Les dieux

ODHINN
 
THOR
 
BALDER
 
TYR
 
HERMOD
 
BRAGI
 
VIDAR
 
HEIMDALL
 
NJORD
 
FREY
 
FREYA
 
AEGIR
 
LOKI
 
HEL
 
FENRIR
 
JORMUNGAND
 
LES DISES
 
LES NORNES
 
LES VALKIRIES
 



ODHINN

 

Il donne la victoire à certains

Et à d’autres de l’or,

L’éloquence à beaucoup,

L’intelligence aux hommes.

Vents favorables il donne aux héros,

L’inspiration aux scaldes,

Il donne l’énergie virile

A beaucoup de guerriers.

« Hyndluljóð »

 

 

 Odhinn le premier de tous les dieux est avant tout le maître de la sagesse. On le nomme parfois Alfadir, le « Père-de-Tout », et chacun doit lui obéir. Mais il apporte le pouvoir au souverain, la victoire au guerrier, la richesse au marchand. Le trône le glaive et le soc ne seraient rien sans lui. Il est le dieu  qui apporte la mort ( il a tué  Ymir) et le dieu qui insuffle la vie ( il  a crée le premier couple Ask et Embla). Odhinn reste avant tout celui qui insuffle l’esprit. Tous le prient pour qu’il entre « dans leur âmes ».Il connaît le secret des sciences et le mystère des runes. Il est un voyant un magicien et un arbitre.

Mais il reste avant tout le dieu des héros et le maître des combats. On le nomme aussi Valfadir, le Père-des-Tués. Nul ne se dissimule plus que lui, sous de multiples noms. On en compte près de deux cents dans les neuf mondes où surgit soudain le grand voyageur. Mais malgré cela son aspect change peu.

Odhinn est toujours un vieillard de haute stature. Il porte une longue barbe et son œil unique brille dans l’ombre d’un chapeau à large bord.  Ce chapeau représente la voûte arrondie du ciel. Il s’enveloppe aussi dans un long manteau rayé de différentes couleurs- qui évoque l’atmosphère  qu’un arc-en-ciel impose soudain après l’averse.

Le grand voyageur s’enorgueillit d’être aussi appelle  Rafnagud, le Dieu-aux-corbeaux. Car sur chacune de ces épaules il porte Hugin, la Réflexion, et Munin, la Mémoire. Sans cesse, dans le creux de ses oreilles ils lui soufflent ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent. A chaque aurore, Odhinn les libères et les envoie voler dans le monde. Au crépuscule, ils reviennent se percher et apportent les nouvelles des hommes, des dieux et des choses. Quand à ses deux loups : Freki, le Vorace, et Geri, le Glouton, ils ne le quittent jamais. Ils se couchent sur les marches de son trône, ou ils courent dans les nuages escortant leur maître dans tous ses voyages. Doués d’un appétit inassouvi, ils dévorent tout ce qui passe à portée de leurs crocs. Comme le père des dieux a besoin de boire mais non de manger, Geri et Freki, ne manquent jamais de nourriture. Ils n’attaquent pas les hommes, et, celui qui a la chance de découvrir les deux loups d’Odhinn errant dans les pâtures ou les forêts, doit considérer cette rencontre comme un heureux présage.

 

Odhinn est armé d’une lance du nom de Gungnir, la Frémissante. Elle a été naguère fabriquée pat les nains, elle déchire le ciel comme la zébrure d’un éclair et frappe l’adversaire tel la foudre. Personne ne peut y échapper.

Les nains ont aussi  fabriqué un bateau, qui est utilisé tour a tour par Frey et par Odhinn. Il se nomme Skidbladnir et peut se replier comme un mouchoir pour être transporté facilement dans sa bourse. Lorsque la voile est hissé le vent souffle toujours dans la direction choisie par le pilote. Nul navire n’est plus sûr ni plus rapide.

Le cheval d’Odhinn se nomme Sleipnir. Il a huit pattes, ce coursier galope sur la terre, dans l’air et sur l’océan. Mais Odhinn ne le possédera qu’après la construction d’Asgard, l’enclos des Ases.

A son bras, Odhinn porte un anneau d’or du nom de Draupnir. Forgé lui aussi par les nains. Chaque neuvième nuit, il en sort un nouvel anneau toujours aussi lourd et aussi beau. Draupnir qui ne quitte jamais le bras du père des dieux, symbolise la fertilité de la terre et la fécondité de l’esprit, indissolublement liées.

Quand il ne chevauche pas, Odhinn revient dans son palais d’Asaheim, et s’assoit sur son haut-siège, Hlidskjalf, pour contempler l’univers. Ainsi, chaque jour, au-dessus de la création, dominant la voûte du ciel. Odhinn observe ce que deviennent les dieux et les hommes.

