( Slovo î polku Ihorevim )
La Geste de l’armée d’Ihor

I. Invocation.

Il faut dire, frères, qu’il n’est pas facile pour nous, de décrire
Par d’anciens mots, les durs récits de guerre
A propos de la campagne d’Ihor, Ihor Sviatoslavych.
Cette chanson, doit cependant, commencer par une vision propre à notre époque,
Et non selon les idées de Boyan².
Si Boyan l’Oracle, voulait faire une chanson pour quelqu’un,
Il s’étendait comme un écureuil dans un arbre
Comme un loup gris dans les steppes !
Comme un aigle bleuté sous les nuages !
Il se rappelait les histoires qui appartenaient aux anciens temps,
Et lâchait dix faucons sur une bande de cygne.
Chacun d’eux était pris par un faucon,
C’était premièrement pour chanter un chant en l’honneur du vieux Iaroslav,
Et de Mstyslav, qui a tué Rededia en raison des troupes de Kasoh.
Mais Boyan, mes Frères, n’a pas lâché dix faucons sur la bande de cygne.
Il a laissé ses doigts sages vibrer sur les cordes vivantes,
Et ensemble elles ont glorifié les Princes.
Ainsi, mes frères, commençons cette histoire du vieux Volodymyr,
Qui nous présente Ihor
Cet homme qui a su imposer ses idées par sa seule force,
Qui s’est aguerri par le courage de son cœur.
Rempli par l’esprit de la Guerre,
Il conduisit son peuple contre les Polovtsians
Pour la terre des Rus’.

II.L’éclipse solaire est signe d’un danger extérieur pour le territoire Rus’, les Sviatoslavyches sont prêts à le défendre.

Lorsqu’Ihor regarda le soleil brillant, et qu’il vit l’obscurité couvrir ses guerriers,
Il leur dit :
“ Frères et Guerriers !
Il est préférable d’être tué que d’être capturés.
Montons, mes frères, sur nos rapides chevaux
Et allons voir Don la rivière bleue. ”
Il chassa, aussi, de son esprit sa bien aimée,
Ainsi que la pitié que cela lui inspirait.
“ Je veux goûter la grande Don, dit-il, afin de briser une lance a la frontière des terres Polovtsienne.
Avec vous, Russes, soit je courberais la tête, soit je boirai la Don avec mon heaume ”.
Oh, Boyan, Rossignol des jours anciens !
Comment voudrais-tu chanter en l’honneur de ces troupes,
En sautant, Rossignol, dans l’arbre imaginaire ?
En Volant comme un aigle sous les nuages ?
En détournant à moitié les gloires d’aujourd’hui,
Trottant sur le chemin de Troyan à travers les champs
En direction des montagnes.
Donc, Tu voudrais entonner un chant sur Ihor, le petit-fils d’Oleh du style :
“ Aucun orage ne balaye les faucons dans les plaines sauvages
Des bandes de corneilles traversent la Grande Don ”.
Ou encore, tu chanterais, Boyan l’Oracle, petit-fils de veles :
“ Les chevaux hennissent à travers la Sula-
La gloire résonne dans Kiev .
Les cornes s’entrechoquent à Novgorod-
Les bannières sont levées à Putyvl ”.
Ihor attendit son cher frère Vsevolod.
Et ce fier taureau qu’est Vsevolod, lui déclara :
“ Oh, mon frère, pour moi tu es la seule lumière qui brille,
Nous sommes les fils de Sviatoslav ! !
Ainsi frère, les selles de mes rapides chevaux
sont prêts a chevaucher à la tête de Kurs’k.
Mes Kurians sont d’habiles guerriers.
Ils sont rassemblés sous les cornes
Leurs heaumes sont hissés
Fédérés sous les lances.
Les Chemins leurs sont connus,
Et ils prennent garde aux ravins.
Leurs arcs sont tendus
Les sabres sont aiguisés.
Ils courent tels des loups gris dans les plaines
Recherchant l’honneur pour eux-mêmes
Et la gloire pour leurs Princes.

