
DU MYTHE DE THULE AU MYSTERE
DE L’ATLANTIDE
Plutarque dans De facie in Orbe lunae situe aussi l’île, par delà l’Islande, « Chronos, le dieu de l’âge d’or, sommeille sur un rocher brillant comme l’or même, où des oiseaux lui apportent l’ambroisie ». Il précisait que se rocher se trouvait au delà des îles Fortunées, « plus loin vers le Nord » . En s’embarquant pour Thulé, dans le sillage de Pythéas, on découvre l’Islande, qui reste depuis le temps de l’ Edda et des sagas, la terre sacrée des Hommes du Nord. Il ne reste plus qu’a essayer de découvrir l’origine même de la mystérieuse race aux yeux clairs et au cheveux d’or. Les Textes de Platon Dans le Timée Platon fait raconter par Critias le Jeune cette « légende historique ». Critias la tient de son grand père Critias l’Ancien, qui la tient lui-même de Solon, le philosophe itinérant. Quant à Solon il doit cette révélation a des prêtres égyptiens. Cela fait une demi-douzaine d’intermédiaire et on imagine le travestissement que subit la vérité historique. Aussi l’Atlantide entrera t’elle dans l’Histoire comme un mythe et non pas comme un fait, comme un mystère et non comme une réalité. Solon « le plus sage des sept sages », entend parler en Egypte des grandes catastrophes naturelles et de la destruction de cités entière par le feu et par l’eau. Selon ses interlocuteurs, les survivants de ces cataclysmes ne sont souvent que des illettrés et des ignorants ; leur héritiers ne savent plus ce qui c’est passé dans l’ancien temps. Les Egyptiens, qui rapportent ce choses, affirment alors au voyageurs hellène que les Athéniens, ont jadis anéanti une puissance qui voulait conquérir l’Europe l’Asie et l’Afrique. Elle venait d’une île située dans la mer Atlantique. L’erreur de Platon est de faire remonter ce gigantesque combat à huit ou neuf mille ans. Mais la description qu’il donne de l’Atlantide reste d’un singulier pouvoir d’évocation : « Une île se trouvait devant le passage de colonnes d’Hercule.Cette île était plus grande que l’Asie (mineure) et la Libye réunies. Dans cette îles de l’Atlantide des rois avaient formé un empire grand et merveilleux. Ils tenaient la Libye jusqu’à l’Egypte, et l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie. Or cette puissance avait décidé de conquérir tout le bassin méditerranéen, mais Athènes vainquit les envahisseurs. Mais dans le temps qui suivit, il y’eut des tremblement de terre effroyables et des cataclysmes. Même l’île de l’Atlantide fut engloutie. » Un nouveau dialogue de Platon le Critias, va lui aussi évoquer le mythe de l’Atlantide. Lorsque les dieux ce sont partagés la Terre, c’est Poséidon, le dieu de la mer qui reçut l’île de l’Atlantide. La race des Atlantes proviendra de son union avec une fille de l’île Clito. De ce couple naîtront dix garçon, l’aîné, Atlas deviendra le premier roi de l’Atlantide. Dans ce texte Platon décrit avec une grande précision l’île des Atlantes. Il décrit ensuite minutieusement les installations hydrauliques de l’île, alimentées par une source d’eau froide et d’eau chaude. Parmi les ressources dont dispose le roi Atlas, la plus extraordinaire est un mystérieux métal, l’orichalque, « le plus précieux après l’or des métaux qui existaient en ce temps là. » Il décrit aussi le cérémonial du serment et du jugement des rois. Les dix souverains fils de Poséidon, qui se partagent l’île, se réunissent tous les cinq ans dans le temple de leur père. Ils sacrifient des taureaux au sommet d’une colonne d’orichalque. Une fois les taureaux égorgés, ils remplissaient de sang un cratère et aspergeait d’un caillot de ce sang chacun d’entre eux. Sur la colonne outre les lois, il y avait, gravé, le texte d’un serment qui proférait les anathèmes les plus terribles contre qui le violerait. Et une fois la nuit venue, après avoir éteint toutes les lumières autour du sanctuaire, ils jugeaient et subissaient le jugement. La justice rendue, ils gravaient les sentences, sur une table d’or. Le Critias énumère les lois de ces rois atlantes. Elles leur interdisent de prendre les armes les uns contre les autres, et leur commandent de toujours