Odhinn possède trois femmes, qui ne sont que des visages différents d’une même certitude : la Terre. Ainsi s’unissent le Ciel et la Terre. Odhinn célèbre dans la joie ses noces avec la terre-mère incarnée tour à tour par Jord, Frigg et Rind.

Jord est la terre originelle et inhabitée. Frigg la terre humaine et cultivée, Rind la terre de nouveau inculte. Toutes trois ont donné des enfants à Odhinn. Jord est la mère de Thorr, Frigg la mère de Balder et d’Hoder et Rind la mère de Vali.

 

Des trois c’est Frigg la plus importante, elle seule possède le droit de siéger près d’Odhinn. Frigg incarne la terre vivante où règnent les souverains, combattent les guerriers et travaillent les artisans. Cette terre n’est pas une vallée de détresse, mais un océan de fierté et un sommet d’honneur.

Frigg est escortée par sept suivantes l’aidant à remplir ses attributions. Fulla apporte la fertilité, Hlyna accorde la protection, Gnaa porte les messages. Vra écoute les serments et punit les parjures, Snotra amène la brise et annonce le beau temps, enfin Lofna favorise l’union des amants ; quant à Signa, elle préside aux procès.

Deux autres déesses sont attachées au service de la terre : Gefjunn, la Vierge a la Charrue, laboure les sols incultes avant la fécondation et la récolte. Eir guérit les malades, car elle connaît le secret des herbes et des paroles magiques

 

 

 

 

THOR

 

Les lieux sacrés des Puissances,

Flambloyaient devant

Le parent d’Ullr,

Le sol au plus profond était battu de grêle.

La veuve de Svölnir volait en éclats,

Cependant que les boucs

Du dieu au char

A la rencontre de Hrungnir

 

 Thorr fils d’Odhinn et de Jord, la terre sauvage, est le plus important des dieux après après son père. Parfois même dans la croyance populaire, il le surpasse. Il devient familier et presque vulgaire. On parle souvent de lui avec plus d’enthousiasme que de respect. C’est un « dieu copain ». Thor est « brave » dans tous les sens du terme. Mais gare à qui ose le défier, il ne frappe même pas, il écrase…

 Thor apparaît de forte stature, les muscles noueux, les épaules larges. Il porte une barbe bien fournie dont le blond tire au roux et s’illumine d’éclairs de feu. Ses yeux lancent des flammes qui se reflètent à l’aurore comme au crépuscule sur les nuages écarlates. Il arbore une couronne d’étoiles scintillantes. Car sa tête remplit le ciel et ses pieds couvrent la terre.

On l’appelle aussi Akathor, « Thor-le-cocher », car lui aussi est un grand voyageur, parcourant l’univers à la recherche d’adversaires à défier et bien sûr à vaincre. Il se déplace dans un char tiré par deux chèvres, qui se nomment Tanngnjost, « Dents-Grinçantes », et Tanngrisnir, « Dents-Etincelantes ».

Parfois Thor doit abandonner son char et ses deux chèvres pour aller à pied. Il ne peut emprunter le pont Bisfrost, car l’arc-en-ciel s’enflammerait, et les eaux sacrées deviendraient bouillantes. Il doit donc traverser à gué les rivières Kormt et Ormt et les deux cours d’eau du nom de Kerlaug, pour se rendre à la fontaine Urdar où  siègent les Ases.

Thor habite à Thrudvang , le « champ de Force », son domaine est un énorme nuage, sombre et compact. Sa demeure , Bilskirnir, la plus grande qu’on est jamais construite, ne comporte pas moins de cent quarante salles, illuminées par les éclairs qui accompagne l’orage.

Un jour il recevra, forgée par les nains, l’arme redoutable qui le rendra célèbre entre tous : le marteau Mjolnir, qu’il devra tenir avec des gantelets de fer, après s’être ceint les reins d’une ceinture de force en cuir tressés et cloutés. Et à chacun des coups de marteau, dans le roulement du tonnerre, tremblera la terre entière.

La force du dieu à la barbe rouge gouverne le monde et triomphe dans l’éternelle violence.

Thor épousera Sif aux cheveux d’or, qui apparaît comme une montagne d’épis mûrs et d’herbe verte. Malgré toutes les avances qu’elle doit subir, elle refuse toujours le géant Hrungnir, le « Rocher-Nu ». Sif a déjà un fils- qui est le beau-fils de Thor. Il se nomme Ull et nul n’est plus habile que lui à manier un arc ni plus rapide sur ses skis. Il habite à Ydalir, dans la vallée des ifs.

Si la femme de Thor, symbolise la terre fertile, sa concubine, Jarnsaxa règne dans le désert aride. Pourtant, elle lui a donné deux fils : Magni, « la Force », et Modi, « la Colère », aussi braves et aussi robustes que leur père.