III. La Marche des Rus’. La première bataille victorieuse.

Puis le Prince Ihor siégea sur ses étriers d’or
Chevauchant sur la plaine ouverte.
Le Soleil barra sa route avec l’obscurité.
La nuit, gémissait sur lui à travers l’orage,
Eveillant ainsi les oiseaux
Les bêtes se rassemblaient en troupeaux.
Le merveilleux se répandait depuis la cime des arbres
Apportants ainsi des nouvelles vers les palines inconnues de Luh,
Vers les littoraux des bords de mer, vers Sula,
Vers Surozh et Khorsun’,
Et vers toi, le commandant de Tmutorokan’ !
Alors les Polovtsi courraient d’une manière complètement désorganisée vers la Don !
Leurs chariots gémissaient à minuit
Montrant ainsi que les cygnes étaient vaincus…
Ihor mena ses troupes vers la Don.
Mais déjà la malchance rassemblaient les oiseaux dans les chênes
Les grondements des loups menaçaient dans les ravins.
Les aigles appelaient les bêtes à ronger les os de leurs cris
Les renards glapissaient vers les boucliers étincelants.
Oh Terre des Rus’, Tu te trouves déjà derrière les remparts !
La nuit se fane au loin.
Finalement les rayons du soleil brûlent.
La brume recouvre les plaines
Les Chants des rossignols ne sont plus.
Les paroles ne font qu’éveiller les corneilles.
Les Rus’ barrent les plaines sauvages
De leurs boucliers étincelants,
Recherchant l’honneur pour eux-mêmes,
Et la gloire pour leur Prince.
A l’aube du jeudi, ils ont piétiné les troupes païennes Polovstiennes.
Se déployant comme des flèches à travers la plaine,
Ils ont chevauché les fières damoiselles Polovstiennes,
Ainsi que l’or, les broches et les velours précieux
Qu’ils ont emporté avec eux !
Munis de manteaux, de capes et de vestes de cuirs, ils ont commencé
A en faire des ponts à travers les marais et les endroits boueux…
Avec tous les effets personnels des Polovtsiens -
La bannière écarlate, Le fanon Blanc, l’argenterie, l’étendard lumineux,
Sont pour les audacieux Sviatoslavych !
Dormez, à présent, braves d’Oleh, nichés dans la plaine -
Car ils sont partis loin !
Ils n’étaient pas nés pour l’offensive –
Ni pour le faucon, ni même pour le noble faucon arctique, ni pour toi
Noir Corbeau, païen Polovstien !
Gzak courre comme un loup gris,
Konchak laisse sa trace sur la rivière Don.

IV. La Seconde Bataille.

Tôt dans la seconde journée, une aube sombre entache la lumière
Des nuages noirs viennent de la mer,
Essayant de cacher le lointain soleil,
A présent des orages bleutés zèbrent le ciel.
Bientôt, il y aura un puissant tonnerre !
Et une pluie de flèche viendra de la grande rivière Don !
Ici les lances seront brisées.
Les Sabres seront pulvériser sur les heaumes des Polovtsiens,
Sur la rivière Kayala près du fleuve Don !
Oh Terre des Rus’ ! Tu n’a pas assez contribuer aux remparts.
Les Vents, petits-fils de Striboh’ amènent les flèches depuis la mer, contre les audacieuses troupes d’Ihor.
La terre gronde.
Les rivières charrient des flots boueux
La poussière recouvre les plaines
Les bannières indiquent que les Polotsvi viennent de la Don et de la mer
Encerclant ainsi les troupes Rus’ de toute part.
Les enfants du Diable barrent les plains avec leurs cris.
Les Brave Rus’ bloquent leurs attaques de leurs boucliers étincellants !
Fier Taureau Vsevolod !
Tu te tiens sur le champ de bataille,
Sous les pluies de flèches, là où les guerriers
Font retentir leurs épées contre leurs heaumes !
Le taureau charge,
Brillant par son heaume d’or,
Il étend les têtes des païens Polotsvien,
Tailladant les heaumes des Avars par ses sabres trempés,
Vsevolod le taureau sauvage !
Il venge les blessures de nos fères,
Oubliant son honneur et sa vie,
Ainsi que le trône de son père à Chernihiv,
Sa chère femme, la loyale fille de Hlib,
Ses manières et ses habitudes.

V. Souvenirs des temps anciens.

C’était l’âge de Troyan.
A cette époque s’écoulait le temps de Iaroslav.
C’étaient les batailles d’Oleh,
Oleh Sviatoslavych.
Oleh forgea les révoltes avec ses épées
Et semait les flèches sur la terre.
Il jaillit avec ses étriers d’or dans
La cité de Tmuorokan’ –
Ce bruit rettentissant fut ntendu
Par Iaroslav fils de Vsevolod ;
Chaque matin volodymyr bouchait ses oreilles à Chernihiv.
C’était Borys Viacheslavych
Que la gloire a mené à la Cour
Et étendait son tissu vert sur le Kanyn
Pour le crime d’Oleh,
De mla part du Kayala Sviatolpolk,
Il eut des nouvelles,
Prenant son père mort entre les passeurs hongrois
de Kiev au temple de Ste Sophia
C’était aussi à l’époque d’Oleh Horyslavych
Quand les domaines du petit fils de Dazboh fut partagés
Et laissé à l’abandon.
Les vis humaines furent e plus en plus courte
Due aux révoltes des Princes.
En effet sur la terre des Rus’, on n’entendait plus les appels des laboureurs,
Mais plutôt les croassements des corbeaux,
Evidant les corps,
Et les corneilles commençaient leur palabre,
Quand elles voulaient voler dans la chair !

