III / L'évolution de la religon et du sentiment religieux de la République à l'Empire
1/ De nouvelles divinités
L' évolution du panthéon romain aux débuts de la République
Les années qui suivirent la construction du capitole virent la pénétration à Rome de divinités nouvelles et l'inauguration de nombreux nouveaux sanctuaires.
On trouve Diane en tête de la liste des divinités nouvellement introduites par voisinage. A l'origine honorée à Aricie, cette déesse patronnant les femmes se serait implantée sur l'Aventin à la suite de la victoire du lac Régille (499).
Castor, dieu des equites, venu du Lanuvium, était d'origine grecque. Son installation sur le Forum remontait à 484. Elle fut rattachée quelques décennies plus tard à une légende selon laquelle Castor et son frère Pollux, les fameux Dioscures, permirent la victoire du lac Régille en intervenant à cheval, lors d'un moment critique pour les troupes romaines.
Citons aussi Fortuna qui fut initialement honorée à Antium et à Praeneste.
Hercule fut probablement introduit par les marchands phéniciens installés sur les bords du Tibre. Son culte connut un grand développement au cours du IVe siècle.
Derrière Mercure, patron de tous les commerces, s'abritait l'Hermès grec importé par des trafiquants hellènes. La tradition date son implantation à Rome en 495 av. J.-C., lors de la dédicace de l'aedes Mercuri.
C'est de 433 à 431, avec l'introduction d'Apollon, que datent les premiers contacts directs entre Rome et le monde grec. Apollo Medicus fut implanté au pied du Capitole à la suite d'une violente épidémie qui toucha la Ville en 433. Comme son épithète l'indique, il s'agissait avant tout d'un dieu guérisseur.
D'autres divinités furent "évoquées" des cités ennemies qu'elles protégeaient, selon un rituel romain précis qui consistait à les inciter à abandonner leur patronage en faveur de Rome. Ce fut le cas de Iuno Regina (Junon Reine), patronne de Véies, évoquée en 396 par Camille.
Toujours sous l'influence étrusco-grecque, on vit des divinités italiques se transformer. Cérès, d'abord simple indigitation de la Terre-Mère, devint comme Démetér une déesse des céréales et Liber pater, divinité italique de la fécondité, fut assimilé à Dionysos, dieu de la vigne. C'est ainsi qu'il céda plus tard la place à Bacchus. Liber et Cérès formaient en outre avec Libera une triade de la terre féconde.
Le Mars primitif, lié aussi à la terre et à la fécondité printanière, vit l'emporter son aspect guerrier à la suite de son assimilation à Arès.
L'apport des cultes étrangers
Du fait des conquêtes principalement, la religion romaine a connu une deuxième vague d'hellénisation à partir du IIIe siècle av. J.C. Face à chaque menace grave qui traduisait une rupture de la pax Deorum, les Romains firent appel à des dieux nouveaux : en 293 av. J.C., à la suite d'une peste, un temple fut dédié sur l'île tibérine à Esculape (l’Asklépios grec) qui détrôna définitivement le vieil Apollon guérisseur dans sa fonction. Les malades affluaient régulièrement dans les alentours de son sanctuaire pour obtenir la guérison en y passant la nuit (incubatio).
En 249 av. J.C., pendant la première guerre punique, Hadès et Prospérine furent introduits à leur tour. Ce fut ensuite à Vénus, l'ancêtre des Romains, de connaître ce sort en 217 av J.-C.
L'affolement généré par les désastres de la deuxième guerre punique donna lieu à une véritable mobilisation religieuse en faveur de la cause romaine. Les mesures se succédèrent pour satisfaire les dieux et perfectionner la piété du peuple romain. Après Cannes, un couple de grecs et un couple de Gaulois furent sacrifiés exceptionnellement. Prophéties et oracles se multiplièrent de façon non officielle et le Sénat dut interdire ce phénomène. L'Assemblée finit par faire appel aux Livres sibyllins qui préconisèrent l'adoption de la déesse orientale Cybèle. La Magna Mater (Grande Mère) fut dès lors fêtée en avril à l'occasion des ludi Megalenses.
L'introduction d'un premier culte oriental de nature mystique galvanisa le débat entre milieux traditionalistes et milieux hellénisants. Cette opposition latente explosa au grand jour à l’occasion du scandale des Bacchanales.
La période qui suivit la deuxième guerre punique (première moitié du IIe siècle av. J.C.) marqua une tentative de reprise en main de la religion traditionnelle par les milieux conservateurs face à la désaffection du public pour les coutumes ancestrales. Mais une sensibilité novatrice était devenue si puissante que d'autres cultes orientaux continuèrent à s'installer. Notamment, un Serapeum fut construit à Pouzzoles et un Iseum à Pompéi. Ces cultes alexandrins gagnèrent vite Rome, de même pour les cultes Syriens, souvent grâce aux voies commerciales méditerranéennes. Ils ne manquèrent pas de scandaliser une grande partie des habitants de la Ville.
