I / Aux fondements de la religion romaine 

Il était un réflexe cultuel typiquement romain qui perdura jusqu’aux temps reculés de l’Empire : celui d’attribuer des puissances mystiques aux objets et aux abstractions. Face aux manifestations des forces naturelles, les habitants de l’Urbs développèrent assez tôt un sens du divin profond, mais abstrait, qui les amena longtemps à user d'expression vagues pour définir leur conception d'une divinité indistinct, multiforme et toujours agissante. Ils reconnurent ainsi dans les puissances supérieures des numina, des essences divines en quelques sortes, dont la conscience perdura à travers les siècles.

Parmi ces forces supérieures, la Terre-Mère (Tellus) fut tenue pour génératrice de toute vie. On lui demandait tout ce qui dans la nature permettait la subsistance de l'être humain (plantes, céréales, sources, animaux...). A la naissance l'enfant était posé sur le sol ; après la mort, le corps, qu'il soit inhumé ou incinéré, retournait à la terre.
 

 


1/ La religion romaine archaïque 

Sources et historiographie 

La plus ancienne religion romaine ne comporte pas de mythes. Les tableaux de la vie primitive souvent tardif (Tite-Live, Caton, Cicéron...) sont des évocations édifiantes du passé.

C'est dans les sources épigraphiques que l'on trouve les plus anciens documents écrits : les Chant des Arvales, gravé dans les Acta des frères Arvales de 218 av. J.-C. ; le calendrier liturgique qui remonte à l'époque primitive nous informe aussi sur la vie religieuse et atteste déjà la présence d'une influence hellénistique, sûrement acquise par l'intermédiaire des étrusques ; l'inscription de Duenos (600 av. J.C.) ou le Lapis Niger. Les fouilles archéologiques récentes autour du Forum en disent plus sur la vie des premiers Romain que sur leur religion. Toutefois, l'ouverture commerciale, que l'on certifie à partir du VIe siècle av. J.C., laisse imaginer le développement d'une culture latino-sabino-étrusque en Italie centrale.

Au début du siècle, face au manque cruel de sources sur le sujet, certains historiens ont fait appel à la sociologie comparée, en prenant comme point d'attache des types de sociétés primitives actuels. La plupart des travaux modernes ont échoué à retranscrire une mentalité religieuse propre aux vieux Romains, tout en transposant avec succès sur elles les conceptions des contemporains de la fin de la République et du début de l'Empire. L'école primitiviste (ou prédéiste) estimait que le fond archaïque de la religion romaine était étranger à toute notion de divinité, que seuls les gestes rituels comptaient avant le temps des dieux, en accord avec une conception magique et élémentaliste des anciens cultes romains. On peut aujourd’hui remettre ces spéculations en cause. Quoi qu'il en soit, l'influence étrusque parait irréfutable, ne serait-ce qu'en ce qui concerne la divination.  

C'est avant tout l'oeuvre de Georges Dumézil qui a été d'une importance capitale, aussi bien d'un point de vue historiographique que méthodologique (La religion romaine archaïque). Ce dernier est parvenu à mettre en relation les analogies linguistiques, mythiques et rituelles entre le monde romain et des cultures indo-européennes distantes dans le temps et l'espace. 

La religion des premiers Romains 

L'état anthropomorphique du panthéon romain fut le résultat d'une longue évolution. Les hommes ont dû honorer d'abord des animaux, des minéraux, des végétaux dans lesquels ils voyaient l'incarnation des forces supérieures ; fait qui laissa des traces dans les cultes postérieurs (notamment les Lupercales) et dans la nomenclature des dieux. Jupiter Lapis se rapportait très certainement au silex ou la pierre de foudre par exemple. De même, le figuier Ruminal qui abrita la louve et les jumeaux Romulus et Remus donna son nom à la déesse de l'allaitement Rumina.

L'évolution de la religion suivit les fluctuations des migrations dans le centre de l'Italie et le mélange de composantes italiques (les Latins indo-européens et les autres peuples du Latium méditerranéens), étrusques et grecques.

 

-Les composante italiques: La religion de l'époque pré-urbaine était caractérisées par une coexistence des culte sabins et latins, l'un proprement indigène et méditerranéen, dominé par des divinités telluriques de fécondité, l'autre indo-européen, dominé par la triade Jupiter-Mars-Quirinus, correspondant à la tripartition fonctionnelle indo-européenne (respectivement la souveraineté sacerdotale, la guerre et la prospérité). On retrouve la même division dans la structure sociale de l'époque: la tribu des Ramnes assurait la direction politique et le culte, celle des Luceres la protection militaire et les Titienses la richesse en brebis. On note donc une plus grande insistance sur les divinités mâles chez les habitants du Latium que chez les autres peuples méditerranéen.