VI. Défaite.

Il y eut bien d’anciennes batailles, et de vieilles campagnes,
Mais une bataille comme celle-ci, personne n’en avait jamais vu.
De l’aube jusqu’au soir,
Du soir jusqu’au jour, les flèches aiguisées volaient, et
Les sabres s’entrechoquaient sur les heaumes,
Des lances gâchées éclataient sur les champs inconnus
Sur le sol Polostvien.
Sous les sabots des chevaux, le sol noir était souillé par les os et
Trempait dans le sang.
Ils gémissent de peinesur la terre de Rus’.
Qu’est ce qui est mauvais pour moi ?
Qui me sonne tôt avant l’aube ?
C’est l’heure de la retraite pour les troupes d’Ihor –
Ils ont combattu pendant un jour et encore un autre.
Mais au troisième jour les bannières d’Ihor tombèrent à midi.
C’est ici que les frères ont été séparé à la rapide Kayala
C’est ici qu’ils ont manqué de vin sanglant.
C’est ici que le banquet des braves Rus’ s’achève :
Ils ont donné à boire aux initiateurs de ce rassemblement
Et ont laissé leurs têtes pour la terre de Rus’.
L’herbe s’est courbé en signe de pitié.
Et les arbres se sont pliés de peine vers le sol
Donc, Frères, une triste époque s’annonce.
Déjà le désert recouvre le pouvoir.
Trop de blessures ont surgis sur le petit-fils de Dazboh,
La malchance est venue des terres de Troyan,
Eclaboussé par les ailes des cygnes près de la mer bleue sur la rivière Don,
Réveillant ainsi ces périodes d’abondances.
Les domaines des Princes sur ces terres païennes furent perdues.
Car le frère disait au frère :
“ C’est à moi, et cela aussi est à moi ”
Ils ont alors commencé à appeler les choses petites, grandes,
Et à délimiter des parcelles de terrains pour les monter les unes contre les autres,
Comme les païens qui sont venus de tous les côtés !
Apportant les victoires sur la Terre de Rus’.
Oh, loin s’aventure le faucon quand il va frapper les oiseaux
A travers l’océan.
Mais les troupes d’Ihor ne sont plus !
La Peine et la tristesse plurent pour eux.
Dans toute la Terre d Russie.
Apportant la soif au peuple dont la corne est enflammée
Les Femmes Rus’ pleurent et disent :
“ Déjà nous ne pourrons plus jamais concevoir notre cher amour
en esprit,
ni en pensées, ni avec nos propres yeux.
Et nous ne porterons jamais plus de l’or et de l’argent. ”
Donc, mes frères, Kiev gémit de peine
Et Chernihiv gémit de la vision du désastre.
La détresse flotte sur les terres des Rus’.
Une grande tristesse pourrie la terre de Russie.
De même que les Princes se sont eux même,
monté les uns contre les autres,
les païens ont envahi victorieusement notre terre,
Prenant pour tribut une femme du peuple dans chaque foyer.
Ces deux braves Sviatoslavych, Ihor et Vsevolod,
Ont réveillé la fausseté,
Qui fut mis en sommeil par leur père Sviatoslav,
Le terrible et grand chef de Kiev.
Il était semblable au tonnerre et apuraient les païens avec
Sa puissante armée et ses épées en acier.
Il marcha sur le sol Polovtsien,
Faisant trembler les collines et les ravins,
Remuants les rivières et les lacs,
Asséchant les ruisseaux et les marais.
Il saisit, donc Kobiak le païen tel une tornade,
Et le repoussa au large de la mer.
Ce fut la chute de Kobiak dans la cité de Kiev,
Dans le grand hall de Siatoslav.
Les Germains et les Venedycheil,
Les Grecs et les Moraviens,
Qui chantaient tous la gloire de Siatoslav,
Pleurent sa mort devant son fils Ihor,
Celui qui recherchait le bien être au Kalaya,
Une rivière polovstienne,
A effrayée l’or russe.
Puis le Prince Ihor troqua sa selle d’or,
Contre celle d’un nomade.
Alors la tristesse gagna les cités,
La joie était fanée.

