Entretient w/ Mrik 

1 – Hail Sperm S. ! Comment vas-tu ? La promotion du split cd CAVATICUS / CHAROGNE / BRUME / VOTUM MORTIS se passe-t-elle bien ? Peux-tu nous présenter brièvement ces 4 formations ?  

Fukking Hell’z kamarade ! Nonobstant le fait qu’en cette heure vespérale mon esprit ne peut une fois de plus échapper à la contemplation inquisitoire des spasmes révulsant de ce monde en proie à la souillure; Que mes encéphales en bouillie et ma carcasse ravagée tentent à même le souffre d’un nabuchodonosor mirabelle / aspirine de consommer les restes d’une orgiaque célébration de solstice hivernal à en désanusser les icônes les plus vénérablement décadentes de l’Empire romain de l’époque faste ; Et que chargé ras la gueule d’une insondable rage à la pensée d’avoir entendu périr impuissant ma tape de Cryfemal dans les entrailles de mon matériel de l’ère communiste, je me plonge malgré tout avec fierté et la tête haute dans cette interview…. Alors, l’on peut dire que cette veillée n’est pas la pire que j’ai connu.

A dire vrai, il n’y a eu aucune réelle promotion de +++ Manipuler, Terroriser, Détruire +++, la diffusion de flyers ayant été plus que maigre et les copies promos envoyées pouvant se compter sur les doigts d’une main…Il s’agissait surtout d’entretenir une certaine symbolique de coopération et de respect mutuel, d’abord entre les groupes y ayant participés, mais également à l’égard de celles et ceux qui nous soutiennent et de certains activistes de la scène que nous estimons sincères, droits dans leur démarche et avec qui nous partageons depuis déjà bien des lunes certaines vues et convictions. Nous avons opérés à notre échelle à même les arcanes de Resistancia U.G.et, je dois dire que, sold-out un peu plus d’un  mois après sa sortie, je reste encore subjugué par l’accueil reçut !    
Les maniaques s’étant procuré ce split, et que je salue au passage pour leur soutient, ont pus s’imprégner de Cavaticus, entité pratiquant un Raw Black craspec ayant déjà enfanté trois démos et fonctionnant sur les bases du duo Eriogerg (guitares) & Tioneb (percussions, vokills) ; Des premières semences de Charogne, projet orienté Black/Death mené par Yiskandar (vokills & Bàr) et moi même (guitares) ; Brume, one man band de Herr Nilfheim officiant dans un registre Pagan Black cru, dépouillé, parfois quasi militariste ; Et enfin, Votum Mortis qui est mon suicide auditif personnel.
 

2 – Premier constat : cette split démo est vraiment loin d’être minable et devrait ravir un bon nombre d’adeptes de la noirceur. Mais pourquoi avoir choisi de limiter l’objet à 40 copies seulement ? Tu ne trouves pas que cette démarche puisse priver certaines personnes ?  

Effectivement la démarche s’avère être relativement privative dans la mesure où il ne se passe pas une semaine depuis l’épuisement total des copies sans que je ne reçoive un mail me demandant s’il n’en reste pas, à tout hasard, quelques exemplaires oubliés dans la rance crasse de mon antre. Beaucoup s’accordent également à dire que la pièce, au vu de son contenu, aurais méritée de  bénéficier d’un plus gros tirage mais, il en a été décidé ainsi ; D’une part parce que +++ Manipuler, Terroriser, Détruire +++ incarne pour nous un témoignage très intimiste d’entités en cours de maturation, les prémices d’assauts futurs plus consistants ; Ensuite car, comme à l’accoutumée, nous agissons et créons avant tout pour nous, notre insatiable besoin et que, même si c’est toujours un réel plaisir de partager nos déjections avec les maniaques copieusement burnés, motivés et convaincus constituant le substantifique cercle de nos soutiens, contacts et kamarades, nous n’avons aucunes prétentions ou motivations expansionnistes ; Enfin, car une telle confidentialité nous à permit d’éviter tout dégazages  massifs de gothopoufs et autres candides terrines de gelées d’eunuques arrivistes…           
3 – Si le split venait à engendrer moult réactions enthousiastes, est-ce qu’une réédition serait envisageable ? Ou bien tu tiens vraiment à conserver cet aspect « culte » du fait de son faible nombre de copies ? 

