III.MAGIE ET MEDECINE POPULAIRE.
La magie remonte aux origines de l’humanité. L’homme
primitif a dû concevoir la nature comme une série de manifestations
individuelles et capricieuses ; il plaça un génie , une
divinité dans chaque phénomène et il se représenta
la matière comme gouvernée par ses esprits crées par
son imagination.
Dès lors pour agir sur ces phénomènes naturels, il s’efforça
de se concilier les génies qui les produisaient. De même que
l’homme religieux tenta d’obtenir le concours de la puissance divine par des
prières et des conjurations, l’homme primitif essaya d’obtenir celui
des génies de la nature par des charmes, des formules, des conjurations.
La sorcellerie est sœur cadette de la magie et il est parfois difficile de
les distinguer l’une de l’autre tant elles sont proches. Cependant, on peut
dire que la magie a pour but de soumettre les puissances naturelles à
la volonté de l’homme, et la sorcellerie dont e caractère est
plus grossier, se borne le plus souvent à amener l’intervention de
génies malfaisants ou des démons pour provoquer la maladie et
la mort, des ennuis de toutes sortes et quelquefois l’amour.
Avec l’apparition du christianisme qui ne connaissait plus qu’un Dieu unique
et maître souverain sur toutes choses, un conflit devenait inévitable
entre les fidèles de cette nouvelle religion et les pratiquants de
la sorcellerie qui continuaient à se comporter vis-à-vis des
forces naturelles comme si elles étaient habitées et gouvernées,
par des génies propres à chacune d’elles. Ce conflit qui sembla
latent pendant les premiers siècles de la christianisation, atteignit
son paroxysme au Moyen-Âge. A cette époque la sorcellerie prit
le visage sous lequel il était encore connu dans nos campagne, il y
a encore deux siècles.
Une foule d’hommes appartenant aux classes les plus pauvres et les moins éclairées persévéraient dans des croyances qui, leurs procuraient quelques courts instants de détente et d’ivresse. C’était aussi un moyen de se venger d’une société injuste et cruelle. Car il fallait punir ce Dieu qui était coupable d’avoir donnés aux uns, l’abondance et la richesse et condamnés les autres à la misère et à la faim.
On avait conservé à peu près intactes
toutes les formules et tous les rites de la sorcellerie antique : divinations,
charmes, envoûtements, transformations en animaux. On rajoutait a tout
cela de grandes réunions régulières : le sabbat ;
où l’on reniait Dieu et on adorait le bouc cornu.
Certains pensent que la sorcellerie ne serait pas autre chose que la survivance
d’un ancien culte d’un dieu cornu existant depuis le paléolithique
dans toutes les mythologies de l’Europe occidentale, centrale, oriental, ainsi
que du Proche-Orient. En France on connaît ce dieu vénéré
par les gaulois sous l’appellation romaine « Cernunnos »
(celui qui porte des cornes).
Mais la magie et la sorcellerie ont conduit, par la force des choses, ceux qui les pratiquaient à l’exercice, sous une certaine forme, de la médecine…
Nilfheim