Quirinus paraissait avoir été honoré sur la colline du Quirinal tandis que Summanus, dieu des éclairs nocturnes, et Terminus, dieu des limites, précédèrent Jupiter sur le Capitole. Sur la pente de la même colline s'installèrent Veiovis (Vulcain) et Saturnus (Saturne), tout deux chassés de Crête et accueillis dans le Latium, selon la légende, par Janus, dieu des commencements. 

-Le monde étrusque apporta au culte public des célébrations en lien avec les préoccupations d'un peuple de paysans soldats : la fécondité et la victoire. Citons des rituels de fertilité et de fécondité comme les Palilia, en l'honneur de Pales, et les Lupercalia, en l'honneur de Faunus, deux divinités pastorales du Palatin ; les Fordicidia, où chacune des trente curies offrait une vache pleine à la Terre ; l'October Equus (cheval d'octobre), sacrifié sur l'autel de Mars ; les processions et sacrifices des frères Arvales, dont la confrérie dite "des champs labourés" invoquait Dea Dia, une ingitation de la terre mère ; ou encore les Saturnalia, dont le déclenchement le 17 décembre marquait le début de l'année liturgique des Arvales.

Puissance agraire, le dieu des Saturnales était défendu par un génie particulier, force qui l'accompagnait dans sa dénomination mais qui lui restait inférieure. Ainsi trouve t'on des invocation adressées à des appellations divines doubles telles que Lua Saturni. On retrouve dans se groupe divin les deux principale fonction militaires et agraires: Lua protégeait Saturni qui, lui, assurait l'abondance.

Des rites guerriers marquaient le début et la fin de la saison militaire. En mars, les danses des Saliens, les courses de chevaux des Equirria, la lustration des armes du Quinquatrus et des trompettes de guerre ; en octobre de nouvelles lustrations.

Par ailleurs, les Etrusques importèrent à Rome la pratique de la divination. Celle-ci sera étudiée plus loin. 

-Les influences grecques : L'hellénisation indirecte qui s'était diffusée soit par les colonies grecques du sud de l'Italie, soit par le canal étrusque, entraîna des transformations importantes dans le panthéon romain. A la trinité primitive Jupiter-Mars-Quirinus se substitua la triade capitoline Jupiter-Junon-Minerve, portée sur le Capitole où fut construit le premier grand temple de Rome en leur honneur, en 509, selon la tradition. Jupiter Optimus Maximus s'affirmait désormais comme le souverain des dieux, à l'image de Zeus et de sont autorité sur le panthéon olympien. Junon Regina (maîtresse) fut assimilée à Héra d'Argos et devint la protectrice éminente des femmes. Minerve, déesse des arts et des artisans, fut quant à elle identifiée à Athéna. 

2/ L'espace 

Le monde sauvage, possession des dieux 

Dès les origines, les Romains ont distingué deux types d'espace : celui où les hommes étaient maîtres chez eux, et la Wildnis, où il se sentait étrangers. Les Dieux Lares veillaient sur la première zone, partout où une communauté humaine était présente. Rome avait ses propres gardiens, les Lares praestites. En revanche, les espaces inquiétants - forêts, marais, terres en friches -  constituaient la province de Sylvanus et de Faunus, le dieu du monde sauvage, étrangers aux bienfaits de la civilisation.

Ces lieux naturels que l'on considérait comme investis par les dieux inspiraient la crainte. C'était d'ailleurs cet effroi lui-même qui signalait qu'un bois sacré, qu'une grotte sombre, qu'un étang ou qu'une source relevait du domaine divin.

On évitait de s'y rendre en dehors de tout but cultuel. Dans les bois sacrés, le culte se célébrait au sein d’une clairière aménagée et régulièrement entretenue : le lucus. Certains d'entre eux comprenaient des temples et l'histoire romaine leur attribuait les grandes réunions de la ligue latine. La Ville elle-même comportait ses propres bois sacrés (les luci Vestae, Silvani, Libitinae...).

Au centre de cet univers sauvage était la ville de Rome, établie autour du mundus, fosse circulaire destinée aux offrandes, selon un rituel de fondation d'origine étrusque et plus largement indo-européen. Ce puit, image du ciel renversé, fut, d'après les légendes, creusé par Romulus à l'emplacement du Comitium.