2/ L'évolution de la pensée théologique
Pour l'heure, la fin principale du culte restait la paix des dieux. Do ut des : « je te donne pour que tu me donnes ». Telles était la cynique profession de foi que l’on pourrait inscrire au frontispice du panthéon romain. Il semblait toutefois qu'une nouvelle sensibilité religieuse se fit jour dès cette époque, alors que le monde romain connaissait une première influence des courants de pensée grecs. Une certaine confiance unissant les hommes aux dieux, notamment à travers l'existence de prières libres dans le cadre privé, des appels aux dieux et de la devotio, se faisait jour. Une nouvelle mentalité religieuse plus spiritualiste et basée sur la piété, la pureté de coeur semblait l'emporter dans certains milieux hellénisant.
Alors que les nouveaux cultes s'introduisaient plutôt dans les basses couches, des courant philosophico-religieux venu de Grèce pénétrèrent dans les milieux cultivés. Scipion l'Africain représentait bien cette portion de la société. Ainsi, pendant que la puissance romaine l'emportait sur l'hellénisme, la civilisation hellénistique triomphait à Rome même.
Trois courants principaux se manifestèrent : l'épicurisme; le néo-pythagorisme et le stoïcisme. L'épicurisme qui prônait une nouvelle conception de la vie et de la mort, un rapport plus scientifique à la Nature, se heurta à plusieurs reprises au pouvoir romain. Plusieurs expulsions eurent lieu au IIe siècle. Le courant pythagoricien, épris de spiritualisme mystique, connut pour sa part un succès lié à l'arrivée des cultes orientaux.
Ce fut surtout le stoïcisme qui devait rencontrer le plus de popularité au IIe siècle, notamment grâce à la protection du cercle des Scipions animé par Cornelia, mère des Gracques, et Scipion Emilien. Il faut surtout penser que le rigorisme philosophique professé par les tenants du Portique s’accordait parfaitement avec l’austérité propre aux mentalités romaines. Ainsi, Panetius de Rhodes exerça une influence déterminante sur de grands auteurs et hommes d'Etat.
Ces nouveaux courants de pensée tendaient à discréditer l'ancienne conception romaine de la nature, de l'homme et des dieux.
Les troubles liés à la fin de la période républicaine menèrent à un phénomène certain d'accaparement de la religion par les diverses factions de la Ville. Les contours de certains dieux, s'ils n'avaient pas déjà été coupés de leurs significations anciennes (Saturne devint un simple thème littéraire de l'âge d'or), se trouvèrent dans certains cas détournés à des fins politique. Ce fut le cas pour Venus, Bacchus et Apollon.
Scipion, à son époque, parlait déjà des relations particulières qu'il entretenait avec certains dieux - Jupiter notamment. Mais ce fut avec Sylla et Pompée que devait apparaître une nouvelle doctrine théologico-politique liée au charisme personnel des imperatores. Désormais, les dieux apportaient la victoire, non plus au Sénat et au peuple romain, mais à un seul homme. Sylla, Pompée et César étaient les protégés de Vénus. Ce dernier alla même jusqu'à rattacher les origines de sa gens au grand Enée (Ascagne, fils d'Enée, était aussi appelé Iule). Avec le dogme de la Victoire garantie à l'Heureux béni des dieux se trouvait établi un des fondements majeurs du Principat. La lutte entre Octave et Antoine se transforma même en confrontation religieuse opposant l'apollinisme au dionysiasme. Chacun mobilisait les dieux au profit de sa cause. Actium symbolisa aux yeux des Romains (cf. L'Enéide de Virgile) le triomphe des divinités traditionnelles sur les dieux de l'Orient.
De leurs côté, les grandes familles de la nobilitas s'accaparaient les sacerdoces et utilisaient les dieux qui, détournés de leur fin naturelle, servaient les coteries, favorisaient les carrières et légitimaient les ambitions. Les pontifes plaçaient les fêtes de façon à empêcher le vote de certaines lois, le Sénat paralysait la vie politique en ordonnant des cérémonies les jours comitiaux et les prodiges étaient exploités de manière douteuse (la comète de 44).
La période de guerres civiles qui minèrent la République fut marquée par un déclin des vieux cultes, négligés, et par la désertion des sanctuaires en ruine. Les Saliens, les Frères Arvales, le Rex sacrorum et même le flaminat de Jupiter, qui n'avaient pas de grande incidence politique, restèrent sans titulature pendant longtemps. Toutefois les nombreuses recherches théologiques et philosophiques du temps (Cicéron et De natura deorum) témoignaient d'un intérêt du public pour les problèmes religieux.