délibérés en commun, et de laisser, en toute circonstances, l’hégémonie à la race d’Atlas. Mais ces dix fils de Posséidon et de Clito l’Atlante vont épouser des femmes qui ne sont pas de leur sang. Platon décrit alors la dégénérescence de cette race royale de souche divine, avec des accents qui semblaient, soudain, annoncer les célèbres prophéties du comte Arthur de Gobineau cet aristocrate normand hanté par la décadence : « Mais quand l’élément divin vint à diminuer en eux, par l’effet du croisement répété avec de nombreux éléments mortels, quand domina le caractère humain, alors, incapables de supporter leur prospérité présent ils tombèrent dans l’indécence. » Alors Zeus, le dieu des dieux, voulut châtier les Atlantes et ils réunit ses pairs dans leurs demeure « située au centre de l’Univers où on voit de haut out ce qui participe du Devenir. » Le manuscrit du Critias se termine par une phrase à jamais inachevée : « Et, ayant rassemblé les dieux, Zeus leur dit… » Personne ne devait connaître la fin de cette tragique histoire des Atlantes. Par le Timée on sait seulement que l’île à été engloutie au cours d’une fantastique catastrophe naturelle. Jean-sylvain Bailly, Un français « inventeur » de l’Atlantide hyperboréenne Les thèses soutenues par Jean-Sylvain Bailly, dans ses Lettres à Voltaire sur l’Atlantide de Platon, on le double mérite de la logique et de la clarté. Né à Paris en 1736, il se passionnera pour les belles lettres et l’astronomie. Il entre alors en correspondance avec Voltaire. Député aux états généraux, il préside la Constituante lors de l’assemblée du Jeu de Paume, et devient le premier maire de Paris. Mais il reste un modéré et sera finalement guillotiné en 1793. Sa carrière d’homme politique, en ces temps troublés de la Révolution, a, sans conteste, fait oublier le plus original de son œuvre : cette recherche fiévreuse de l’Atlantide et de la race primitive de l’Hyperborée. Pour Bailly il ne saurait y avoir de doute. Il rapproche le pays des Atlantes et le jardin des Héspérides, citant Appollodore : « Les pommes d’or enlevées par Hercule ne sont pas, comme quelques-uns le pensent, dans la Lybie, elles sont dans l’Atlantide des Hyperboréens. ». Il affirme avec force dans une de ses lettres à Voltaire : « Ce n’est pas de l’Orient qu’est venue la source des Lumières, c’est l’Occident qui a produit les druides et les précepteurs du monde… Toute les fables nous ramène vers le Nord. Celle de Phaéton y est lié par la production de l’ambre jaune, par le fleuve de l’Eridan qui va perdre ses eaux dans l’océan septentrional. Tous les travaux d’Hercule, vrais ou allégoriques, y ont été exécutés ou inventés. Le jardin des Hespérides est près du Pôle. J’avoue que cette conclusion est surprenante… » Ainsi va naître en plein siècle des Lumières, cette idée nordique, dont un astrologue français se trouve le premier « inventeur ». Jean-Sylvain Bailly croit à l’unité du mythe primitif européen et rattache ainsi l’île Ogyvie d’Ulysse à l’Atlantide. N’est-elle pas habitée par Calypso, la fille du sage Atlas ? L’astronome, ami de Voltaire, rappelle aussi que c’est un authentique Hyperboréen, Abaris, qui apporte à Lacédémone le culte de Proserpine et bâtit son temple. L’origine nordique des Spartiates ne faisait donc aucun doute. Bailly connaît bien sa mythologie classique et il évoque pour Voltaire l’histoire de Borée, roi des vents du Nord, qui enleva Orythie, dont il eut trois fils : Atis, Vili et Wei. Il raconte aussi l’histoire des tables d’airain apportées à Délos depuis les montagnes Hyperboréennes. Délos pour lui, est l’image de Basilée, la « roïale ». On retrouve à la fois la capitale des Atlantes, dont parle Platon, et l’île sacrée, découverte au large des terres germaniques par Pythéas. Et à laquelle Pline donne le nom d’Osericta, ce qui n’est pas tellement loin du nom allemand primitif d’Héligoland : Austeravia. Mais la localisation matérielle de l’Atlantide semble importer assez peu à Jean-Sylvain Bailly, qui situe la terre sacrée du Nord en Islande, au Groenland, au Spitzberg ou en Nouvelle-Zemble, indifféremment. |