 

 

BALDER

 

Je vis de Baldr le dieux ensanglanté,

Le fils d’Odhinn,

Le destin secret.

Elle se dressait

Au dessus de la plaine,

Fine et très belle ,

La pousse de gui.

 

Fils que l’on peut dire préféré, du dieu Odhinn, et de son épouse Frigg, reine des Ases, Balder le Bon possède avant tout une qualité devenue au cours des ages un véritable mythe : la jeunesse.

Balder est jeune comme d’autres sont grands, braves  ou forts. Il a l’âge de l’enthousiasme. Il possède le plus magique de tous les pouvoirs : l’avenir lui appartiendra. A moins que la mort ne vienne lui briser son destin… Il possède plus de vertus qu’aucun autre : la sagesse, l’éloquence, la sensibilité. Si Thor est un dieu de la guerre, Balder est un dieu de la paix. Mais la paix dans l’ordre, dans la soumission aux lois du monde, dans la fidélité à la création divine sur laquelle règne son père Odhinn, le Grand Voyageur aux corbeaux et aux loups…

Balder est un dieu romantique. Il croit que le monde renferme poésie et lumière. Il reste à l’âge des illusions, des enthousiasmes, des imprudences. Il ignore la méchanceté et la laideur. Plus que tout autre le printemps est sa saison.

Le jeune dieu apparaît si beau que des rayons de lumière semblent sourdre de son visage, de sa chevelure, de son corps. Il n’évoque pas seulement le soleil, il devient, véritablement, le soleil, dans sa splendeur et son éternité. Il est la promesse des épis , la certitude des aurores, la joie des moissons. Il n’est pas joyeux, il est la joie. Car le soleil ne peut pas mourir.

Balder est le favori de la Nature, le préféré des dieux et le plus béni par les hommes. Sagesse et douceur sont pour lui naturelles. Jamais il ne s’emporte et jamais il ne se trompe. Et quand il parle, ce qu’il dit est si juste que jamais paroles prononcées par lui ne pourra être changées. Chaque mot, dans sa bouche, prend sa signification exacte. Sa voix est celle de la justice. Mais plus encore que l’équité, il apporte le bonheur.

Balder demeure à Breidablik, « le Large-Eclat ». Ni saleté ni malheur ne peuvent entrer dans son domaine, où tout n’est que pureté, lumière et gaieté.

Dieu de la lumière, Balder à un frère, lui aussi fils d’Odhinn et de Frigg. Il est aveugle et se nomme Hoder. Sa triste infirmité en fait le dieu de l’obscurité. Il sera le destin, lui aussi atteint de cécité.

Fait étrange pour un Ase, Balder n’a pas été chercher son épouse parmi les déesses d’Asaheim, ni même, comme certains dieux, parmis les géantes de Jotunheim.

C’est à Mannaheim, sur la Terre des hommes, qu’il va découvrir et aimer celle qui sera sa fidèle compagne. Cette jeune fille se nomme Nanna et son père Nep, « le Bourgeon ». Elle n’est que fleur. Comme son bel époux, elle apparaît telle une radieuse image du printemps,  du renouveau de la vie, de la beauté.

Balder et Nanna ont un fils, Forseti, « le Président ». Il possède une demeure appelée Glitnir, la Resplendissante. Le sol en est d’or et le plafond d’argent. Dans cette maison, tous les plaideurs se retrouvent pour soumettre leur cause au jugement du fils de Balder.  Il a hérité de la clairvoyance  de son père et il trouve toujours une sentence si juste qu’il parvient à réconcilier les adversaires autour d’une décision d’une parfaite équité. Il n’existe nulle part au monde pareil tribunal.

La splendeur du dieu du printemps et de la déesse de la floraison illumine le monde, grâce à leur fils chéri Forseti « Le Justicier ».

 

Odhin à également engendré Tyr, Hermod et Bragi.

 

 

TYR

 

Tais-toi Tyr,

Tu n’as jamais su

Réconcilier deux adversaires.

Ta main droite,

J’en parlerai,

Celle que Fenrir t’a arraché

 

L’origine de Tyr est incertaine, les Skádskaparmál parle de Tyr comme étant le propre fils d’Odhinn. Dans la Hymiskvida, en revanche, Tyr parle du géant Hymir comme étant son père.

Tyr est manchot, il sacrifia sa main droite, pour que les dieux puisse entraver le loup Fenrir. Il se veut le plus audacieux et le plus intrépide de tous les Ases. La fidélité et le courage sont ses vertus familières. Cette valeur belliqueuse dont il a hérité, il la dispense à son tour. Ceux qui doivent livrer bataille ne manque jamais de l’invoquer. Pour s’assurer la victoire, il fallait graver la rune  de Tyr au moins deux fois sur la poignée ou la garde de son épée. Il est le dieu de la guerre, mais celui de la guerre faite de bon droit, pour une juste réparation- par opposition à Odhinn, pour qui seule la fin (la victoire) justifiait les moyens, même les plus frauduleux.

