire qu'elle exige d'y conformer toute son existence. On ne « triche » pas avec le divin. Ceci est vrai pour les hommes comme pour les peuples. Toutes les actions sont donc soumises à une même loi, à une règle, dont la sauvegarde et la transmission restent la principale activité de ces fameux Armanen.

À l'appui de sa théorie, Guido von List écrira une dizaine de volumes: Das Geheimnis der Runen (Ie Secret des runes) ou l'ancienne écriture devient en elle-même philosophie; Die Armanenschaft der Ariogermanen (La «Classe sacerdotale»desArio-Germains), qui prétend expliquer comment était enseignée la loi religieuse de l'Antiquité; Die Rita der Ariogermanen (Les Rites des Ario­-Germains), où le droit primitif s'oppose avec violence au droit romain; Die Namen der Völkerstämme Germaniens und deren Deutung (Les Noms des rameaux des peuples germaniques et leur signification), que dominent des considérations linguistiques où l'élément latin est systématiquement minimisé.

Der Übergang von Wuotanismus zum Christentum (Le Passage du wotanisme au Christianime) qui décrit surtout le rôle d'une mystérieuse fraternité dite des «Kalands » utilisant le calendrier chrétien pour transmettre les noms et les légendes du paganisme, Deutsch Mythologische Landschaftsbilder (Paysages mythologiques allemands qui se veut une sorte de géographie des hauts lieux du culte antique et des nouveaux temples possibles.

Guido von List devait aussi écrire des romans, des pièces de théâtre et des contes. Tous se rapportent aux premiers temps germaniques et exaltent J'antique Hyperborée. L’inventeur des Armanen considère son oeuvre comme un véritable «trésor des Nibelungen », mais il va souffrir des outrances de ses disciples. Les fidèles de Guido von List se voudront toujours plus spiritualistes que politiciens et vont souvent apparaître à la fois comme des intolérants et des persécutés.

Fondation de l'Ordre du Nouveau Temple et de la revue Ostara

Adolf Lanz, plus connu sous le nom de Jôrg Lanz von Liebenfels, se faisait toujours photographier revêtu d'une blanche robe de bure ornée d'une croix potencée. Ce fils de petit instituteur autrichien commence par être moine de l'ordre cistercien. Mais il ne tardera pas à quitter l'abbaye de Sainte-Croix à Wiener Wald en 1899 et à se proclame ­baron et docteur de l'Université. Il abandonne la religion catholique, apostolique et romaine pour se jeter corps et âme dans des fantasmagories mystiques on étincellent parfois d'étranges presciences de vérités historiques.

C'est à Vienne qu'il fonde, en la première année de notre siècle une association qui prétend tenir de la chevalerie et du monachisme et auquel il donne le nom d'Ordre du Nouveau Temple. Il existe encore aujourd’hui des fidèles du vieux prophète des Ario-Germains, qui consti­tuent une Guido-von-List-Gesellschafi, et publient, quatre fois par an, un bulletin ésotérique du nom d'Irminsul, en souvenir de l'Arbre de Vie des anciens Saxons.

Les Germains semblent finalement aussi fascinés par les Templiers que par les Teutoniques. Ils n'ont cessé de rêver de moines-soldats et s'efforcent ainsi de retrouver la lointaine tradition des Männerbunde.

Bien entendu, Adolf Lanz, qui a anobli son nom en Von Liebenfels, se proclame de lui-même grand maître de l'Ordre qu'il vient de fonder. Dès 1905, il va publier la revue Ostara par allusion à la déesse des Pâques païennes. L’introuvable collection de cette revue fera rêver quelques générations d'occultistes et de pamphlétaires.

Pour étayer ses théories et servir de Bible à ses disciples, Lanz publie, dès 1905, un volumineux ouvrage de 3500 pages placé sous le signe de la « science » Il vient d’inventer: la Théozoologie. Le livre qui comprendra une quinzaine de livraisons se prétend une « introduction à la philosophie la plus ancienne et la plus récente » et une «justification de la hiérarchie et de la noblesse ». Lanz affirme ainsi dévoiler le secret des singes de Sodome et de l'Électron des dieux ! Dans cet étrange bestiaire métaphysique, deux races se disputent le monde : les « sombres » qui descendent des singes, et les «Clairs», qui remontent à l'Hyperborée. Ces ancêtres mythiques sont de véritables « chefs-d'oeuvre à l'image des dieux » et ils possèdent même des « organes électriques», sorte de postes émetteurs-récepteurs qui leur permettent toutes les manifestations. Ces hommes supérieurs sont «omniscients » souverainement sages et tout-puissants comme à l'origine, au temps des dieux». Il faut donc réveiller ces dieux qui sommeillent encore chez les descendants des Hyperboreens enfermés ,dans le cercueil charnel ».

