IV.I CONSCIENCE ET PRATIQUES RELIGIEUSES.

Participations

Communion pascale.
Depuis son catéchisme, le paysan sait que l’Eglise lui ordonne de communier, à partir de l’âge de raison, au moins une fois chaque année aux temps de Pâques. Mais là encore sauf cas très exceptionnels, ce commandement n’est plus respecté depuis près de deux siècles pour les hommes et depuis la guerre de 1914, pour les femmes. Même si au milieu des années 50, il y a eu un revirement d’attitude chez les jeunes avec les mouvement catholiques de jeune tels que la J.AC.

Les offices, les processions.
En dehors de quelques villes où sont maintenues les anciennes confréries dont l’objet est de veiller à la conservation des reliques et dont l’activité se manifeste surtout à l’occasion de la célébration des Ostensions, cette participation est, en effet, nulle. D’ailleurs la plupart des anciennes processions autrefois très suivies comme celle des Rogations et de la Fête-Dieu ont été depuis longtemps supprimées ; celle très rares qui subsistent ne se font plus qu’avec le concours des mouvements de jeunesses : scouts, jacistes etc. …

Vertus chrétiennes des habitants.
Si les habitants du Limousin n’ont jamais fait preuve d’une grande ferveur religieuse dans leur assistance aux offices religieux, on ne saurait leur retirer la pratique des vertus chrétiennes telles que celles d’assistance et de charité, ni la correction de leurs mœurs. On peut lire dans la Statistique de 1808 :
« Quoiqu’ils soient excessivement économes, cela ne les empêche pas d’être charitables et hospitaliers ; dur envers eux-mêmes, ils sont honnêtes envers les étrangers, ils savent apprécier le bien qu’on leur fait, la moindre prévenance les porte à rendre tous les services qui dépendent d’eux.
» Dans les campagnes les familles se soutiennent dans leurs grands malheurs ; les orphelins sont reçus chez leur parents et sont traité comme les enfants de la maison.
»Il se commet dans ce pays peu de crimes atroces ; les grands vols y sont rare ; on n’y connaît que quelque fraudes et les petites friponneries. »

Comme dans beaucoup d’autre province l’hospitalité était franche et accueillante, le maître ou la maîtresse de maison invitait volontiers l’hôte de passage à « prendre quelque chose » et même à partager le repas de famille.
On ne connaissait pour ainsi dire pas les « unions libres » considérées comme « malhonnêtes », l’institution du mariage était une chose sacrée et les enfants étaient élevés et éduqués dans le respect de leurs aînés…

Nuances du catholicisme limousin.

Bien que par définition le catholicisme soit universel, on peut parler d’une nuance régionale.
Les paysans se faisaient une conception bien à eux des « âmes en peine » et de l’Au dela, un autre aspect peut être souligné à la place qu’ils ont réservée au Ciel à la Vierge et aux Saints.

La Vierge.
Depuis le Moyen Age, vit naître en Limousin la dévotion à Marie, la place prise par la mère de Dieu dans le cœur des paysans est telle que l’on peut se demander si parfois sa personne n’éclipse pas celle de Jésus, son divin fils.
En Limousin où les pratiques païennes étaient si profondément enracinées, elles est devenue ainsi non seulement la « Reine du Ciel » mais aussi un personnage surnaturel de type païen, en quelque sorte elle faisait office de « Reine des fées ».
Cependant alors qu’aux déesses mères se sont substituées dans le folklore des génies féminins hostiles et cruels, l’image de Marie nous est parvenue entourée de ce halo de tendresse et de charme, avec lequel les artistes et poètes du Moyen age se sont plu à la représenter, pour mieux la faire aimer.


Les Saints.
En Limousin le culte des saints est fort nombreux, la vénération de leurs reliques peut être regardée comme la continuation des pratiques en usages lorsque la terre était encore peuplée de divinités représentant les forces protectrices de la nature. On peut effectivement voir l’ampleur des superstitions envers les saints protecteurs de certaines paroisses : les ex-voto, les offrandes de pains et de pièces de monnaie que l’on jette avec dévotion dans les fontaines…

Nilfheim