Tyr affermit le poing sur le pommeau de l’épée et sur l’attache du bouclier ; il aiguise le regard sous le casque à nasal et remplit le cœur de fierté sous la cotte de mailles. Il est le dieu qui aide à tenir la lance, à souffrir sans se plaindre, à entendre couler son sang avec autant de calme que l’on écoute au matin le murmure d’un frais ruisseau : il apporte l’honneur.

« Vaillant comme Tyr » ,  « Týbraustr », est une expression consacrée, et exemple de sa hardiesse.

 

 

 

 

 

 

HERMOD

 

Hermod est lui aussi un dieu guerrier. C’est le messager d’Asaheim, et il chevauche souvent dans les airs, à l’image de son père. Odhinn lui confie parfois son casque et sa cotte de mailles et n’hésite jamais à lui ordonner une mission dangereuse.

 

 

BRAGI

 

 Dans les demeures d’Asaheim, ne vivent pas uniquement des dieux guerriers. Tous les Ases sont braves certes, mais il en est qui préférèrent la poésie à la bataille. Bragi a hérité du lyrisme autant que du courage de son père. Il porte une longue barbe qui descend fort en avant sur sa poitrine ; elle n’est ni blanche ni grise, mais blonde et soyeuse, car Bragi est aussi un dieu de la jeunesse. Il est marié à Idunn. Fille de l’alfe Ivald, elle est aussi gardienne des pommes d’or qui assurent aux dieux une éternelle jeunesse.

 

VIDAR

 

De l’union d’Odhinn et de la sorcière Grid, est né un fils, Vidar. On le surnomme le Silencieux. Sa force apparaît prodigieuse. Elle égale celle de Thor. Il porte des chaussures absolument extraordinaires, dont les différentes pièces de cuir ont été rassemblées au long des siècles.

Dieu de la forêt primitive, il vit au plus secret des bois, dans un domaine où ne retentit jamais ni la voix de l’homme, ni le son de la hache. Partout, de hautes futaies, des buissons et des ronces. Nul bruit ne vient troubler le silence oppressant. Sous ces couverts impénétrables, le jour pénètre à peine à travers les feuilles que n’agite aucune brise. Même les bêtes se taisent.

Vidar est, à l’image de la Nature, impérissable et incorruptible. Il est élancé comme un tronc puissant. Sa peau est plus rude que l’écorce, son sang plus riche que la sève, ses membres Plus fort que les branches. Vidar est la nature sauvage et éternelle. Il est la force brutale que les hommes saluent et révèrent. Et si tout devait disparaître, des royaumes et des rêves, il resterait toujours la Forêt primitive, le domaine de Vidar d’où peut resurgir une nouvelle race et une nouvelle aventure.

 

 

 HEIMDALL

 

Himinbjörg est la huitième

Et là, Heimdallr, dit on,

Règne sur les sanctuaires.

Là, le veilleur des dieux

Boit dans la halle paisible,

Joyeux, le bon hydromel.

 

Lui encore fils d’Odhinn, est né de neufs vierges… Elles étaient neufs sœurs, filles de la haute mer et des tempêtes. Elles étaient comme les vagues qui déferlent sur les grèves et se brisent dans les havres. Neufs filles, vêtues d’émeraudes et d’écume immaculée.

Surgi de la mer d’où vient toute chose et tout être, le dieu Heimdal apparaît sur le rivage d’Asaheim apporté par le flot. De sa couronne d’embruns, il tire peut-être son surnom : il est le dieu Blanc. En lui jaillit et rejaillit la mer, comme une semence. Tout ce qui commande, tout ce qui grandit, tout cela vient des flots.

Sous le nom de Rig , ce dieu-matelot devient dieu-voyageur. Il va courir le monde, engendrant les race des esclaves sombres, des paysans libres et des chefs de guerre.

Après avoir réparti les hommes en trois classes, le dieu Blanc reviendra dans Asaheim où vivent, jugent et se heurtent les dieux dont il est l’un des plus éclatants. Ses dents sont d’or pur et sa bouche étincelle au soleil.

Heimdal demeure à Himminbjorg, «  le Mont-du-Ciel ». Il se tient à l’extrémité du pont Bisfrost . Ce pont sacré n’est ni d’ici-bas ni d’au-delà, mais il appartient a une seule réalité où se confondent, sous le soleil du Nord, la vie et la mort, la divinité et l’humanité, le passé et le futur. Bisfrost brille de toute les couleurs de l’arc-en-ciel, au nombre de sept, où se décompose et s’exalte la lumière.

Après l’averse, dans le ciel alourdi de nuages sombres, on distingue parfois le pont sacré qui mène au royaume de l ‘absolu. Mais n’y entre pas qui veut ; Heimdal , veilleur impitoyable, protège le seuil du domaine sacré.