VII. Le rêve de Sviatoslav et sa signification.

Sviatoslav fit un troublant rêve sur les collines de Kiev
“ la veille au soir, j’ai couvert ma tête, dit il, avec un linceul noir
j’étais étendu sur un lit d’if.
Ils ont versé sur moi du vin bleu, fermenté dans la douleur,
De grandes perles étaient répandues sur mon sein
Provenant des vides tremblements des alliés païens.
Déjà des planches sans épines tombaient sur moi
Dans mon palace recouvert d’or.
La veille au soir, des corbeaux gris ont croassé
Sur la plaine dans les bosquets de Kysan
Et se sont rué vers la mer bleue. ”
Alors les Boyars ont répondu au Grand Duc :
“ Déjà, Ô Duc, la douleur accable l’esprit.
Il y a deux faucons qui volent depuis le trône d’or du Père
Afin de prendre la cité de Tmutorikan
Ou pour boire l’eau de la rivière Don dans leurs heaumes.
Mais les ailes des faucons ont été coupées par les sabres des païens
Qui les ont emprisonnés dans des chaînes de fer !
L’obscurité est tombée le troisième jour :
Deux soleils s’assombrirent,
Les deux colonnes pourpres s’éteignirent
Ainsi que deux jeunes lunes, avec elles…
Oleh et Sviatoslav était recouvert par l’obscurité,
Dans le Kalaya l’obscurité accablait la lumière.
Les Polovtsi s’étendent sur les terres des Russes
Comme un groupe de léopards
Et la peste affligeait le peuple,
Donnant ainsi une joie sauvage à Khynova.
Ainsi le Blâme a éclipsé la Gloire.
Ainsi la Violence a retiré la liberté.
L’Espoir est tombé sur le sol.
A présent les loyales demoiselles Goths
Chantent sur les bords de la mer bleue.
Elles font tinter l’or des Rus’ et glorifient
l’époque de Bus.
Nourrissant des pensées de revanche pour Sharokan’.
Et nous, vos hommes d’armes, nous manquons de joie. ”

