IV.MYSTIQUE ET RELIGION.

Il convient de souligner que les populations de la campagne ont toujours été trop peu éclairées pour concevoir dans toute leur pureté les éléments du dogme chrétien enseigné par les livres saints. Dans les provinces du Centre on a longtemps soulevé cette question : « le Limousin a t-il vraiment été christianisé ? »
Bien sûr, l’idée d’un Dieu invisible trônant dans un ciel lointain, maître du passé, du présent et du futur, ne peut être clairement comprise et n’en est pas moins perceptible, elle reste toujours en veilleuse dans le cœur des paysans.
D’un autre côté, ce sont toujours les principes de la morale chrétienne qui règlent la conduite des individus et des familles. Il est admis par la majorité des habitants qu’au cours de son « passage » sur la terre les différentes étapes du destin de l’homme doivent être marqué par un acte religieux. Même si parfois certaines pratiques apparaissent emprunt de paganisme, beaucoup d’autres sont rigoureusement conformes aux principes liturgiques de la religion chrétienne : le jeune, les prières l’abstinence etc…
Mais malgré tout il faut tenir compte, du caractère des habitants, de l’insuffisance du clergé, de raisons politiques, de l’introduction de fêtes profanes… Il faut noter que dès le début du XX ème siècle contrairement à une idée reçue, le christianisme dans cette région était déjà en voie de recul, les églises étaient moins fréquentées, certaines processions commençaient à être supprimées, faute d’être suivie. Déjà en 1900 la courbe a commencé à fléchir, elle était à un niveau de participation inférieur à 10 % . Même si les hommes allaient encore aux messes de la Nativité, à l’adoration du jeudi Saint, et à l’office de Ténèbres, en 50 ans chacun s’est mis à rester chez soi pour vaquer tranquillement a ses affaires courantes, car un reste de respect envers les usages d’autrefois commande de n’entreprendre ces jours-là aucun travail nouveau ou important.

Nilfheim