On évitait de s'y rendre en dehors de tout but cultuel. Dans les bois sacrés, le culte se célébrait au sein d’une clairière aménagée et régulièrement entretenue : le lucus. Certains d'entre eux comprenaient des temples et l'histoire romaine leur attribuait les grandes réunions de la ligue latine. La Ville elle-même comportait ses propres bois sacrés (les luci Vestae, Silvani, Libitinae...).

Au centre de cet univers sauvage était la ville de Rome, établie autour du mundus, fosse circulaire destinée aux offrandes, selon un rituel de fondation d'origine étrusque et plus largement indo-européen. Ce puit, image du ciel renversé, fut, d'après les légendes, creusé par Romulus à l'emplacement du Comitium. Une pierre appelée lapis manalis fut encastrée au fond en représentation d’une porte menant à l’au-delà. Le mundus était entouré d'un enclos que l'on ouvrait que trois fois par ans. Sa situation géographique, au coeur de la Ville, semblait déjà figurer une représentation profondément romano-centrique de l'espace. C'était d'après cette première conception cosmogonique que les Romains allaient fonder leur notion de maiestas populi romani.  

L'espace communautaire, propriété des humains 

Un territoire investi par la cité devait être libéré de la possession divine et défini oralement par les augures (des prêtres de l’Etat). Ces espaces pouvaient ensuite être inaugurés, c'est à dire approuvés par les dieux, par le biais des auspices. Les parcelles destinées à certaines fonctions publiques (curies, basiliques...) ou religieuses devaient connaître ce traitement qui faisait d'elles des templa (on remarquera que le terme templum ne désigne pas seulement les lieux de cultes). Les templa se distinguaient notamment des espaces profanes par leur dimension quadrangulaire. Inversement, il existait une procédure d'"exauguration". On appellait généralement aedes un lieu de culte qui n'avait pas été inauguré (aedes Vestae etc.). 

Rome, l'Urbs, était une ciuitas, séparée de son ager (son "terroir") par une limite appelée pomerium, qui fut instituée lors du rite de sa fondation et tracée à l'aide d'une charrue, selon l'usage étrusque. Les Anciens attribuait cette initiative au fondateur légendaire de la Ville, Romulus. Le pomerium marquait la limite pour la prise des auspices urbains. Pour préserver l'intégrité de cet espace, il était interdit d'y enterrer des morts et d'y pénétrer en arme, à l'exception notable des triomphes. Lors des comices centuriates, les citoyens en armes se réunissaient sur le Champ de Mars, en dehors de la limite pomériale. Les divinités liée à la mort et à la destruction comme Mars en étaient bannies, tout comme il semble que ce fut le cas pour les divinités non romaines. Mais cette règle fut vite oubliée sous l'Empire, à l’heure où Mars Ultor et les cohortes prétoriennes s'installèrent dans l'Urbs.

Seul les généraux ayant étendu les limites de l'Empire romain (Sylla par exemple) pouvaient étendre le pomerium. Ainsi, la limite sacrée finit vite par déborder sur le Champ de Mars. 

Le lieu de culte : une passerelle entre deux univers 

Etait qualifié de sacer "tout ce qui est considéré comme la propriété des dieux" (Macrobe, Saturnales), "ce qui a été dédié et consacré aux dieux" (Festus, De la signification des mots). Le sacré n'était pas l'essence divine d'un dieu ou d'un objet quelconque. Il s'agissait simplement d'une qualité juridique. Et comme toute propriété privée, elle est inviolable. Toute atteinte à son encontre constituait un sacrilège. Comme il l'a été dit ci-dessus, il arrivait que les dieux s'approprient eux-mêmes un espace. Or, ce qui appartenait aux humain pouvait être transféré au domaine divin par un opération spécifique : la consecratio.

Les temples du culte public étaient systématiquement consacrés ; c'était ce rituel qui leur conférait leur qualité de "chambre des dieux". Les autorités toléraient parfois les sanctuaires privés édifiés par des particuliers, mais ils demeuraient profani. Un dieu public devait être honoré dans un lieu public.

La consécration était un rituel complexe, effectué par un magistrat cum imperio (possédant l’imperium), assisté de suovétauriles. Il consistait en une sorte de purification de l'espace concerné, dont les limites étaient marquées. La première pierre de l'édifice à construire était alors posée symboliquement. Une fois la construction achevée, elle était dédiée au moyen d'une formule rituelle de dédicace qui la faisait passer du domaine publique à la propriété divine.