La réédition ne fait pas partie de ma vision des choses et s’impose comme contraire à ma «  politique » d’autant plus que, dicté par des intentions bien souvent inavouables, cela n’apporte généralement, et à mon sens, rien de bon … En témoigne l’affaire actuelle des bootlegs de Mütiilation sortis à l’effigie des anciennes releases de Drakkar Prod et, la grossesse nerveuse d’Ordealis en découlant pour exemple…Même sous la torture, entre les mains d’un gang d’octogénaires fétichistes désireuses de faire de moi le protagoniste d’un nouveau chapitre des Guinea Pig, m’infligeant l’écoute des coffrets de Misanthrope, Furia ou je ne sais quelles autres daubes et, menaçant de m’arracher les couilles au pistolet à clous pour se les faire en infusion, je resterais ferme. En somme, non, aucun repressage du Split n’est à espérer, quelques tracks seront tout au plus réutilisés dans le cadre de compilations. Le terme « culte » est pour sûr exagéré dans notre cas et de ce fait une telle démarche relèverais de surcroît du pur luxe, il n’en demeure pas moins que je tiens à ce que la chose conserve son aspect unique, ne serait ce que par respect, honnêteté et droiture à l’égard de celles et ceux s’y étant intéressés en temps voulut.  

4 – Venons-en à la partie VOTUM MORTIS. Tu pratiques un art très sombre en jouant sur la dysharmonie. Comment définirais-tu la touche VOTUM MORTIS ? Quelles sont tes influences musicales ? 

Question relativement difficile et hasardeuse d’autant plus que je conçois cette première ébauche comme un crachat fielleusement égoïste façonné à l’image d’une maigre et très particulière époque de ma funeste existence... Votum Mortis est avant tout le reflet de ma personnalité, de mes intrinsèques ressentis. En substance, je pense que l’on peut y percevoir une intransigeante propension à la dissonance, au malaise se voulant probablement être le vecteur d’un profond dégoût, de mes impalpables aversions, d’irrationnelles et autodestructrices errances au cœur d’inavouables pensées difficilement restituables par de simples mots ; Et, de profondes envolées mélodiques incarnant certaines tenaces et viscérales servitudes nostalgiques, certains abandons d’une mélancolique rancœur frisant le désespoir et dans l’aspect auguste desquelles se terre une partie de mon code de valeurs… Mes pulsions de haine et de cruauté en trame de fond omnisciente.  
Plus difficile encore me serait le descriptif de mes diverses influences car, au-delà du fait que j’aspire à enfanter quelque chose de personnel, je m’abreuve d’Art Noir en permanence, qu’il s’agisse de Black Metal ou de Dark Ambiant, de Death Metal ou d’Indus, de Grind ou de Neo Folk, de Thrash ou de Noise. En même temps, il est clair que je ne conçois pas un instant un groupe se revendiquant d’aucune influence mais, dans mon cas, je préfère laisser la tâche du descriptif aux personnes daignant coller une oreille sur mes déjections et ayant plus de recul. Selon les quelques retombées reçues, certain(e)s ont décelés en V.M. du Blut Aus Nord, du Forgotten Tomb, du Crystallium, du Seigneur Voland,  du Darvulia, du Mütiilation… que sais je encore. Tout cela est très élogieux mais je ne prétends pas à de tels honneurs.
 

5 – Quel regard portes-tu sur les 3 autres formations qui partagent ce split cd ? 

