I / Le Mithra des origines

Il est un mythe qui veut que les Grecs et les Romains aient adopté Mithra comme un dieu qui leur été étranger. Rien n’est plus faut lorsque l’on sait que par ce geste, il ne firent que renouer avec un vieil héritage religieux indo-européens qui composait le panthéon de leurs ancêtres. 

Les racines aryennes 

Le Mitra védique des origines était d’abord le patron des relations humaines, la sacralisation des contrats passés dans les collectivités indo-européennes. La racine mei implique la notion d’échange et en sanskrit, « mithra » signifie « ami » ou « amitié ». En zend, il désigne le « contrat » inviolable, générateur de concorde. Bien avant de devenir une divinité essentiellement solaire, le Mitra du Rigveda soutenait le ciel et la terre et veillait au bien-être des communautés. En opposition avec Varuna, dieu de la souveraineté violente, il incarnait la justice et le droit sacerdotal. 

Le Mithra médique 

Les Perses qui s’installèrent dans la région de l’Iran au début du Ier millénaire avant notre ère conservèrent Mithra dans leur panthéon et contribuèrent à façonner son mythe. Ainsi, le Mithra médique revêtait aussi des fonctions guerrières. Dans le dixième hymne de l’Avesta, il apparaissait sous les traits d’un protecteur des combattants chevauchant une monture immaculée et faisant respecter les contrats par la force à l’aide de son arc aux « flèches rapides ». Assimilé au soleil, il présidait « l’aurore qui se lève sur le mont Harâ et embrasse du regard tout le pays des Aryens ».

La réforme monothéiste de Zoroastre soutenue par les Achéménides acheva d’en faire un simple Yazata (une sorte de sous divinité, d’ange) subordonné à Ahura-Mazda, seul dieu suprême luttant contre les forces du Mal d’Ahriman. Il garda toutefois une place importante dans le panthéon perse : Darius était désigné par le Roman d’Alexandre comme « partageant le trône de Mithra ». D’ailleurs, la fête des Mithrakâna constituait le seul jour où le souverain avait le droit de s’enivrer. Enfin, Mithra fut invoqué par Darius III avant la bataille décisive d’Arbalès qui opposa les Mèdes aux Macédoniens d’Alexandre. Cette fois-ci, il échoua à sa tâche et n’auréola pas le trône achéménide des lauriers d’un nouveau succès militaire. Mais la longue chevauchée du jeune général devait au contraire lui apporter un nouveau souffle. L’ère hellénistique façonna le mithriacisme tel qu’il se présenta aux portes de la Ville éternelle. 

Skoll
 

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