 

L'élément capital du lieu de culte était l'autel qui permettait à lui seul de rendre les honneurs divins. Il n'était pas nécessaire que celui-ci soit entouré d'une enceinte ou accompagné de représentations. Lorsque le site comprenait un temple, l'autel se trouvait toujours à l'extérieur de celui-ci, généralement juste en face. Le temple lui-même était construit sur un podium (caractéristique des espaces inaugurés) et se composait de deux espaces majeurs : le pronaos (entre l'escalier et la cella) et la cella, la "chambre" de la divinité, où se trouvait sa statue cultuelle, les offrandes et les autres objets sacrés destinés à la liturgie.

 

 

L'espace qui s'étendait en face du temple n'était que périodiquement sacré. Il servait parfois aux banquets rituels et recevait les offrandes des particuliers. Les sanctuaires les plus aboutis comportaient des hospitalia (lieux où passer la nuit) et des triclinia (salles de banquet). Un lieu de culte pouvait aussi être flanqué de portiques qui permettaient, entre autres, de s'abriter lors des intempéries. Des points d'eau se trouvait la plupart du temps à proximité pour faciliter les rites de purification (lustratio).

Les temples n'étaient donc pas les seuls lieux où se pratiquait la religion.

Outre les luci décrits plus haut, certains théâtres ou cirques faisaient parfois offices de lieux de culte et les grands sacrifices de l'année liturgique se concluaient généralement par des jeux. 

 

3/ Le temps 

Les systèmes d'organisation du temps 

Très vite, les Romains sont aussi parvenu à une conception temporaliste de leur religion pour contenir un rituel organisé dans le temps, répondant aux préocupation saisonières des hommes. Un calendrier primitif, distinguant le temps sacré (les jours fastes réservés aux dieux, aux fêtes) du temps profane (les jours néfastes consacrés au travail et à la guerre) fut rapidement adopté. La légende l'attribuait au roi Numa Pompilius. 

Il n'y eut jamais en Italie romaine de calendrier religieux universel. Chaque cité était libre de conserver ses pratiques et d’établir le sien, indépendamment de la capitale. C'était là la tâche des magistrats municipaux supérieurs (les duumuirs le plus souvent). A Rome, le calendrier était géré par le collège des pontifes, mais l'introduction de nouvelles fêtes était sanctionnée par des lois, initiative des magistrats.

Le calendrier religieux officiel ne mentionnait que les grands jours de fêtes régulières héritées de la tradition ou accordées aux divinités publiques. Les innombrables fêtes mobiles célébrées par différents sous groupes n'y figuraient pas. Il n'existait donc aucun "vrai" calendrier religieux qui aurait mentionné les grandes fêtes publiques et les innombrables célébrations à caractère privé ou local.

Bien d'autres événements cycliques n'étaient pas mentionnés par les calendriers publics. Les familles, les collèges et l'armée avaient leur propre calendrier religieux comme les municipes. La plupart du temps, le commun des citoyens vivait passivement les grandes fêtes et assistaient en spectateurs aux rites. Ainsi, les calendriers peints ou épigraphiques n'étaient pas des calendriers religieux à proprement parler, mais plutôt une transcription civique du temps visant à faciliter l'organisation de la vie publique. 

En outre, Les Romains reconnaissaient l'existence d'un calendrier naturel et universel de 365 jours, basé sur les levés et couchers des signes du zodiaque. On qualifie souvent ce calendrier "d'agraire" car il régissait les lois et les pratiques terrestres pour tous, notamment la nature des travaux agricoles.

Le calendrier civil était établis par les magistrats et comprenait 355 jours. A cause des problèmes d'intercalation qu'il posait, Jules César institua un nouveau calendrier (le fameux calendrier "julien"), en 45 av. J.-C.. Celui-ci fut corrigé une dernière fois en 8 av. J.-C. et fonctionna alors pratiquement comme notre calendrier moderne. Contrairement au calendrier religieux, les municipes et colonies romaines l'adoptèrent tous. 

Les structures du calendrier romain 

L'année romaine était divisée en jours fastes (235), consacrés aux hommes et à leurs activités, et en jours néfastes (109), institués pour les dieux et les cérémonies religieuses. Parmi ces jours, environ 61 avaient le caractère de "fête publique". On considérait que c'était pendant les jours néfastes que les dieux vaquaient à leur fonction. Une catégorie intermédiaire existait, celle des jours "mi-partis" (intercessi), lors desquels des heures étaient consacrées aux dieux, d'autres destinées aux activités humaines. A noter que l'ajout de nouvelles fêtes ou la modification de certaines autres pouvait faire varier l'équilibre de ce découpage.