Une fois encore, l'occultisme venait obscurcir ce qui était pourtant d'une absolue clarté historique. Il n'était pas besoin du livre d'Enoch et des singes de la Bible pour restituer la véritable légende des siècles - et même des millé­naires - de notre peuple hyperboréen. Adam n'est pas plus allemand que Dieu n'est français! On trouvais néamoins une étrange parenté entre la méthode qu'annonçait, dès les premières années du siècle, la revue Ostara et celle que devait choisir Rudolf von Sebottendorff, à Munich, en 1918 et 1919: Jorg von Liebenfels avait compris que le premier combat reste celui des idées et qu'on ne peut savoir comment se battre que si l'on sait d'abord pourquoi se battre.

Jorg Lanz von Liebenfels publie une Bible secrète des Initiés

Malgré ses outrances polémiques et ses prophéties hasardeuses, la revue Ostara reste une étape capitale dans la redécouverte de l'esprit de Thulé. Rien n’est moins ésotérique finalement que les buts que se propose cet organe :

« Ostara est le premier et l'unique périodique consacré à l'étude de la race héroïque et virile, qui se propose de transposer dans les faits les enseignements de la science raciste en vue de préserver la race noble dans la voie de la culture systématique de la pureté du sang et de la virilité, contre les menaces de destruction par les révolutionnaires socialistes et efféminés. »

On découvre alors un langage qui n'appartenait plus au monde de l'hallucination mais à celui de la propagande et du combat.

Lanz était, comme Rudolf von Sebottendorff, un passionné d'astrologie et il a écrit un volumineux Praktisch-empirisches Handbuch der ariosophischen Astrologie, qui parut à Berlin en 1933 et ne tarda pas à être saisi par le nouveau régime. Adolf Hitler ne savait aucun gré à ce défroqué au persistant délire hallucinatoire d'avoir naguère planté, en 1907, un drapeau à croix gammée sur les ruines du château de Charlemagne, à Erwerbung, sur un piton rocheux qui domine le Danube, dans le Strudengau près de la frontière de Bohême.

À force de comparer les Sémites et les singes de la Bible, l'ancien moine cistercien et ses quelques disciples, animés d'une même hantise maniaque, devaient être victimes à leur tour des haines qu'ils avaient semées: leurs ennemis prétendront que Lanz aurait été d'origine juive, tout comme son élève préféré Herbert Reichstein, éditeur de l'hebdomadaire raciste Arische Rundschau.

En tout cas, les fidèles de ce pseudo Ordre du Nouveau Temple tomberont à jamais dans les oubliettes, d'où ne les tireront que quelques publicistes en mal de sensationnel.

Finalement, ce Jorg Lanz von Liebenfels apparaissait comme bien différent de son vieux maître. Certes, Guido von List était un illuminé. Mais c'était un sincère et un érudit à sa manière, malgré son incapacité à prouver scientifiquement toutes ses intuitions. Le fondateur d'Ostara semblait, au contraire, un charlatan, qui n'avait quitté le christianisme que pour inventer une nouvelle révélation fantasmagorique. Dévoré par une galopante folle des grandeurs, il prétendait avoir inspiré non seulement Hitler mais Lénine !

Les hallucinations de Lanz n'empêchaient pourtant pas sa revue de publier parfois des articles d'un réel intérêt historique, rigoureusement à contre-courant des tabous conformistes de son temps. Parmi ses lecteurs comme parmi les fidèles de l'Ordre du Nouveau Temple on comptait d'indéniables chercheurs de vérité et des hommes de valeur, comme lord Kitchener, si l'on doit en croire les spécialistes des sociétés secrètes de cette époque, le général Blaisus von Schemua, l'astrologue Frédéric Schwickert, le romancier Oskar Schmitz où le Pr Karl Penka, qui avait été un des premiers à prétendre, avec une belle rigueur scientifique, que l'Europe du Nord était bien le berceau des Hyperboréens.