Eternel gardien du plus précieux des trésors, la connaissance que chacun à de lui-même, Heimdal tient d’une main l’épée du combat, Hofud, « la Tête », et de l’autre la corne de l’appel, Gjallarhorn, qui s’entend dans tout l’univers et que le dieu une fois le danger passé, accroche aux basses branches de l’if sacré Yggdrasill. Quand il doit chevaucher pour se rendre à l’assemblée des dieux, Heimdall est à la fois le guerrier et le sage, celui qui bataille et celui qui alerte. Nul ne peut entrer qui n’a subit de sa part un véritable « examen de passage » . Il n’est d’élu que celui qui est digne. Ne pénètre au pays de la lumière que celui qui est fidèle à lui-même et à l’ordre naturel des choses, des hommes et des dieux.

Jour et nuit veille Heimdall. Il ne connaît point le repos. Sans lui, le désordre s’établirait. Les géants franchiraient les frontières, les nains se croiraient les égaux des dieux. Les hommes les plus viles pèseraient le même poids sur le pont Bifrost que les plus braves et les plus sages . Alors toujours doit veiller le dieu Blanc.

Heimdall entend tout, et même l’herbe qui pousse dans les clos et la laine qui croît sur le dos des moutons. Il ne dort pas plus qu’un oiseau et il voit aussi bien la nuit que le jour. Rien ne lui échappe. Il surveille le Monde.

Dans l’Edda, il est - fort étrangement- dit de Heimdall qu’il est «  le plus brillant des Ases et le plus sage des Vanes. » . Il appartient en effet aux deux races qui se réconcilient en la personne de ce dieu.

 

 

NJORD

 

Originaire de Vanaheim, ce monde mal connu des Vanes, Njord a grandi loin d’Asgard, dans un univers d’eau et de feu. Lors de la grande guerre qui a opposé les deux races de dieux, il a été échangé comme otage avec Hoenir. Njord demeure à Noatun, le « Clos-des Navires ». Il gouverne les vents c’est lui qui soulève ou apaise les tempêtes. Ouragans de mer ou de feu obéissent à sa volonté. D’un souffle il déchaîne les vagues hurlantes et attise les flammes crépitantes. Il possède une hache qui peut ouvrir tous les verrous.

Ce dieu du vent est le plus riche de tous ceux qui détiennent les pouvoirs sacrés. Il peut donner des trésors à ceux qu’il veut récompenser. Il épousera plus tard Skadi, la fille d’un géant. Njord a donc eu de sa sœur deux enfants. Le garçon se nomme Frey et la fille Freya.

Quand le dieu du vent et du rivage a été envoyé en otage parmi les dieux Ases, il a obtenu une consolation : jamais personne ne pourrait haïr son fils Frey.

 

 

FREY

 

Peu de dieux sont aussi vénérés  que Frey dans tout le Nord. Frey est un dieu de paix et de récolte. Il apporte la pluie nécessaire à ceux qui cultivent le sol et il ramène le soleil quand ils le lui demandent. Dieu paysan, il fait pousser l’herbe et mûrir les blés. Les éleveurs ont besoins de lui comme les moissonneurs.

Frey rend ceux qui l’honorent riches, étant lui-même très riche. Il habite un palais qui lui à été donné, alors qu’il était encore enfant, à Alfaheim dans le monde des lutins de la lumière, qui sont appelés  Elfes.

Frey apporte la paix et non la guerre. Sa seule arme est une charrue. Son seul désir est de délier les mains de celui qui est enchaîné. Tous l’aiment. Un jour les nains lui donneront un étrange verrat aux soies d’or et lui offriront un merveilleux navire. Frey sans cesse reçoit et donne des dons.

Ce dieu de la fécondité et de l’abondance est marié à Gerd, la fille du géant Gymir, et ils ont eu un fils appelé Fjölnir.

 

 

FREYA

 

Fille de Njord et sœur de Frey, la belle Freya est la déesse de l’amour. Une seule la surpasse en beauté : Frigg, la femme d’Odhinn. Tous ceux qui s’aiment invoquent Freya, protectrice des passions de l’esprit et de la chair.

Elle réside à Folkvang,  « Le-Champ-des-armées », mais ne passe que peu de temps dans sa demeure, car elle doit parcourir, dans son char attelé de deux chats, les plaines où se sont entretués les guerriers. Elles a le droit d’emmener avec elle la moitié des tués au combat, tandis que l’autre moitié revient à Odhinn. Ainsi, ceux qui tombent les armes à la main rejoignent le palais du dieu de la guerre ou la demeure de la déesse de l’amour, Sessrymnir, où se trouvent de nombreux sièges.