Il n'empêche que de l'affrontement des systèmes philosophiques naquit dans la classe cultivée un désarroi théologique de plus en plus profond. Les préoccupations religieuses connaissaient un recul. Certains se détachaient alors des choses sacrées et des spéculations exégétiques. D'autres, dans un état d'inquiétude s'orientaient plutôt vers le mysticisme.
La pietas vis à vis des dieux acquerrait une dimension morale et spirituelle qui passait par une quête de pureté, de perfection non seulement dans le rite, mais aussi dans la disposition de l'esprit.
Les religions à mystères connaissaient une grande popularité chez les couches populaires alors que le Sénat faisait détruire de nombreux autels dédiés aux dieux de l'Orient.
Cette nouvelle piété mystique prédisposant au messianisme une population désorientée attendant un sauveur ne pouvait que présager la venue de temps nouveaux.
3/ Le renouveau augustéen et ses conséquences
La restauration de la religion traditionnelle
Le Ier siècle fut un moment décisifs, dominé par l'oeuvre de restauration, de rénovation et de création d'Auguste. Ce fut dans le plus grand respect de la tradition romaine que le père du principat mena une vaste politique réformatrice à laquelle la religion n'échappa pas.
Après près d'un siècle de guerres et de massacres, le peuple risquait de croire en l'abandon de la protection des dieux. Or Rome ne pouvait vivre sans ses dieux, et Auguste ne l'ignorait pas. Ce fut d'abord un véritable retour à la religion traditionnel qui fut imposé, en vue de rétablir la pax deorum tant recherchée des Romains. Toutefois, il fait nul doute que cette restauration servait les intérêts politiques du souverain lui-même, pour qui le retour à l’âge d’or était un thème récurrent.
Les sacerdoces et les rites tombés en désuétude furent donc rétablis. Il en fut ainsi de la charge de flamine de Jupiter, de celle de Rex sacrorum, des collèges des Frères Arvales et des Vestales ainsi que de la sodalité dite Titii.
Les temples furent restaurés et embellis. Auguste se vantait d'en avoir reconstruits 82. Quant aux rites qui avaient sombré dans l'oubli (Lupercales, Saturnales, augurium Salutis), une nouvelle existence leur fut accordée
Le clipeus virtutis qui fut placé dans la Curie célébrait en outre le triomphe des valeurs morales stoïciennes, celles d'un nouvel âge inauguré par la célébration des Jeux séculaire en 17.
Un nouveau souffle fut porté aux cultes locaux et aux divinités du panthéon national. Mars, alors surnommé Ultor, "vengeur" (de César), reçut un splendide édifice cultuel au coeur du forum d'Auguste. Une grande importance fut aussi accordée à Vénus (Genitrix), l'ancêtre de la gens Iulia à laquelle l'empereur appartenait, et à Apollon, vainqueur d'Actium.
Auguste poursuivit la politique typiquement romaine de tolérance à l'égard des cultes étrangers mais s'attaqua en revanche aux cultes alexandrins. D’après lui, la religion de Cybèle, déjà fortement nationalisé, suffisait à cristalliser les tendances orientalisantes des Romains. Il fit en outre brûler les Livres sibyllins, reconnus apocryphes, et chassa les magiciens de la Ville.
La mise en place du culte impérial
Novateur, le prince donna aussi naissance au culte impérial. En réalité, ce nouvel élément de la religion romaine découlait indirectement de la sacralisation dont Auguste se para de son vivant. Du reste, l'entreprise n'était pas nouvelle : l'Orient vénérait depuis longtemps des souverains et cette habitude fut conservée par les monarchies hellénistiques. Toutefois, on ne peut pas affirmer avec sûreté que le culte impérial ait eu une origine orientale. Le culte des souverains n'était pas non plus étranger au monde occidental. Rome avait ses propres rois "légendaires" devenus dieux (Janus, Saturne...) ainsi que ses propres héros sacrés, les imperatores de la République, presque admirés de leur vivant à l'égal des dieux avec lesquels ils passaient pour avoir des liens privilégiés. Les Romains accordaient aussi une grande importance au mythe providentiel du chef sauveur-fondateur, découlant de l'imagerie romuléenne. Par ailleurs, Auguste était le fils d'un divinisé, objet d'une extraordinaire concentration religieuse qui faisait incontestablement de lui un être supérieur. Le surnom d'Augustus - épithète que l'on accordait aux choses inaugurées, acceptées par les dieux - qu'il reçut en 27 av. J.-C., à l'occasion de la première grande réforme institutionnelle de la République, le pourvoyait d'une aura sacrée. Auguste était reconnu par les cieux et les quatre vertus cardinales qui lui furent accordés (Virtus, Clementia, Iustitia, Pietas) l'élevaient au dessus du commun des mortels.