VIII. L’appel de Sviatoslav aux princes.

Puis Sviatoslav le Grand laissa échappé des mots d’or entrecoupées
De larmes :
“ Oh, mes fils, Ihor et Vselovod !
Dès vos plus jeunes années vous avez commencé
A déranger les Plovtsiens avec vos épées,
Recherchant la gloire pour vous-mêmes.
Vous avez vaincu nombres d’ennemis
Et répandus beaucoup de leur sang.
Vos cœurs sont braves et ont été forgés dans le fer le plus dur
Et trempés dans le courage.
Avez-vous fait cela pour mes cheveux gris ?
Je ne vois pas encore la puissance de mon frère Iaroslav,
Fort et riche en guerriers.
Où est-il avec ces Boyars Chernihivan,
Avec les Mohuts, et les Tatrans, ainsi que les Shelbirs.
Et les Topchaks, les Revuhas, et les Olbirs ?
Ceux là même qui submergent les ennemis de leurs cris de guerre, sans bouclier
Seulement armé d’un couteau dans le haut de la botte,
Retentissant pour la gloire des ancêtres.
Mais ils ont dit :
“ Nous seuls oserons, nous rallumerons la gloire passée
Et la prochaine gloire sera pour nous. ”
Mais est – ce cela espérer, Frères, si le vieux
Deviens jeune ?
Un faucon ayant de la maturité chasse les oiseaux, haut dans le ciel,
Mais il reste proche de son nid.
Mais le principal problème est que les Princes ne m’ont pas aidé.
A présent les jours heureux sont devenus des jours de malheurs.
Ici en Rymvi le peuple crie sous
les sabres Polovtsians
Volodymyr est sous les coups.
La peine et la douleur sont sur le fils de Hlib’.
Grand Prince Vsevolod !
Tu ne dois pas seulement voler au loin
Par l’esprit pour regarder par delà le trône d’or de ton Père !
Tu dois éclabousser la Volga à l’aide des avirons
Et avec les heaumes vider la Don. ”
Si tu perds, les filles polovstiennes seront prise
Pendant la nuit.
Et les esclaves mâles polovtsians seront pris lors de razzia.
Tu dois lancer sur la plaine des lances vivantes.
Aidés des chers fils de Hlib.
Vous, Riuryk l’audacieux et Davyd !
Ne sont ce pas vos heaumes dorés, par lesquels les cygnes ennemis
Ont trouvé le sang ?
Ne sont ce pas vos guerriers auréolés d’or qui grondaient tels des taureaux,
Blessés par les sabres sur le “ champ inconnu ” ?
Marchez, Seigneurs, sur vos étriers d’or pour les maux de notre temps,
Pour la Terre de Rus’,
Pour les blessures d’Ihor,
L’audacieux fils de Sviatoslav !
Les huit sens de Iaroslav Halychian !
Tu t’es assis haut sur le Trône forgé d’or,
Etayant les montagnes Hongroises à l’aide de tes troupes de fer,
Bloquant la voie au Roi,
Fermant la porte du Danube,
A travers les fardeaux sous les nuages,
Administrant la Justice aussi loin que le Danube.
Tes grondements s’étendent sur toute la terre.
Tu ouvre les portes de Kiev.
Tirant depuis le trône de ton père,
Sur les sultans à travers les terres
Tire, Seigneur, sur Konchak, le slave païen,
Pour la terre de Rus’,
Pour les blessures d’Ihor,
L’audacieux fils de Sviatoslav !
Et vous, Brave Roman et Mstyslav !
Une pensée audacieuse soutient votre esprit dans l’action
Plus haut vous monterez et ainsi vous pourrez transformer votre acte par votre courage
Comme un faucon qui s’étend sous le vent,
En espérant conquérir une proie par la violence.
Tu as les guerriers en armures des territoires maritimes,
Sous le heaume latin.
Ils ont fendu la terre et beaucoup de territoires
_ Khynova, Lituaniens, Iatviazians, Deremla et Polovtsi
avec leurs courtes lances
et leurs têtes sont tendues sous les sabres trempés
Mais maintenant, Prince, la lumière du soleil s’est obscurcit pour Ihor
Et un arbre qui perd ses feuilles n’annonce rien de bon.
Les villes de Ros’ et celles sur la Sula ont été partagées.
Mais les braves troupes d’Ihor ne sont plus !
La Don t’appelle, Prince, et invite
les Princes à la victoire.
Olehovyches, les braves Princes, sont prêts à en découdre.
Inhvar et Vsevolod
Et les trois fils de Mstyslav
Six se sont envolés du nid !
Ne vas-tu pas étendre ton territoire grace a un lot de victoire ?
Où sont vos heaumes dorés, vos courtes lances polonaises
et vos boucliers ?
bloquer les portes du champ avec vos flèches acérées,
Pour la terre de Rus’
Pour les blessures d(Ihor,
L’audacieux Fils de Sviatoslav !
Déjà la Sula ne charrie plus ses flots d’argent
Vers la cité de Pereyaslav.
Et la Dvina charrie des flots fétides sur les terribles
Polochans sous les cris des païens.
Iziaslav le célibataire, fils de Vasyl’ko,
Fait résonner ses épées sur les heaumes lituaniens.
Rongeant la gloire de son grand-père Vseslav.
Et se reposant sous les boucliers rouges sur l’herbe ensanglantée,
Coupé par les épées lituaniennes.
Il étendit la gloire sur le lit de mort et dit :
“ Ces Guerriers, Prince, sont recouverts par les ailes des oiseaux,
et les bêtes lèchent leurs sang. ”
Il n’y avait plus de frères ici_
Ni Briachyslav, ni Vsevolod.
Solitaire il perdit la perle de son âme
De son corps de brave
A travers le collier d’or.
Les voix étaient tristes,
Et la joie était retombée.
Les cornes sont mis an avant à Horodno.
Iaroslav et tous les petits-fils de Vseslav !
Déjà les bannières sont abaisser,
Rengainez vos épées endommagées.
Tuas déjà fait rejaillir la gloire des ancêtres.
Par ta révolte, tu as amené les Païens sur
La terre Rus’
Sur le domaine de Vseslav,
Qui était aussi exposé aux attaques des plovtsian.
Durant le VII è siècle de Vseslav de troyan
Il prit toutes les demoiselles qu’il désirait,
Il affuta sa lance avec adresse et sauta sur la
Ville de Kiev,
Ce baton toucha le trône d’or de Kiev.
Puis il s’éloigna tel une fière bête à minuit vers Bilhorod
Sous le couvert de la brume bleutée.
Et au matin il brandit le trident,
Ouvrit les portes de Novhorod,
Et brisa la gloire de Iaroslav.
Il bondit ensuite tl un loup avec son butin vers la Nemyha,
Sur la Nemyha des amas de têtes étaient clairsemées
Des détritus trempés dans le fléau,
Ces vies étalées comme sur une aire de battage,
Vannant les âmes des corps.
Les bancs sanglant de la Nemyha ne sont pas semé par les bons,
Mais par les os des fils de la Rus’.
Le Prince Vseslav jugeait le peuple,
Et répartissait les domaines entre les princes
Mais il courait lui-même comme un loup dans la nuit.
Il courut de Kiev jusqu’à Tmutorokan,
Traversant le chemin du Grand Khors.
Pour lui à Polots’k les cloches de Sophia on les matines
,il les entendit aussi à Kiev.
Pensant que l’âme est prophétique et que son corps
Est si souvent sujet à l’infortune.
Une fois Botan l’Oracle, parla en ces termes :
“ Ni le sage, ni le riche, pas même un oiseau épris de liberté
Ne peut échapper au jugement de Dieu. ”
Oh, tout n’est que gémissement quand on se remémore
Les anciens temps et les anciens Princes de la terre de Rus’ !
C vieux Volodymyr n’a pus être cloué sur les collines Kyivienne.
Et maintenant sa bannière appartient a Riuryk et aux autres-
Comme Davyd.
Mais en soutenant les cornes, ils ne font que faire onduler les queues…

IX Les Lamentations de Iaroslavana.