Epouse d’Od,  « le Furieux », Freya à deux enfants, Hnoss et Gersemi. Mais son mari, l’a quitté pour voyager en des pays lointains. Aussi Freya pleure-t-elle sans cesse après lui. Ses larmes sont des gouttes d’or pur et on l’appelle parfois la déesse aux beau sanglots. Son cou s’entoure du ruban Brising et elle possède un déguisement de Faucon, qu’elle prête volontiers aux autres dieux, surtout lorsqu’ils veulent se rendre à Jotunheim, au pays des géants.

 

 

AEGIR

 

Si Njord règne sur Noatun, la partie de l’océan qui borde le rivage et où les bateaux pratiquent le cabotage, c’est Aegir qui domine la haute mer. Ce n’est pas un dieu mais un géant qui commande au flot furieux, et écumants, aux longues houles du large, aux tempêtes hurlantes et aux tourbillons effroyables. Il n’est pas question de pêcher, ni même de naviguer sur ces eaux en furie qui se trouvent entre le monde des hommes et le domaine des dieux. Le géant Aegir règne sur une immense frontière marine où les flots gris se confondent avec le ciel bas, dans une même couleur de plomb fondu que n’éclaire aucun soleil.

Les rapports sont étranges entre ce géant de la haute mer et les dieux. Leurs domaines voisinent et ils se rendent souvent visite. Dans son Palais, Aegir organise de grands festins où il traite ses hôtes divins. Les reflets de la mer scintillent et la bière coule à flots tandis que se vident les cornes à boire.

Le géant Aegir est l’époux de Rán,  « pillage », qui possèdent un filet dans lequel elle attrape ceux qui sont assez hardis et assez fous pour s’aventurer dans le domaine de la haute mer, où son mari règne en souverain absolu et cruel. D’où l’image selon laquelle elle régnait sur les marins périt en mer, s’ils revenaient assister à leur propre banquet de funérailles, c’est qu’ils avaient reçu bon accueil chez Rán.

Leurs filles sont les vagues immenses. Elles ont des cheveux pâles et des voiles blancs. Quand le vent souffle, il les éveille et elles deviennent alors redoutables pour les hommes. Elles battent les rivages, assaillent les rochers, roulent les galets. Elles rendent inaccessibles les îles et périlleux les voyages. Elles dorment sur les rochers du fond de la mer.

 

 

 

 

 

LOKI

Te souviens-tu Odhinn,

Quand jadis nous deux,
Mêlâmes notre sang.

Boire de la bière,

Tu t’y refusais

si elle ne nous était offerte à tous les deux.

 

Il est un dieu qui occupe une place toute particulière. Il se nomme Loki. Intelligent et parfois génial, astucieux et toujours rusé, il n’a qu’une passion : faire le mal. Il intrigue et détruit à plaisir. Sa seule joie est de nuire. Curieux, malin, vicieux, il est le plus infernal des Ases. Mais il appartient, sans nul doute, à leur race.

Fils du géant Farbauti, qui l’a engendré avec Laufey, « la Feuille », Loki évoque le feu. Comme lui , il peut être bienfaisant, mais comme lui , il peut être destructeur. Il est capable du meilleur comme du pire. Il reste l’incarnation du mal.

Loki n’est pas affreux comme un géant, mais beau comme un dieu. IL va personnifier le mal, mais le mal dans sa beauté et même sa séduction. Il corrompt l’air, la terre, l’eau, le feu. Il est partout. Puissant et rusé. Flammes du volcan, serpent de la mer, poison de la table, il apparaît comme la mort qui erre par le monde. Il envahit toute la nature.

Loki s’affirme toujours comme le calomniateur des dieux, le pourisseur des hommes, le collaborateur des géants. Nul n’est plus rusé ni plus perfide. Le mensonge est sa seconde nature et la tromperie son premier plaisir.

Loki a épousé Sigyn et il en a deux fils, Vali et Nari. Bien plus que sa famille légitime, la descendance monstrueuse que le fils de Laufey engendre avec la sorcière Angerboda, « la-fauteuse-de-mal », va compter dans l’histoire d’Asaheim.

Tous deux donnent naissance à Hel, « la géante gardienne du séjour des Morts », au loup Fenrir et à Jormungand, le serpent de Midgard qui entoure la Terre. Cette descendance fait courir un terrible danger aux dieux.

Partout où surgissent Loki et ses enfants, les méfaits comme les catastrophes s’annonçent. Sans cesse Heimdall et Loki s’affrontent. Car Heimdall est le gardien vigilant de l’ordre, que veut ruiner le vil destructeur qu’est Loki.

L’Ase Blanc tient l’Ase noir à distance de cet idéal d’honneur qu’il garde comme un trésor.