Les trois autres formations polluant mon air sur cette putain de galette ne sont que d’insignifiants endomorphes, de sombres résidus de bandes mous et autres peines à jouir sans convictions s’étant offertes le luxe de ma noble présence pour mieux exporter leurs fadaises métalliques acidulées et mainstream !           
Plus sérieusement, je reste indécrottablement fier de ce split, pas tant pour sa stricte substance auditive que pour le sentiment d’union, de coalition spirituelle qu’il dégage… son homogénéité dans le combat. Que dire de Cavaticus et de son Art Noir semblant être le fruit crasseux et damné d’une putassiére copulation entre le spectre des Black Légions et l’essence déchue de la vieille scène scandinave, de cet art de vie et de mort inflexible suintant en toutes les pores du havre intemporel qu’est le Sardellois ? De Brume et de cette rustique intransigeance si typique à Herr Nilfheim, de son hermétique et sylvestre introspection au cœur du terreau ancestral ? Du sang versé par Herr Yiskandar à mes cotés dans la division Charogne, de cette hargne et violence interne effroyable vomie avec individualisme ? L’objectivité viendrait presque à me manquer car, bien au-delà de ces simples projets se terrent des personnalités fortes, sincères et convaincues aux cotés desquelles je ne peux que marcher la tête haute. J’en profite au passage pour saluer celles et ceux qui constituent la partie immergée de l’iceberg mais, qui demeurent tout aussi actifs.
 

6 – Envisages-tu un jour d’enregistrer un album sous le nom de VOTUM MORTIS ? Quels sont d’ailleurs tes projets à venir ?  

La perspective d’un album ne saurait me convenir car, à mon sens, bien trop proche des structures officielles et d’un certain consumérisme mercantile et carriériste. En revanche, à échelle du Hate Korp, de ses préceptes autarciques et de sa vocation élitiste, il est clair que les deux tracks déféqués à l’occasion du Split Cd-r ne sont que les premières pierres d’un édifice. Je n’aime pas précipiter les choses, préférant me laisser aller à un processus de création sporadique obéissant aux instincts et pulsions, mais, je peux d’ores et déjà te dire qu’une démo prend peu à peu corps. Quelques embryons sont actuellement en gestation reprenant, exacerbant les bases des gemmes nauséeuses déjà posées et les enrichissant d’ailleurs de quelques touches Indus / Dark Ambiant. Cette pièce abjecte devrait voir le jour courant 2005 mais, pour l’heure impossible d’émettre la moindre date d’autant plus que cette nouvelle année s’annonce chargée pour notre kamp entre le split Cavaticus / Zarach’ Baal’ Tharagh’ planifié pour début février, la sortie d’une double compilation Cd-r Quebeco-Gauloise sous notre bannière, l’avènement de la première démo de Gladsheim (second projet de Skoll (Svart Hat) où je devrais d’ailleurs faire une brève apparition à l’occasion d’une reprise qui, pour sûr, fera couler de l’encre chez les culs tendus et autres pissent froid qui polluent notre scène), de Ninib (one man band d’Eriogerg de Cavaticus), de Ruine (projet Black/Death de Verrukose Urethra, à la croisée d’Angel Corpse, The End 666 et Conqueror) ; La préparation de la première souillure de Kravash (entité Black/ Indus SM réunissant Latex Kult & Verrukose Urethra à laquelle je devrais apporter ma contribution et qui risque fort de faire gerber nombre de fiottes misogynes du milieu), de Brume, Charogne également… Tout cela sans compter la version papier de Resistancia Underground et mon intégration au sein de Cavaticus aux vokills…. Un calendrier à en perdre sa chibre comme tu peux le constater ! 

7 – VOTUM MORTIS est une locution latine qui signifie « vœu appelant la mort »… Comment interpréterais-tu cette locution ? Le latin a toujours eu une connotation religieuse du fait de son côté solennel : considères-tu le Black-Metal comme une religion ?  

