I.VI.FOLKLORE DU CORPS HUMAIN

Croyances relatives à la nudité.
Il n’y avait pas seulement de la pudeur dans ce sentiment de crainte que les hommes et les femmes de la campagne éprouvaient à se montrer nus, ou a y être surpris. Le fait pour les enfants d’assister couramment à l’accouplement des animaux, de connaître les motifs et les conséquence de cet acte, faisaient que les paysans savaient grossièrement ce qu’était le sexe. On peut dire que l’union d’un homme et d’une femme n’étaient qu’un demi mystère, ils ignoraient que le côté sensuel. Mais cela ne justifiait pas cette résistance à dévoiler son corps devant une personne étrangère.

Ce qui « retenait » les gens se trouvait dans une autre crainte. Un homme nu est un homme désarmé. Surpris, alors, dans cette situation par un sorcier ou un jeteur de sort, il ne peut absolument rien faire et se trouve complètement à sa merci.
Car pour se défendre, le paysan dispose d’amulettes et de talismans soigneusement dissimulés afin que le sorcier ne puisse en neutraliser les effets, il lui font donc des vêtements qu ‘il ne doit pas quitter…


Croyances et superstitions relatives à la chevelure.
Eugène le Roy rappelle dans le « Moulin du Frau » qu’autrefois « les filles du Périgord n’aimaient guère à se laisser voir sans coiffure ; il leur semblait que d’être vues nu-tête, ça n’était pas bien honnête ».
Cet usage était connu aussi dans le limousin, mais il semble qu’il concernait exclusivement les femmes en deuil.
En ce temps-là on portait encore la mante noire avec capuchon que l’on appelait lo capôto, et pour celle qui était en deuil, même les plus jeunes, il était correct de ne sortir que la tête couverte du capuchon.

Il s’agit d’un usage très ancien et à peu près universel que beaucoup d’ethnographe ont remarqué. Ils ont constaté que lorsqu’il y’ avait un deuil dans famille, les membres survivants avaient coutume de traiter leurs cheveux contrairement à la manière dont ils les traitaient d’habitude :
Si on les portaient courts, en temps de deuil on les laissait pousser ; s’ils étaient l’objet de soins assidus et d’ornements, on les négligeait poiur les laisser devenir incultes. Dans la Grèce classique : les femmes qui portaient les cheveux longs se les coupaient ; les hommes qui au contraire, avaient l’habitude de les couper, se les laissaient pousser. Ils en ont déduit que depuis longtemps et à peu près partout, les cheveux ont été mis en rapport avec la force et la vie ( le mythe de Samsom). Dès lors les cheveux ont pris une place de plus en plus importante dans la vie sociale. Sous les premiers rois francs, les hommes libres portaient les cheveux longs alors que les serfs les avaient courts. Dans les anciennes ballades flamandes, la jeune fille ( où plutôt la vierge) portait
les cheveux long flottant sur les épaules, Grimm ayant relever dans l’ancien droit germanique l’expression « in capillis esse » a pu montrer qu’elle était synonyme de « in virginitate esse ». Couper les cheveux à une jeune fille présentait donc un caractère infamant. On a pu voir d’ailleurs renaitre cette coutume au moment de la Libération lorsqu’on tondait les femmes…
L’opération consistant à cacher ses cheveux, constituerait sûrement, a une transformation ultérieure de l’ancienne pratique qui consistait à les couper.

Voici quelques superstitions relatives au cheveux :
_ On ne doit pas se peigner devant un étranger.
_ Il faut brûler ses cheveux lorsqu’on les coupe et ne pas les jeter, car un sorcier pourrait s’en emparer et donner un sort.
_ beaucoup de guérisseurs établissent leur diagnostic d’après un examen de cheveux.
_ On dit aussi que lorsqu’on jette un cheveux à l’eau il se change en serpent.

Le commerce des cheveux.

Autrefois, on pouvait voir dans les foires, à l’occasion des fraieries importantes, un individu juché sur une grande charrette bâchée, portant au cou une grande paire de ciseaux et criant : « Piaus ! Piaus ! Piaus ! » (Cheveux ! cheveux ! cheveux !). C’était le marchand de cheveux. Il avait a coté de sa charrette, un banc chargé de toute sortes de vêtements.

Nilfheim