Il est dit, que si quiconque entend une personne chantée sur le Danube,
C’est la voix solitaire de Iaroslavana.
Comme une mouette tôt le matin elle appelle :
“ Je voudrai voler, dit-elle, comme une mouette le long du Danube,
trempé ma manche de soie dans la rivière Kayala,
et passez un chiffon sur les blessures ensanglanté du Prince, sur son puissant corps. ”
Iaroslavna pleure très tôt à Putyvl’, sur le mur elle dit :
“ ô vent, puissant vent !
Pourquoi, seigneur, portes-tu un assaut si fièrement !
Pourquoi portes tu les flèches de Kynova sur tes ailes fatigués,
Contre les guerriers de mon bien-aimé ?
As-tu quelques collines a soufflé sous les nuages
Ramènes-tu les bateaux sur la mer bleue ?
Pourquoi, Seigneur, as-tu coupé ma joie
A travers l’herbe duveteuse ? ”

Iaroslavna pleure, tôt dans la ville de Putyv’l,
sur la muraille elle dit :
“ O Dniepr !
tu traverses les montagnes de pierres
Dans les terres polovtsiennes.
Tu ramènes les bateaux de Sviatosla vers les troupes de Kobiak.
Ramène-moi, Seigneur, mon bien-aimé
Afin que je ne verse pas de larmes dans la mer. ”
Iaroslavna pleure jusqu’au soir à Putyvl’ sur la muraille elle dit :
“ Brillant et trois fois brillant soleil !
A toute ton action chaude et merveilleuse.
Pourquoi, as-tu étendu tes rayons brûlants
Sur les guerriers de mon bien-aimé ?
Dans les plaines asséchées, par la soif
tu as desséché leurs arcs
Et avec la peine tu as fermé leurs carcans. ”

X. L’évasion d’Ihor.

La mer était endormie.
Le vent soufflait à travers le brouillard en direction du Nord.
Dieu à montré la voie à Ihor
A travers les terres Polovtsiennes jusqu'à la terre de Rus’,
Jusqu’au trône de son père.
Le couché de soleil s’est fané.
Est-ce qu’Ihor dort ?
Ihor ne dort pas.
Ihors voyage dans son esprit, traversant les champs depuis la rivière Don
Jusqu’à la petit Donets.
A minuit Ovlur siffla ses chevaux
Au-delà du fleuve ; et appela le Prince ;
Il est temps pour Ihor de partir.
La terre parle et gronde.
L’herbe frémit.
Les tentes polovtsiennes commencent à bouger.
Le Prince Ihor cours vers les roseaux comme une hermine,
Comme un canard blanc sur l’eau.
Il sauta alors sur son rapide coursier
Il s’éjecta de son cheval comme un loup gris,
Et fut expédié parmi les damoiselles de la rivière Donets
Volant tel un faucon dans le brouillard,
Tuant des oies et des cygnes pour le petit déjeuner, le déjeuner
et le souper.
Ihor volait tel un faucon
Ovlur, quant à lui, courait comme un loup,
Secouant la fraîche rosée,
Ils ont épuisé leurs véloces coursiers
La Donets’ dit : “ Prince Ihor !
Il n’y a pas de Petite Gloire pour toi,
L’aversion est envers Konchak,
Et la joie est pour les terre des Rus’”.
Ihor répliqua : “ O ! Donets ! Il n’y a pas de petite Gloire pour toi,
Car tu laisse le Prince se reposer sur tes vagues,
Etendant l’herbe verte pour lui, sur tes rives argentées,
Le couvrant d’une brume chaleureuse sous l’ombre des arbres,
L’observant parmi les canards sauvages sur l’eau, les mouettes volent
Dans les courants, et les noirs canards dans le vent. ”
N’a t’il pas dit cela ?
La rivière Stuhna avait un faible courant.
Mais elle englouti d’autres ruisseaux
Et transforme les bateaux en cercueils,
Elle s’est refermé derrière les jours lumineux eux
Du Prince Rostyslav,
La mère de Rostyslav à pleuré le jeune Prince.
Les fleurs étaient défraîchies par la douleur,
Et les arbres se pliaient de peine sur le sol.

XI . Gzak et Honchak poursuivent Ihor.