C’est exact, « vœu appelant la Mort » ou plus simplement « désir de Mort »… Outre les pulsions, fascinations morbides et maladives qu’elle transcende en mon esprit, dans le contexte de Votum Mortis, cette locution incarne ma négation sans détours du médiocre, de la bassesse, de l’indignité, du pathétique, du lamentable que nous déverse chaque jour un peu plus la masse, mon dégoût de cette mascarade illusoire, superficielle et écœurante où l’animal humain s’est de lui-même couronné souverain et, mon ardent  désir de la contempler s’effondrer sous le poids de ses inconsistantes conventions, de ses nauséabonds protocoles et inutiles dogmes.   
Il est vrai que si cette langue morte de part ses références au passé, son mysticisme et la forte odeur de terroir qu’elle véhicule convient très bien au Black Metal, elle n’implique pas moins des connotations religieuses, pour autant, je n’aime pas estampiller le Black Metal au rang de religion, ce serait, à mon goût, effleurer de bien trop prés l’emprise des trois sœurs. Seuls certains groupes tels que Watain, de part une optique mûrement  réfléchie et véritablement subversive, peuvent réellement revendiquer une démarche religieuse en évitant les incontournables clichés ayant déjà enfermés bien des combos dans des carcans, au final, en parfait accord avec le jeu des préceptes monothéistes. Je préfère parler, de part l’immersion passionnelle que l’Art Noir suppose, de culte de façon plus neutre et propice au souffre. Evidemment, il ne s’agit que de mon opinion et, comme le dit souvent mon kamarade Nilfheim, c’est la confrontation des opinions et vues diverses qui fait avancer l’underground. 

8 – Quand et comment as-tu découvert le Black-Metal ? Quels sont les premiers groupes que tu as écoutés ? Les premiers disques achetés ?  

Aussi loin que je me souvienne, mon addiction remonte désormais  pratiquement à une décennie. Elle fut le fruit logique d’un périple chaotique et tortueux qui prit naissance quelques années plus tôt en la délectable satiété que me procurèrent - veste à patches chargée ras la tronche, futal moule gode rapiécé & rangeots maculées, copieusement sanglés- mes mises en abîmes progressivement Heavy, Thrash puis Death Metal. En ces ages reculés où les œuvres de Madien, Voivod, Slayer, Sodom, Autopsy, Carcass, Napalm Death, Kreator, Megadeath, Coroner, Repulsion, Motorhead, Cannibal Corpse, Morbid Angel, Venom  etc…. me procuraient nombre de poussées phalliques à en effleurer le Walhalla la découverte de Burzum, Blasphemy, Darkthrone, Immortal, Bathory ou, Conqueror s’imposa à moi tel un véritable choc me plongeant en des sphères dont, sans pour autant renier mes références passées, je ne sortit plus. Plus que jamais l’Art Noir transpira de ces convictions fortes, de ce combat et de ce mode de vie que j’estimais également être miens.

A mon sens, toute immersion dans les arcanes du milieu est l’œuvre d’une construction individualiste, d’une quête personnelle et, je ne peux que déplorer l’attitude des nouvelles recrues se laissant vite aller à la délation des racines du genre et n’étant pas capables de voir plus loin que l’empreinte, certes forte mais non exhaustive, des vieux groupes de la scène scandinave… 

9 – Tu participes ardemment aux activités du clan Resistancia Underground. Plusieurs démos sont déjà sorties (celles de CAVATICUS notamment), mais plus récemment, vous avez sorti la démo de SVART HAT. Peux-tu nous présenter ce groupe encore relativement inconnu mais néanmoins bourré de talent ?  

Svart Hat, en provenance du front Toulonnais, est le projet introspectif et individualiste de Skoll. Nous sommes entrés en contact il y a déjà quelques mois via notre kamarade commun AMSG (Hailz !); Ses motivations, son intégrité, son intransigeance, son assise culturelle, son sectarisme et par-là, le partage de bon nombre de convictions et vues similaires ont fait le reste, nous amenant rapidement à de fermes terrains d’entente. Son intégration au sein de la division R.U. s’étant imposée d’elle même, celui ci me fit concomitamment parvenir ce qui allait devenir « A Prelude To The End ». Une première écoute me suffit pour voir mon foutre perler face à une telle spontanéité, une telle aptitude dans l’art d’enfanter avec force noirceur et malaise ; Mon sang ne fit qu’un tour et, c’est tout naturellement que ce premier carnage vit le jour sous notre bannière faisant par la même occasion pénétrer Svart Hat dans les rangs fermés et hermétiques du Hate Korp.