Toutefois, malgré tout ce processus d’accumulation qui semblait déjà déborder du cadre institutionnel, l’empereur refusa d’être rangé parmi les dieux de son vivant. Le statut juridique réel du nouveau régime en place paraissait tout aussi ambigu que celui de son fondateur. Un cas demeurait exceptionnel, celui de l’Orient romain. Tout d’abord, en Egypte, Auguste fut adoré à l’égal des pharaons dès le début de son règne. En outre quelques temps plus tard, des temples et des autels lui furent dédiés dans d’autres pays.
La situation en Occident paraissait plus modérée mais comprenait aussi ses propres cas exceptionnels. A Rome, un culte fut rendu au Numen ainsi qu’au Genius de l’empereur, associé à celui des Lares : dans chaque quartier, un sanctuaire de carrefour comprenait les statues des deux Lares Augustes et celles du Génie d'Auguste. En 12 av. J.C., le Genius Augusti fut officiellement intégré à la religion publique. En Italie, un culte public et privé était rendu à Octave-Auguste depuis déjà quelques temps. En 26-25, Auguste accepta qu'un autel lui soit élevé à Tarragone (Ibérie Tarraconaise) ; ailleurs, il encouragea le culte d'Auguste et de Rome (Lyon en 12 av. J.C.). Le seul aboutissement logique d'un tel processus de sacralisation ne pouvait qu'être l'apothéose.
Après, sa mort, Auguste fut divinisé et un culte d'Etat fut progressivement mis en place. Un temple (inauguré en 37) et un clergé (Flamen Augustalis et Sodales Augustales) furent voués au Divin Auguste, ainsi qu'un culte domestique présidé par Livie, avec des sanctuaires tels la maison de Nola ou l'empereur succomba. Dion Cassius décrit la formidable cérémonie qui suivit le décès du fondateur de l'Empire :
L’évolution de la religion impériale sous le Haut Empire
Le culte impérial fut maintenu tel quel sous les Julio-Claudiens. Toutefois, les règnes de Caligula et de Néron représentèrent les premières tentatives de déification de l'empereur de son vivant, souvent en accord avec le modèle de souveraineté oriental. C'est aussi durant cette période que le culte se répandit dans les provinces. En ces lieux éloignés de Rome, il était célébré par les seuiri Augustales, généralement de riches affranchis qui constituaient un ordre dont le rang était immédiatement inférieur à celui des décurion.
Les Flaviens imposèrent un retour au modèle augustéen après les extravagances du philhellène Néron. Vespasien, « l’empereur du bon sens », institua un flaminat provincial chargé de la présidence du concilium annuel lors duquel des jeux et des sacrifices étaient célébrés en l’honneur des diui. On distinguait toutefois dans son comportement une forte sympathie pour certains cultes orientaux, notamment ceux de Sérapis et d’Isis. Par ailleurs, le vainqueur de Vitellius, s’illustra étrangement comme un souverain thaumaturge lors de son séjour à Alexandrie, selon les deux anecdotes rapportées par Suétone et Dion Cassius. Manœuvre de propagande politique ou simple légende populaire ? Ce qui est sûr, c’est que pour la première fois durant l’histoire du principat, un empereur prétendait faire usage de pouvoirs surnaturels.
Domitien, bien qu’il fut très fidèle au panthéon traditionnel (le « Néron chauve » de Juvénal était un fervent adorateur de Minerve), apporta un souffle nouveau à la sacralisation impériale. Qualifié de dominus et deus (« maître et dieu ») de son vivant, il aimait à se faire passer pour le représentant de Jupiter sur Terre, lors des grandes cérémonies.
Sous les Antonins, la sacralisation de l'empereur évolua sans pour autant que cela soit une initiative des empereurs qui refusèrent eux-mêmes d'être honorer à l'égal des dieux de leur vivant. Commode fut quant à lui l'objet d'un retour aux extravagances néroniennes et appréciait d’apparaître sous les traits d’Hercule. En réalité, un enjeu politique bien précis, tournant autour de la nature ambiguë du principat augustéen, détermina la politique religieuse de ces empereurs des Ier et IIe siècles. Caligula, Néron, Domitien, Commode, loin d’être aussi fou que la tradition sénatoriale voulait bien le faire entendre, cherchaient avant tout à supprimer la fiction selon laquelle l’empereur demeurait primus inter pares dans le cadre d’une République restaurée depuis les guerre civiles. La sacralisation de la dignité impériale était une étape déterminante dans le cadre de l’affirmation du pouvoir monarchique. Contrairement au fils adoptif de Jules César qui instaura un pouvoir royal de fait, mais non revendiqué, le « mauvais empereur » ne se considérait pas comme le simple prince du Sénat, mais comme un roi à part entière ; et il tenait à l’affirmer ! L’étape décisive ne fut franchie qu’au IIIe siècle.
Skoll
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