 

  

HEL

 

Fille de Loki et de la géante Angerboda, elle est si laide qu’on ne sait si on doit la qualifier de géante, de sorcière, de femme avilie ou de déesse déchue. Elle est tellement épouvantable qu’il est facile de la reconnaître : la moitié de son corps est couleur de cadavre pourri et l’autre moitié couleur de chair humaine. Aucun visage n’est plus affreux ni plus méchant que le sien. Quand les dieux l’aperçurent pour la première fois, ils décidèrent de la précipité, la tête la première dans Nilfheim, le monde des brouillards. Puis la fille de Loki et d’angerboda sur se constituer son propre domaine à Helheim où elle garde ceux qui sont morts de maladies et de vieillesse et n’ont pas eu la chance de tomber au combat.

Ces malheureux, qui ne connaîtront jamais l’hospitalité d’Odhin, ni de Freya, vivent dans le domaine de Hel à Elvidnir, »le-Lieu-de-la-Tempête.

C’est un bien triste séjour et jamais maîtresse d’un domaine ne fut aussi inhospitalière. Elle possédait une vaste résidence, entourée d’une grille extrêmement haute connue sous le nom de Nágrind, « grille-des –cadavres ». Sa halle s’appelait Éljúdnir, « mouillée de pluie », son assiette, Hungr, « faim », son couteau, Sultr, « famine », son esclave, Ganglati « traînard », sa servante, Ganglöt, « traînarde », le seuil de sa porte Fallandaforad, « qui-fait-tomber », son lit Kör, « grabat », et les teintures de son lit, Blíkjandaböl, « malheur éclatant ».

On se rend à Hellheim par une route interminable et caillouteuse qui se dirige toujours vers le Nord et descend sans cesse comme si elle aboutissait au centre même de la terre. Il ne faut pas moins de neufs jours de voyage d’Asaheim où règnent les dieux à Hellheim où souffrent les morts. On doit, pour parvenir chez Hel traverser des cours d’eau glacés, franchir des ravins sauvages, longer des précipices vertigineux. Nulle randonnée n’est plus épouvantable. Mais on ne la fait qu’une fois.

Devant le seuil, où sont entassés les cadavres, veille un horrible animal, Garm, le chien. Il ressemble à un loup furieux. Attaché à une lourde chaîne, ce fauve cruel au poitrail souillé de sang essaie sans cesse de bondir. Ses entraves menacent de se rompre, tant il tire dessus, la bave aux lèvres et les yeux fulminants. Ce chien Garm apparaît aussi féroce que le redoutable frère de la gardienne des morts : le loup Fenrir.

 

 

FENRIR

 

Fils, lui aussi, du dieu déchu Loki et de la sorcière Angerboda, Fenrir est un horrible monstre. Immense, le poil gris de fer hérissé comme des aiguilles, les oreilles dressés, les yeux mauvais, il passe une langue fumante sur ses crocs acérés. Il ne cesse de grogner, que pour mordre.

Pourtant ce fauve sanguinaire sera d’abord élevé chez les Ases. Parmi eux, un seul, Tyr, se montre assez hardi pour s’occuper du fils sauvage de Loki et lui apporter sa nourriture. L’animal grandit chaque jour davantage. Ses muscles se nouent, ses griffes s’aiguisent, ses crocs poussent. Une horrible bave coule de sa gueule sans cesse ouverte pour pousser des hurlements de fureur.

 

 


 

JORMUNGAND

 

Le troisième enfant de Loki et d’Angerboda se nommait Jormungand et on l’appelait aussi le serpent de Midgard. C’était un immense reptile, avec des écailles plus dures que le fer et un mâchoire gigantesque d’où coulait sans cesse des flots de venin empoisonné.

Quand Odhinn apperçut ce monstre rampant entre les demeures des dieux d’Asgard,  il ordonna qu’il soit jeté dans l’immense océan. Mais le fils de Loki ne devait cesser de grandir et  de grandir au fond des eaux. Finalement, il devint si gigantesque qu’en se mordant la queue, il pouvait enserrer la terre entière dans cet anneau monstrueux.

 

Les dises

 

Les Nornes

 

 

Autour de la fontaine d’Urdar habitent trois filles qui se nomment Urd , c’est-à-dire le Passé, Verdandi, c’est-à-dire le Présent et Skuld, c’est-à-dire le Futur. Ces filles, maîtresses absolues du temps, fixent sans recours la durée de la vie de tous les hommes. Elles connaissent ainsi le plus redoutable des secrets et dévident sans fin le fil de  l’histoire. On les appelle les Nornes et chacun les respecte et les craint, car rien n’est plus terrible que l’inexorable fuite du temps.

Tout le mystère du monde réside dans ce perpétuel enchaînement. Le Passé commande notre

Futur. Et le présent n’est qu’un point qui roule entre nos doigts comme un grain de sable imperceptible et insaisissable. Et le silence des Nornes, avec leurs cheveux sombres et leurs yeux transparents, pèse sur les hommes qui ne peuvent interroger celles qui connaissent ainsi l’heure où s’arrêtera le destin de chacun.