Une vertigineuse abstraction privilégiant le fond à la forme, un atroce maelström émotionnel confinant la substantifique moelle du souffre primordial en ce qu’il a de plus malsain et impalpable, puisant en les tréfonds des plus obscurs recoins pulsionnels et fondateurs de l’Art Noir et, dont nous sommes fiers d’avoir permis l’avènement dans notre U.G.     
Inutile de dire que j’ai grand hâte de m’imprégner du fruit de ses prochaines pulsions d’autant plus que celles ci, même s’il est encore un peu tôt pour en parler, devraient assurément permettre de donner naissance à un Split Svart Hat / Votum Mortis.  

10 – Tu es aussi chroniqueur pour Resistancia Underground (le meilleur webzine extrême en France selon moi) et, avouons-le, tu as un style d’écriture immédiatement reconnaissable : une prose théâtrale et diantrement excessive, des expressions dithyrambiques d’anthologie, et des diatribes inégalables… N’as-tu jamais pensé à écrire un livre ? Si tu venais à en écrire un, quel en serait l’intitulé ? De quoi parlerait-il ?   

Danke Schön pour cette cohorte de compliments même si je dois bien admettre que bien souvent la raison fait place à la passion, propulsant les excès de mon verbe vers une rhétorique effrontée odieusement abstraite, un hyperbolisme métaphorique purement égoïste. Il est assez curieux que tu me poses à ton tour cette question au vu du nombre de requêtes et encouragements de ce type que j’ai reçut ces derniers mois ; Sollicitations qui nous ont d‘ailleurs, comme je l’ai laissé entrevoir plus haut, décidés à également immortaliser, de façon moins virtuelle, nos travaux sur papier. En ce qui concerne l’éventualité d’un ouvrage écrit de ma main, il m’est effectivement déjà arrivé de m’imaginer me lancer dans cette entreprise de longue haleine, mais rien de réellement sérieux jusqu’alors. Je mets d’ores et déjà ma plume à contribution pour mes lyrikz mais, peut être, si mon irrémédiable pourrissement m’en laisse le temps, m’attellerais-je un jour à la tâche et si tel est le cas pourquoi pas pour une œuvre, plus symboliquement que littéralement, intitulée Votum Mortis ; Quelque chose, un peu à la manière du fantastique « De L’inconvénient D’être Né » de Cioran, s’articulant autour d’une frénétique et massive succession de billets d’humeurs implacablement lucides, froids, destructeurs et pessimistes. Raconter une histoire mièvre et couillue, ou parler de moi-même de façon tiédasse n’aurait à mon sens aucun intérêt.   

11 – Toujours par rapport à tes travaux écrits, je trouve que tes chroniques sont souvent élogieuses, tu ne « descends » jamais un album… Alors peut-on dire que tu n’es pas difficile, ou alors que tu préfères ne pas chroniquer les « daubes » pour uniquement privilégier les œuvres qui en valent le coup ?  

Bien au contraire je suis extrêmement difficile, exigeant et puis merde, avouons le, totalement intolérant et radical lorsque l’on en arrive à certaines médiocres et lamentables souillures… Il ne saurait en être autrement au vu de mon appétence passionnelle et viscérale à l’égard de ce que je considère comme l’un des derniers mouvement d'insoumission, l'une des formes les plus parfaite d'art subversif.     
Disons simplement que R.U. a été crée avec pour seule et unique volonté, outre celle d’incarner la tribune de nos diverses activités, d’être une plaque tournante en matière de soutient et de collaboration, ne serait-ce qu’à échelle hexagonale. Sur ces bases, et je pense ici parler au nom de tout mes kamarades, nul besoin de gaspiller notre temps, notre salive et notre force de travail avec ce qui ne le mérite pas ; Nous laissons cette fange à certains autres webzines incompétents, mainstream et vénaux. Nous préférons accorder toute notre dévotion et notre appui aux groupes et diverses autres structures qui en valent réellement la peine et, en conséquence que nous respectons et apprécions pour le fond et la forme de leur activisme.