Toutes les folies des prophètes du retour à Thulé n’empêchaient pas de discerner la réalité derrière l'hallucination. Ils ressemblaient à des hommes qui tâtonnent dans un long couloir humide et glacial à la recherche de la lumière. 

Retour à la foi païenne ancestrale

Ceux que l'on devait nommer les Ariosophes ne regroupent finalement qu’une poignée de fidèles. Mais ils sont les plus remuants et les plus fanatiques. Phillipp Stauff, né en 1876 en Franconie et qui se suicidera en 1923, reste le grand spécialiste de la découverte des signes runiques sur les maisons à pans de bois. Rudolf John Gorsleben, né à Metz en 1883 et mort en 1930, fonde la Société Edda et édite le périodique Arische Freiheit où il mélange, comme Rudolf von Sebottendorff, les évocations de la mythologie scandinave et les consignes pour le combat politique. Arthur Dinter, né à Mulhouse et mort en 1948, a séjourné à Constantinople, comme le maître de la Société Thulé, et participe aux débuts du mouvement national-socialiste; mais il se sépare d'Adolf Hitler, pour des raisons religieuses, et fonde la Deutsche Volkskirche; il publie une trilogie romanesque et des pièces de théâtre d'inspiration païenne. Wilhelm Hauer, né en 1881 dans le Wurtemberg et mort en 1962 à Tubingen, ancien ouvrier maçon, a vécu longtemps aux Indes, il se passionne pour le bouddhisme et l'hindouisme avant de fonder, lui aussi, une secte néo-païenne, la Deutsche Glaubensbewegung.

Le peintre Ludwig Fahrenkrog, est né en 1867 et mort en 1952, dont toute l'oeuvre reste inspirée par des thèmes volkisch. Il fonde, dès 1908, une secte qui va connaître un développement certain: la GGG ou Germanische Glaubens Gemeinschaft. Il sert l'idée hyperboréenne par la plume autant que par le pinceau et publie d'innombrables poèmes et pièces de théâtre.

L’auteur le plus représentatif de ce courant païen en Allemagne, dès avant la Première Guerre mondiale reste sans doute le Frison de l'Est, Otto Sigfrid Reuter (1876-1949) ancien directeur des services télégraphiques de la ville de Brême. il a publié, dès 1909, un ouvrage capital qui fait de lui un précurseur ­Sigfrid oder Christus? Reuter pose, sans ambiguïté, le dilemme essentiel.

« L’essence du monde, écrit-il, s'incarne dans le domaine de la nostalgie. Nous devons honorer avec notre instinct ce que nous ne pouvons découvrir avec notre savoir. Les forces de la Nature sont les vivants symboles de la force créatrice impénétrable. Mais ce ne sont pas pour autant des réalités divines ». Reuter croit que la religion ne peut jaillir que de l'enracinement. Chaque homme, selon lui, doit prendre confiance en sa propre force et réaliser ce qu'il porte en lui. Le grand adage de ce néo-paganisme reste donc la parole célèbre de Nietzsche: « Deviens ce que tu es ».

Selon Reuter, la foi religieuse ne saurait être révélée une fois pour toutes, comme cela se passe dans le christianisme. Chaque matin, un nouveau dieu peut apparaître sur les hauteurs bleues des montagnes ou les flots gris de l'océan du Nord. Uessence de la religion est donc ce qu'il nomme le « Sehnsucht » et qui peut se traduire par nostalgie. Selon le fondateur de cette religion païenne, la foi (Glaube) est la fin de Dieu, tandis que l'âme (Gemüt) en est le début. Il n'y a pas, pour lui, prédestination de la morale, mais obéissance à un instinct biologique ancestral. La vie reste, avant tout, un combat entre l'obscurité et la lumière, entre le reniement et la fidélité, entre la vie et la mort. Otto Sigfrid Reuter s'écrie, en s'adressant au héros hyperboréen, quasi divinisé :

- Éveille-nous tous, Siegfried, nous qui sommes de ton origine. Éveille ­nous tous, toi, l'éclatant fils de la lumière.