Affrontent le verdict de Skud, Verdandi et Urd, reste le plus grand combat de ceux qui vivent dans la seule certitude de mourir. Et quand tous dorment, les Nornes veillent toujours, attentives à mesurer ce qui appartient à chacun.
 

Les Valkyries

 

Odhinn envoie sur tous les champs de bataille ses fil­les choisir les héros tombés au combat pour les conduire au Valhalla.  Les Valkyries ont des cheveux cou­leur d'or, flottant sur leurs épaules au vent du galop de leurs rapides coursiers.  Elles portent un casque, un bouclier et une cuirasse d'argent qui étincellent au soleil.  Elles brandissent une lance.  Car les héros ne peuvent être choisis que par des guerrières.

Le dieu de la guerre les envoie sur les champs de bataille avec une redoutable mission : les Valkyries doivent choisir ceux qui seront tués et décideront donc du sort de la bataille.  Dans le vieux Nord, où les courages s'égalent et les forces s'équilibrent souvent entre deux armées rivales, ce sont les filles d'Odhinn ui départagent les combattants et font pencher l'implacable balance.  Elles tiennent le destin dans leur main.  Aussi n'est-il pas surprenant que Skuld, l'Avenir, la plus jeune des Nornes, fasse partie de leur chevauchée.

Les Valkyries ne sont pas nombreuses.  On n'en compte guère plus d'une quinzaine, toutes expertes aux choses de la guerre, capables de juger de la bravoure et de l'habileté des combattants.  Quand elles ont moissonné leur champ de héros, elles regagnent le Valhalla avec les élus qui vont deve­nir Einherjar.  Alors, les Valkyries se transforment en servan­tes.  Elles apportent les cornes à boire, ruisselantes de l'hydromel de la chèvre Heidrunn, et elles découpent le porc Saehrimnir dont le fumet remplit la salle du festin.

.Les Valkyries sont vierges.  Ce sont des divinités de la guerre et non de l'amour, toujours prêtes à chevaucher vers la terre pour assister ceux qui combattent avec l'épée, dans les plaines et sur les flots.

Expertes en bravoure, les Valkyries discernent mieux que personne ce qu'est l'honneur, ce bien suprême des hommes fidèles à Odin.  Elles savent à la fois consoler et enseigner.

Ainsi, la Valkyrie Sigrdifa enseigne-t-elle au héros Sigurd un véritable Code d’honneur, dont les Hommes du Nord vont faire une règle de vie conforme à leur vision du monde :

«Je te conseille, en premier lieu, de nourrir à l'égard de tes amis des sentiments irréprochables.  Sois lent à te venger, même si on te cherche querelle : on dit que les morts y trou­vent leur profit. »

«En second lieu, je te conseille de ne pas prononcer de serment qui ne soit sincère ; d'affreux tourments frappent le parjure ; misérable est celui qui viole la foi jurée. »

 

«En troisième lieu, je te conseille de ne pas provoquer de querelles avec des gens peu intelligents ; car souvent un sot profère des paroles plus méchantes qu'il ne le pense vraiment. »

«En quatrième lieu, je te conseille ceci : Si quelque sor­cière vicieuse se trouve sur ton chemin, il vaut mieux poursui­vre ta route que de t'arrêter, si même la nuit devait te surprendre. »

«En cinquième lieu, je te conseille ceci : Si même tu vois -des filles charmantes sur les bancs, ne permets pas à leur beauté de troubler ton sommeil, et ne te laisse pas séduire par leurs baisers. »

«En sixième lieu, je te conseille : Si des guerriers, qui boi­vent de la bière, s'abandonnent à l'injure, ne te querelle pas avec ces ivrognes ; le vin ôte la raison à plus d'un. »

«En septième lieu, je te conseille : Si tu as des démêlés avec des personnages de noble tempérament, mieux vaut accepter ouvertement le combat qu'incendier lâchement leurs opulentes demeures. »

«En huitième lieu, je te conseille ceci : garde-toi de toute vilenie et abstiens-toi de toute fausseté ; ne séduis pas la jeune fille vierge ni l'épouse d'autrui ; ne les entraîne pas au plaisir défendu. »

«En neuvième lieu, je te conseille d'ensevelir les morts, où que tu les découvres sur terre, qu'ils aient succombé à la maladie ou péri en mer ou qu'ils aient été frappés par le fer. »

«En dixième lieu, je te conseille : ne te fie pas aux serments des proches parents d'un homme que tu as abattu ; souvent un loup se cache sous les traits du frère ou du fils du tué, alors même qu'a été touché par lui le prix du meurtre. »

«En onzième lieu, je te conseille : reste toujours en garde contre les dangers de toutes sortes et surveille tes propres amis. »
 

 

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