J’estime que notre scène s’embourbe déjà bien assez dans les guéguerres intestines et autres rivalités nourries à la pré pubère testostérone, inutile pour nous d’y apporter notre grain de sel. 

12 – Transition évidente et facile : quelles sont les formations hexagonales qui t’impressionnent le plus à l’heure actuelle ? Quel est ton point de vue sur notre scène ?  

Notre underground, à l’image de la riche et prodigieuse culture faisant la fierté de nos contrées Gauloises, est des plus brillant et honorable, probablement, et à mon sens, parce qu’il n’a jamais commis l’erreur de s’encroûter lamentablement en un toucher unique et impersonnel contrairement à d’autre scènes,peut être aussi parce qu’il n’a pas toujours bénéficié des mêmes facilités et acquis de ces même scènes, aujourd’hui mourantes d’ailleurs, qu’en conséquence il a du redoubler de forces et convictions pour s’imposer et, qu’il a au final su rester globalement sincère et intègre.         
Je ne compte plus les groupes dont je me suis fait adepte au fil des lunes et que je soutiens autant que faire se peut à mon échelle : Blessed In Sin, Darvulia, Blacklodge, Ases, Dark Opus, O.T.A.L., Mütiilation, T.A.O.S., Honor Pugnae, The End 666, Ad Hominem, Zarach’ Baal’ Tharagh’, L’Edelweiss Noire, Pogrom, Epheles, Reverence, Unholy War ,Cantus Bestiae, Ond Aand, Armaggedon, Nebel, Haemoth, Peste Noire, Ensamhet, Deolation Triumphalis, Nihlistic Kaos, Sons Of Fenris, Wolok, Eihwaz, Devilish Era, Fornication, Wurzburg, Searing Skull, Warfire, Warage, Krazumpath, Finis Gloria Dei, Zaghurim, Bekhira, Crystalium, Chemin De Haine, Nuit Noire, Malicious Secrets, Temple Of Baal, Faustrecht, Umbakrail, Goatlord Corp, Cairn, Hayras, The Call, Ornament Of Sin, Hell Militia…   
Un grand nombre a ici été oublié, mais, te dresser une liste exhaustive serait probablement aussi fastidieux que de chier un bloc de constitutionalité, surtout si l’on garde en mémoire la quintessence de certaines entités aujourd’hui disparues telles que Seigneur Voland,  Bael, Vlad Tepes, Nordum, Hirilorn, Kristallnacht, Belketre, Osculum Infame… ou, si l’on porte attention, rotteuse en main, à nos homologues et kamarades de Nouvelle France. 
 

13 – Ok, je vais à présent te citer quelques mots ou expressions, afin de te faire réagir sur celles-ci :  

Le fanatisme religieux :  

La gangrène de ce millénaire dégénérescent. Bien que nombre de sociologues s’accordent, dans leurs masturbations intellectuelles à penser que la maladie du siècle soit la dépression, cette dernière, dans la souffrance et le supplice, permet au moins de valablement créer. Il m’est arrivé de converser sur ce sujet avec des hommes de foi prétendant que la religion n’était pas mauvaise en soit, que tout était sujet à interprétation… Fadaises habituelles… Mais, faiblesse et bassesse étant inhérentes à l’esprit humain, je n’entrevois aucune issue viable surtout au vu de l’hypocrite climat actuel. Si je conchie l’église pour ses incohérences et opportunismes, je ne suis pas plus décidé à avoir un jour à choisir entre bouffer cachère ou me vautrer sur une paillasse vers le sud-est, or, lorsque l’on voit que dernièrement, sous prétexte de signe ostentatoire, un sapin de noël à été bannit de je ne sais plus  quelle école, il y a de quoi se poser des questions dans un pays tel que le notre. Ne parlons même pas des mouvements plus marginaux… 

L’influence de la France dans le monde :  

