AGES SOMBRES ET ŒUVRES QUI  ONT FAIT SA RENOMEE : les procès en sorcellerie. 

La Démonomanie des Sorciers

 

Jean Bodin  est né en 1529 et est mort de la peste en 1596. Il est à la fois savant jurisconsulte et démonologue. L'ouvrage qui fit sa réputation fut la République, que la Harpe appelle le germe de l'esprit des lois.. On lui attribue un livre intitulé « Colloquium heptaplomeron de abditis rerum sublimium arcanis », dialogues en six livres, où sept interlocuteurs de diverses religions disputent sur leurs croyances, de manière que le chrétiens cèdent souvent l'avantage aux musulmans, aux juifs, aux déistes. Aussi l'on a dit que Bodin était à la fois protestant, déiste, sorcier, juif et athée. On ne les connaît que par des copies manuscrites, car ils n'ont jamais été imprimés. Sa démonomanie est parue à Paris, en 1580 ; on en fait des éditions sous le titre de « Fléau des démons et des sorciers ».

Son grand principe est la délation car, dit-il :”la rumeur populaire n’est presque jamais mal informée.”. Il fut d’ailleurs le promoteur de l’interrogatoire des enfants en bas âge. Ses deux argument essentiels sont , premièrement, que c’est Dieu lui-même dans l’Exode, qui insiste sur la nécessité de punir les sorciers :

« vous ne souffrirez point ceux qui usent de sortilèges et d’enchantements et cous leur ôterez la vie »,

et deuxièmement qu’il y a une telle concordance des dépositions ente les sorciers de toutes régions concernant le sabbat, sans compter que ces gens sont de trop basse extraction pour avoir puisé leurs histoires dans des mythologies anciennes, que c’est bien la preuve que la sorcellerie est une réalité.  Avec son manuel, il compte sauver la nation (la France) et la chrétienté qu'il juge en grand danger.
A nouveau, cet ouvrage est un grand succès. Il devient conseiller des juges, fût une référence incontournable et justifia de nombreuses condamnations à mort. Mais le Malleus reste malgré tout le plus célèbre des traités de démonologie.
Un nouvelle génération de manuel de démonologie est née. Ils chargent encore plus le portrait-robot de la sorcière désormais tout à fait et sans aucun doute diabolique.
 
« La Démonomanie des sorciers » se compose de quatre livres traitant de la divination des démons, de la définition des sorciers et des moyens diaboliques qu'ils utilisent, de la recherche de "ce qu'est la magie", des moyens de protection pour empêcher les maléfices, des moyens de reconnaître les sorciers, de faire la preuve du crime de sorcellerie et des moyens de tortures à employer.
 

L'auteur définit le sorcier dans le livre I :  La définition des sorciers, comme celui qui se pousse à quelque chose par des moyens diaboliques. Il démontre que les esprits peuvent s'associer et commercer avec les hommes. Il parle des divinations que les démons opèrent, des prédications licites ou illicites.

Dans le livre II : De la magie en général, il recherche ce que c'est que la magie ; il fait voir que l'on peut invoquer les malins esprits, faire un  pacte avec le Diable, être porté en corps au sabbat, avoir au moyen des démons, des révélations par extase ou se changer en loup-garou. De longs discours prouvent enfin selon lui que les sorciers ont pouvoir d'envoyer les maladies, stérilités, grêles et tempêtes, et de tuer les bêtes ainsi que les hommes.

Le livre III : -Les moyens licites d'obvier aux charmes et sorcelleries il traite des moyens de protection et des moyens illicites pour empêcher les maléfices.

 Enfin dans le livre IV : De l'inquisition des sorciers, il livre les moyens de s'occuper des sorciers, des moyens pour les reconnaître et des preuves qui établissent le crime de sorcellerie. Il explique les moyens de torture permettant aux sorciers d'avouer leurs crimes et préconise une mort cruelle...

Pour lui, il y'a tant de sorciers que les juges ne sont pas assez pour les punir et que certains profitent d'amis influents.

Enfin il termine en réfutant les écrits de Jean Wier qui disait que les sorciers étaient le plus souvent malades ou fous, et qu'il ne fallait pas les brûler.

Jean Bodin qui avoue que ces horreurs lui font dresser le poil en la tête, il faudrait exterminer les sorciers et ceux qui en ont pitié, et brûler les livres de Jean Wier.  

Bodin reprochait 15 crimes aux sorciers :

1. Renier Dieu et toute religion,
2. Le maudire et blasphémer,
3. Faire hommage au Diable, l’adorer, lui sacrifier,
4. Vouer ses enfants à Satan,
5. Sacrifier ses enfants à Satan avant leur baptême,
6. Consacrer ses enfants au Diable dès le ventre de la mère,
7. Recruter des adeptes,
8. Jurer par le nom du Diable,
9. Etre incestueux,
10. Tuer ses semblables ou les petites enfants pour faire des décoctions,
11. Manger de la chair humaine ou boire du sang humain en déterrant les morts,
12. Faire mourir les hommes par poison ou sortilèges,
13. Faire mourir le bétail,
14. Faire mourir les fruits de la terre,
15. Avoir copulation avec le diable.
 

Voici un extrait de ce qu’il a pu écrire  :

 «  Il y’a deux moyens par lesquels les Etats peuvent maintenir leurs politiques et leurs grandeurs ; ce sont la récompense et la pénalité. Si l’un des deux vient à manquer, c’est a coup sûr la ruine inévitable de l’Etat. Mais c’est une grande erreur que de penser que les pénalités sont faites uniquement pour punir les crimes.  Je soutient que c’est le « cueilleur des fruits du péché » qui accroît les risques de la décadence de l’Etat. C’est au chef,  qu’il incombe d’apaiser la colère divine, et plus spécialement, si le crime est directement commis contre la majesté de Dieu. Il y’a plusieurs moyens d’apaiser la colère de Dieu ;  on peut  gagner sa bénédiction,  frapper certains par l’intermédiaire de la crainte et d’autre par la punition, afin de préserver l’infection chez les autres et de diminuer les faiseurs de troubles qui bloquent la vie de ceux qui sont « bien-disposé ». On doit punir les crimes les plus détestables conçut  par l’esprit humain. C’est pour cela qu’il faut punir avec la plus grande rigueur les sorcières… 

Cependant il n’est pas du ressort des Princes, dans leurs attributions, de pardonner un crime que la loi de dieu punit de peine de mort, c’est le cas pour les sorcières.

D’ailleurs les Princes insultent  gravement Dieu en pardonnant de tels crimes commis directement à l’encontre de la majesté divine. Ceux qui laissent échapper les sorcières, où qui ne les punissent pas avec une extrême rigueur, peuvent être assurer qu’ils seront abandonnés par Dieu et qu’ils seront à la merci des sorcières. Le Pays qui tolérera de tels actes  sera châtié par des pestilences, des famines, et des guerres. Tandis que ceux qui puniront les sorcières seront bénis par Dieu et feront cesser son courroux.

Par conséquent, le fait d’accusé une  sorcière ne doit jamais être considéré comme folie, à moins que la calomnie de l’accusateur soit aussi claire que le soleil. Car la preuve de ces crimes est si obscure et difficile à démontrer que  si le procédé était régies par des règles ordinaire, il n’ y’aurait qu’ une sorcière sur un million qui serait accusée où punie... »

+NILFHEIM+