Toutes les calendes (1er jour du mois) et les ides (13e ou 15e jour du mois) étaient des jours néfastes. Lors des calendes était effectué un sacrifice à Junon au cours duquel Janus était invoqué, toujours en premier - ce dernier étant le dieu des commencements. Le jour des nones (5e ou 7e jour du mois), le rex sacrorum annonçait, par la publication d'un édit, l'ensemble des fêtes officielles jusqu'au calendes suivantes. Les fêtes mobiles étaient quant à elles annoncées par un magistrat et les divers services religieux, par les sous-groupes de la cité chaque début d'année (collèges religieux, familles...).

Les jours de la semaine étaient indiqués par des lettres allant de "A" à "H" et les douze mois de l'année s'appelaient respectivement Mars, Aprilis, Maius, Junius, Quintilis (puis Julius), Sextilis (puis Augustus), September, October, November, Dicember, Janarius, Februarius. Janvier ne devint le premier mois de l'année qu'à partir de 153 av. J.-C..

Sur le calendirer épigraphique, un groupe de fêtes figurait en grands caractères : il s'agissait des célébrations les plus anciennes qui remontaient au calendrier civil accordé au roi Numa, selon les mythes (il daterait en réalité du VIe siècle). 

Plusieurs cycles de fêtes se succédaient dans le calendrier civil. Les fêtes agraires correspondaient à des travaux saisonniers patronnés par des divinités agricoles. Le panthéon romain présidait d'ailleurs la plupart des changements temporels. Les calendes étaient propriétés de Janus, divinités des débuts ; les ides, celle de Jupiter. Angerona patronnait les solstices d'hiver et Mater Matuta les solstices d'été. Quant à Vortumnus, il était le dieu de tous les changements saisonniers. 

Les fêtes fixes du calendrier public romain 

Carmentalia

11-15 Janvier

En l’honneur de Carmenta

Lupercalia

15 février

Voir article « Luperques »

Parentalia

13-22 février

Jour des morts

Terminalia

23 février

Révision et purification des bornes cadastrales

Regifugium

24 février

Célébration de la fuite du roi

Matronalia

1er mars

En l’honneur des mères

Mamroralia

14 mars

En l’honneur de Mamorius

Equiria

15 mars

Fête équestre en l’honneur de Mars

Liberalia

17 mars

Fête du printemps en l’honneur de Liber

Quinquatrus

19-23 mars

Purification de l’armée avant la campagne

Tubilustrium

23 mars

Purification des trompettes militaires

Ludi Megalenses

4-10 avril

En l’honneur de Cybèle

Ludi Ceriales

12-19  avril

En l’honneur de Cérès

Fordicidia

15 avril

Sacrifice d’une vache par les 30 curies

Parilia

21 avril

En l’honneur de Palès

Vinalia Priora

23 avril

Fête du vin nouveau

Robigalia

25 avril

Fête solaire où l’on sacrifie des chiens roux

Ludi Florales

28 avril – 3 mai

En l’honneur de Flora

Lemuria

9-14 mai

Pacification des morts sans sépulture

Vestalia

9 juin

En l’honneur des Vestales

Matralia

11 juin

En l’honneur de Mater Matuta

Fortunalia

24 juin

En l’honneur de Fortuna

Ludi Apollinares

6-13 juillet

En l’honneur d’Apollon

Lucaria

11, 21 juillet

Fêtes des bois sacrés, les luci

Neptunalia

23 juillet

En l’honneur de Neptune

Furrinalia

25 juillet

En l’honneur de Furrina

Vinalia rustica

9-10 août

Inauguration des vendanges

Portunalia

17 août

En l’honneur de Portunus

Opalia

19 août

En l’honneur d’Ops

Ludi Consuales

21 août

En l’honneur de Consus

Volcanalia

23 août

En l’honneur de Vulcain

Opiconsivia

25 août

En l’honneur d’Ops

Meditrinalia

11 octobre

Fête des vendanges

October Equus

15 octobre

Fin des campagnes militaires, sacrifice d’un cheval

Armilustrium

19 octobre

Purification des armes

Ludii Plebeii

7-17 novembre

En l’honneur de la plèbe

Septimontium

11 novembre

Fête des Montani

Ludi Consuales II

15 décembre

En l’honneur de Consus

Saturnalia

27 décembre

En l’honneur de Saturne et du solstice d’hiver

 

Skoll

 

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