I / La Cosmologie des Rous'

L'étendue du monde slave a donné lieu a plusieurs panthéons suivant les régions et la proximité d'autres cultures.

Une distinction s'impose donc entre les dieux du cycle de la Baltique, dans la région située au nord ,le long de la Baltique, entre l'Elbe et l'Oder ; et les dieux du cycle russe, de Novgorod au Nord (où l'influence scandinave est forte) à Kiev au Sud-Ouest ; enfin un panthéon commun à tout le monde slave.

Certains scientifiques disent que les slaves représentaient l'univers en forme d’un grand œuf. Leurs voisins Scythes ou Finlandais ont même des légendes disant que cet œuf serait pondu par un oiseau "cosmique". Les slaves mêmes ont gardé dans leur folklore des mythes de la Grande Mère, qui enfanta la Terre et le Ciel. Son nom serait alors (Zhiva, "Vivante").

L'univers slave se construit de la manière suivante : Au milieu se place le "jaune d'oeuf", la Terre. Il est coupé en deux parties :
- la partie haute est le monde des vivants, des hommes.
- La partie basse est celle du Bas Monde, du monde des morts et de la nuit. Il est intéressant de remarquer que les Russes pensaient que quand il faisait nuit dans le Bas Monde, dans le monde des hommes, il faisait jour. Pour arriver au Bas Monde il fallait traverser la Mère-océan, qui entoure la Terre.

Autour de la Terre, comme les pellicules et la coquille de l'œuf, se placent Neuf Cieux. Remarquons que le chiffre "neuf" représente en soit trois fois trois, cette notion tripartite se retrouve dans presque toutes les mythologies…

Chaque ciel à sa destination propre : Un pour le Soleil et les étoiles, l'autre pour la Lune et encore un pour les nuages et les vents... Le septième était alors le ciel "dur", le fond des cieux. C'est ici que se plaçait la réserve de l'eau, cette source des pluies et des orages. Les Russes croyaient qu'on pouvait accéder au ciel par l'Arbre du Monde, qui lie entre eux le Bas Monde, la Terre et tous les neufs cieux. On pense d'ailleurs que cet arbre était semblable à un très grand et très beau chêne. A une seule différence des autres chênes : sur celui-là mûrissent les fruits et les grains de tous les autres arbres et plantes de la terre.

Là où l'Arbre dépasse le septième ciel, il y a une île nommée "irij", "virij", d'où, peut-être, le mot "raj" qui signifie en russe "Paradis", et sur laquelle tous les ancêtres des animaux et des bêtes marines vivent en liberté : le "vieux" ours, la "vieille" baleine, etc.
Le terme “ vieux ” dans ce cas-là ne signifie point la vieillesse du corps, mais plutôt la maturité. C'est ici que se rassemblent tous les oiseaux en automne. C'est là que les "âmes" des animaux tués en chasse viennent pour se reposer en paix. L'animal tué rencontrait son ancêtre et lui racontait son sort. Le chasseur alors devait remercier l'animal tué pour lui avoir permis de prendre sa fourrure et sa viande; il devait promettre de ne faire souffrir un pauvre animal sous aucune exception. Cela permettait aux "vieux" animaux d'envoyer à nouveau l'animal tué sur la terre, pour que la race reste en croissance. La religion paléoslave était très marquée par le monde qui entourait les villages. La forêt, les animaux sauvages, le ciel et la terre - tout était déifié, divinisé.

Il existe aussi une opposition de la lumière, force vivifiante, et des ténèbres, force destructrice. On retrouve cette opposition dans la branche occidentale des peuples slaves : Bielobog ( БЕЛОБОГ ) ( dieu blanc), et Tchernobog (ЧЕРНОБОГ) (dieu noir ).

bielobog bielobog

 

 

 

 

 

tchenobog


Les volkvy, mi prêtre, mi sorciers, des slaves païens disaient : “ il y’a deux dieux : l’un en haut et l’autre en bas. ”
Chez les Ukrainiens il y’avait ce proverbe : ” Que le Dieu noir t’extermine ! ”
En Russie, on croyait à l’existence de Bieloun ( mot dérivé de Bieli= blanc). Dans les légendes populaires cet être divin apparaissait sous les traits d’un vieillard à barbe blanche vêtue de blanc. Il ne se montre que le jour. Son action est toujours bienfaisante : il sauve du danger les passants égarés et aide les paysans dans les travaux des champs.
Pourtant l’opposition simpliste de Bielobog et Tchernobog ne suffisaient pas à expliquer toute la variété des phénomènes de la nature, d’autres visions ont commencé à se détacher sur le fond blanc/noir de la mythologie primitive


Nilfheim