III.IV.SUPERSTITIONS – PRESAGES – TALISMAN.
Superstitions.
Aux sortilèges et pratiques magiques de toutes sortes
qui tenaient une grande place chez les paysans, il faut ajouter, les croyances
imaginaires nées des instinct naturel de l’Homme plongé encore
dans l’ignorance. Malheureusement il est difficile d’en dresser un catalogue
exhaustif, car malgré tout, déjà en 1900, les progrès
de l’instruction avaient démystifié beaucoup de phénomène
considéré dès lors comme inexplicable…
Dans la plupart des cas on retrouve quelques unes de ces superstition dans
les vieux almanachs…
Superstitions relatives au feu.
Il ne fallait pas jeter d’eau sur le feu pour l’éteindre car cela attirait
toutes sortes de maladies sur la maison. On laissait les tisons se consumer
entièrement, en prenant soin de recouvrir de cendre cinq ou six braises
que l’on retrouvait le lendemain, pour rallumer le feu.
Il ne fallait pas prêter du feu au voisins le jour où l’on se
rendait à la foire, ni le jour où on devait semer.
Faire brûler du sureau faisaient crever les poules.
Laisser le trépied sur le feu sens dessus dessous risquait de faire
mourir un homme dans la maison.
Quand on balayait la maison, le soir après le repas, les balayures
ne devaient pas êtres jetées à la rue mais brûlées
au feu. Si le feu était éteint, on en faisaient un petit tas
qu’on laissait provisoirement derrière la porte.
Si l’on prenait le feu dans une maison d’une nouvelle acouchée, l’enfant
devenait chassieux.
Si l’on grillait des châtaignes avant la Sainte-Catherine, le feu du
ciel consumait tous les châtaigniers.
Superstitions relatives à la mort.
En revenant d’un enterrement il fallait se laver les mains et ne jamais rentré
directement chez un voisin, car il aurait risqué de perdre un des siens
pendant l’année.
Beaucoup de personnes s’imaginaient qu’elles devaient mourir de la même
maladie et au même âge que leurs parents.
Superstitions relatives au pain.
Tourner le pain à l’envers apportait la discorde dans la maison ( co
deviravo lo meijou ) ; d’autre disaient que les petits démons
dansaient sur la sole de la tourte, ou alors le diable danse sur le toit de
la maison.
Quand on trempait du pain dans du lait, ce pain ne devait pas être coupé,
mais brisé, sinon les bêtes qui avaient fourni le lait ne tardaient
pas à avoir leurs mamelles pleines de gerçures qu’en patois
on appelle « tranchées » (tranchadas)
Quand un voisin vous avait prêté du pain, on ne devait pas le
rendre mais attendre qu’il vienne le chercher, prétextant qu’il en
avait besoin.
Superstitions diverses.
En général on ne devait pas atteler ses vaches à la charrette
ou au tombereau d’un voisin. Si on avait été contraint de le
faire, il fallait dès qu’on l’avait dételé, aller emprunter
un sous au propriétaire et ne jamais lui rendre la pièce.
Une étincelle qui brillait sur la mèche d’une chandelle allumée
indiquait une visite pour le lendemain. Un saignement de nez avait la même
signification.
Une étoile filante représentait une âme qui quittait la
terre.
La chemise des hommes francs se lavait aisément ; au contraire
il fallait frotter longtemps et énergiquement pour faire disparaître
la crasse des hommes fourbes.
Présages.
La divination a toujours été une des superstitions les plus
profondément ancrées. On cherchait des présages dans
la vue ou le cri d’une personne ou d’un animal, une rencontre inoponée,
etc…etc…
_ La vue d’une pie : la vue d’une seule pie en train de picorer était présage de malheur : quelqu’un de la famille ne tarderait pas à mourir. Par contre deux pies annonçait un mariage, trois pies à la fois, il y aurait bientôt un baptême.
_ La vue d’une sauvagine : lorsqu’un lièvre, une belette, ou une petit animal sauvage venait à croiser votre route, c’était de mauvaise augure. Si l’on était en route pour conclure une affaire importante, il valait mieux faire demi tour.
_ Vue d’un loup : Si un loup croise notre route, cela portait bonheur…
_ Vue d’une femme en train de se peigner : Quand on partait pour la chasse ou pour la pêche, si par hasard, on apercevait une femme en train de se peigner, on reviendrait bredouille. Pour lever le charme, il fallait s’approcher de cette femme et lui demander une épingle. Ainsi on gardait toutes ses chances de succès.
Amulettes, talismans.
Le paysans du Limousin ne portait pas d’amulette comme le font les « sauvages »
et les musulmans. Cependant il ne manquait pas de suspendre au cou de son
enfant, afin de le préserver des maladies et des sortilèges
des sorciers un sachet rempli de sel ou de poil de bouc. Si l’enfant était
encore au berceau, ces sachets étaient remplacés par un « pied
d’élan » (ped d’elan).
Les objets porte-bonheur sont les mêmes que l’on retrouve un peu partout
en France : la corne gauche d’une lucarne ou cerf-volant, un morceau
de corde de pendu et une queue du petit lézard gris.
Pour se protéger de la morsure des chiens enragés, il fallait
se munir d’un morceau de pain bénit et le lancer à l’animal
qui cherchait à vous mordre.
Dans certaines commune, les parents concervaient un morceau du cordon ombilical
de leurs garçons nouveau-nés et, lorsque ce dernier allait tirer
au sort, ils le lui cousait dans sa chemise afin de lui permettre de tirer
le bon numéro.
Une chauve-souris vivante cousu dans la poche porte bonheur, le grillon porte également bonheur dans lequel il est installé…
Nilfheim