Aucune des pies n’ont oser parler,
Lorsque Gzak et Konchak furent sur les traces d’Ihor,
Les corbeaux ne croassaient plus,
Les corneilles furent silencieuses,
Et les pies ne jacassant pas
Rampaient dans les tiges,
Ce sont seulement les piverts
Qui indiquaient le chemin de la rivière !
Avec leurs coups de bec.
Les chants joyeux des rossignols
Annoncent l’aube.
Gzak dit alors à Konchak :
Si le faucon vole vers son nid,
Nous tirerons sur le fauconnet à l’aide de nos flèches dorées
Konchak lui répliqua :
“ Si le faucon vole vers son nid, nous le charmerons grâce à la loyale
damoiselle. ”
Gzak lui répondit :
“ Si nous l’emmêlons avec le charme de la loyale damoiselle,
nous n’auront ni le fauconnet, ni la jeune damoiselle,
et les oiseaux commenceront a nous picorer
dans les plaines Polovtsiennes. ”

XII. L’Apothéose d’Ihor, le héros du peuple.

Comme l’ont dit Boyan et Khodyn, les bardes de Sviatoslav
de l’époque de Iaroslav, à Oleh :
“ Kohan ! Grand est la difficulté, d’avoir une tête sans les épaules
mais Un corps sans tête est un grand malheur. ”
il en est de même pour la terre des Rus’ sans Ihor
Le solil brille dans le ciel,
Le Prince Ihor est sur la terre des Rus,
Les damoislles chantes sur les rives du Danube,
Et leurs voixtraversent la mer jusqu’à Kiev.
Ihor chevauche sur la route de Borychiv
Vers l’église de la Sainte vierge de Pyrogoshchta.
Les terres sont heureuses !
Les villes sont gaies !
D’abord ils glorifièrent les anciens princes
Et maintenant ils chanteront pour les plus jeunes.
Gloire à Ihor Sviatoslavych,
Au Fier taureau Vsevolod,
Ainsi qu’a Volodymyr Ihorovych !
Salutations aux Princes et aux Troupes,
Qui combattirent les païens au nom des chrétiens !
Gloire aux Princes et aux Guerriers
Amen…

Notes :

*Les contes annalytiques de la campagne d’Ihor furent écrite en 1185-1186 (Pereyaslav), 1188 ( Chernihiv), en 1190-1198 ( Kiev) et précédèrent “ La saga du Peuple d’Ihor (1198).
1- Ihor Sviatoslavych ( 1151-1202) Prince, gouverneur à Putyvl’, Novhorad ( Novgorod) Sivrsk’, Chernihiv, dirigeant de Kiv en 1198-1201 ( conjointment avec Riuyk Rostyslavych). Sa campagne contre les Plovtsi se déroule n 1185 - Sviatoslavych, le nom de famille, signifie “ fils de Sviatoslav ”, de même que “ Rostyslavych ”_ “ fils de Rostysla ” ; Rusych _ “ fils de Rus ‘” etc…etc…
2- Boyan , Barde du XI è siècle
3- Iaroslav l’ancien ( 978-1054) Prince de Novgorod la Grande, puis Grand Duc de Kiev (1019-1054) appelé le “ Sage ”.
4- Mstyslav l’audacieux_ Frère de Iaroslav, Gouverneur de Chernihiv mort en 1034
5- Roman l’adroit_petit-fils de Iaroslav ; combattit pour la principauté paternel- Chernihiv ;
6- Volodymyr l’ancien ( 1053-1125) un des petits-fils de Iaroslav, appelé “ Monomakk ”, Grand Duc de Kiev de 1113 à 1125.
7- L’éclipse solaire dans le poèm est une image montrant que les terre de s Rus’ est en danger et c’est l devoir d’Ihor de la défendre, l’éclipse réelle eut lieu le 1er mai 1185. Mais les troupes d’Ihor furent vaincu avant cette date le 28 avril.
8- En 1184-1185 la province d’Ihor fut encerclée par les ennemis, la ville de Pereyaslvav avec les Siverians, Suzdal’ et ses alliés par les Polovtsi. Tous é ”taient prêt à envahir les Rus ‘.
9- L’auteur veut dire Iaroslavna ; la femme d’Ihor.
10- Troyan_ un état slave situé prêt de la Dniepr, il fut formé au IV è siècle.
11- 11 Oleh Sviatoslavych, Un prince de Chernihiv qui défendit sa ville au Xiè siècle.
12- Veles_ Dieu slave pré-chrétien, il protégeait les poètes et les échanges commerciaux. Les anciens slaves lui prêtent de nombreux écrits poétiques connus maintenant sous l’appellation “ Velesova Knyha ” Le livre de Veles.
13- Vsevolod Sviatoslavych, le frère d’Ihor, Princce de Trubets’k et de Kursk, mort en 1196.
14- Luh ( la plaine) territoire au sud-est de la Rus’, occupé par les Polovtsi.
15- Tmutorokan, ville et principauté. Peut-être situé en haut de la Don, dans les terres Riazaniennes. Au XI è siècle elle appartenait à Chernihiv. Au XIIè siècle elle fut sous le contrôle de Suzdal’.
16- Gzak, Konchak_ Princes Polovtsian.
17- Stryboh_ dieu slave pr é-chrétien.
18- Fille de Hlib_ Femme de Vsevolod, fille de Hlib Iuriyovych. Fameux Grand Duc de Kiev
19- Vsevolod fils de Iaroslav_ Grand Duc de Kiev ; mort en 1093
20- Volodymyr _cf numero 6
21- Borys Viacheslavyh_Neveu de Iaroslav, fils de Viacheslav Volodymyrovych ; mort en 1078
22- Sviatopolk_ petit-fils de Iaroslav, fils de Iziaslav, Grand Duc de Kiev , mort en 1078.
23- Dazhboh, dieu slave pré-chrétien, “ Les petits-fils de Dazboh ” signifie le peuple Rus.
24- Sviatoslav III Vsevolodovych_ Gand Duc de Kiev. Il vainquit Kobiak en 1184.
25- Les Habitants des pays maritimes, le long de la côte sud de la mer Baltique, entre l’Oder et l’Elbe.
26- Plines’k, Kysan_ une Forteresse et une rivière en Halychyna.
* L’auteur parle ici du père d’Ihor Sviatoslav ( mort en 1164) et de son grand père Oleh (mort en 1115).
27- Les Goths furent en Crimée du Ivè au XVIIIè siècle.
28- Les Goths tuèrent le Roi slave Bus à la fin du Ivè siècle
29- Sharokan’_ Prince Polovtsian.
30- Iaroslav de Chernihiv ( mort en 1198)
31- Mohuts, Tatrans, Shelbirs, Topchaks, Rehuvas, Olbirs_ tribus des terres Chernihiviennes.
32- Prince Vselovod l Grand ( mort en 1212) Prince de Suzdal’_ En 1177 il détruisit la ville de Riazan avec l’aide des Polovtsis et en 1185 il voulut envahir le territoire Sivérian. Le trône de son père, la ville de Pereyaslav.
33- La Campagne de Vsevolod : 1182-1183.
34- La Campagne de Vsevolod en 1198
35- Fils de Hlib_ Iziaslav et Volodymyr, Princes de Pereyaslav ; ils étaient les vassaux de leur oncle Vsevolod de Suzdal’.
36- Riuryk et Davyd_ Fils de Rostyslav, Grand Duc de Kiev ( mort en 1167). Ryurik ( mort en 1215) gouverna la province de Kiev conjointement avec Sviatoslav Vsvolodovych. Davyd ( mort en 1197) fut Prince de Smolens’k.
37- Iaroslav d’Halychyna (mort en 1187) beau-père d’Ihor.
38- Roman et Mstyslav_Princes Volynian.
39- Guerriers slaves venant de la côte sud de la mer Baltique, Ukrainiens et les autres.
40- La campagne du Prince Romanen 1196-1198
41- Ce fut en 1195-1196 après les guerres féodales entre les Princes Rus’ et les Princes qui soutenaient Vsevolod de Suzdal’.
42- Princes de Luts’k.
43- Iziaslav, fils de Vasyl’ko_ Prince des terres Polots’kian
44- Iaroslav de Novhorod la Grande (depuis 1199) ; il était en conflit avc les Polochans en 1198.
45- Princes de Polots’k.
46- Vseslav de Polots’k ( mort en 1101) défendait sa principauté et finalement gagna en 1071.
47- Vseslav était le Grand Duc de Kiev en 1068.
48- Trident_ symbole héraldique de la Dynastie des Riury’k, aujourd’hui emblème national de l’Ukraine.
49- Khors Dieu slave pré-chrétien.
50- Voir numéro 6
51- Iaroslavna _ femme d’Ihor, fille de Iaroslav de Halych. Elle se maria en 1067 ou 1068 et eût 5 fils
52- Ovlur_ un Polovtsian, domestique d’Ihor.
53- Rostyslav_ Frère de Monomakh. Il fut noyé en 1093 quand les Polovtsi vainquirent les troupes Rus’.
54- Falconet_ “ Volodymyr ” fils d’Ihor, Il s maria à la fille de Konchak’ et retourna chez lui en 1188.
55- Boyan invita Oleh sur le trône de Chernihiv en 1094.
56- Ihor Sviatoslavych devint le Grand Duc de Kiev ( conjointement avec Riuryk Rostyslavych) en 1188.
57- Borychiv_ une route de Kiev qui la relit aux collines, “ la ville de Volodymyr ”. Sur cette route Les Slaves et leurs anciens dieux sont descendus sur la Dniepr en 988. C’ets sur cette même route que Ihor est venu pour s’asseoir sur le trône de Kyvan en 1188.
58- Pyrogoshcha_ Une sainte icône qui est devenu le symbole de la nouvelle Ukraine-Rus’ au XIIè siècle, dans la période post-impériale. Il semblerait qu’il signifie “ le Fier sacrifice ”.