A échelle purement géopolitique, démographique, militaire… il ne fait aucun doute que notre Gaule ne pèse pas très lourd. Il faut chercher ailleurs pour déceler tout ce qui fait sa fierté et sa réputation à travers le globe : Son histoire dense et prodigieuse, son intarissable terroir, son folklore, son inégalable gastronomie, ses artistes présents et passés et cela dans toutes les disciplines… les Black Legion, la scène Toulonnaise…        
Sans pour autant m’improviser nationaliste et sans vouloir un seul instant me revendiquer d’un quelconque sentiment commun, il est clair que je tiens à la culture que m’a transmise ma terre natale.
 

Les élections américaines :  

La boutade de cette mourante année 2004… Un événement dicté par des rouages de peu d’expérience, viciés et fonctionnant à plusieurs vitesses. Une mascarade d’avance dévouée à la victoire d’une antimatière consanguine, dont les convictions religieuses sont probablement le fruit d’un delirium tremens persistant, propulsé par une administration pervertie à la tête d’une fédération dénuée de toute réelle histoire et culture, qui voudrait néanmoins donner des leçons à nos terres séculaires tout en y implantant leurs nauséeux préceptes. 

La route des vins en Bourgogne (eh eh) : 

Le terroir, l’un des seuls et plus grand plaisir que m’offre cette détestable survivance terrestre après l’Art Noir et le Sexe… La bourgogne… pèlerinage d’exception… Pommard, Puligny-Montrachet, Mercurey, Pouilly-Fuissé, Saint-Véran, Chablis, Corton-Charlemagne, Mazis-Chambertin, Clos de Vougeot, Crémant de Bourgogne…Ma raison s’égare… Autant de suaves et enrobés élixirs dont il convient de s’abreuver entre personnes de nobles coutumes autours de fumants gibiers,de gouleyants clacos… un split Sombre Chemin / Peste Noire ou, une rondelle de Temnozor en toile de fond ! 

Le foot :  

Je suppose que chacun fait du mieux qu’il peut pour tenter de donner un minimum de sens à sa fuyante existence… Ceux ayant hérités de cervelles de batraciens et de peu d’honneur ne sont probablement bon qu’à courir, 90 minutes durant, après une insignifiante et ridicule balle… J’ai eu une seule fois ce que certains qualifient de bible et que les profanes connaissent sous le nom de « L’équipe » entre les mains, ce fut pour éponger gerbe, sang et foutre laissés dans la couche de je ne sais plus quelle éphémère conquête nocturne. 

Le Black-Metal NS : 

Tu ne m’épargnes pas la “question polémique”… Soit… A titre personnel, je commence à en avoir plein le cul de tous ces soi-disant « true evil » à la bouffe-moi-le-scrotum tenant des discours misanthropes, nihilistes, anti-humanistes, pseudos sataniques etc.. etc… et qui paradoxalement, lorsque certaines communautés/cultures/religions se trouvent visées mouillent leurs séants et semblent avoir étés victimes de je ne sais quelles ablations testiculaires…Les discours se travestissent, deviennent consensuels et timides. Le credo du B.M. repose pourtant sur la haine la plus extrême et généralisée, mais, soudainement les vilains metal-heads sont aussi doux que des hyppies gavés aux antidépresseurs … Je ne m’en cache pas, j’écoute du NSBM et respecte bon nombre de groupes pour leurs intransigeances et leurs talents ; En même temps il est clair que cette sphère de la scène est comme toute les autres sujette à un effet de mode offrant bon lots de groupes incompétents et immatures utilisant l’étiquette NS pour vendre. Enfin, j’ajoute qu’à mon sens les groupes n’ayant que pour objectifs une démarche strictement politique où la propagation d’idéaux sociaux quasi-humanistes et puritains devraient trouver mouvements plus appropriés. Que certain(e)s ne me fassent pas dire ce qui n’a point été proféré… 

Nuclear Blast :  

Des productions de merde et aucunes convictions. Je ne vois pas l’intérêt de m’étendre sur une sombre farce opportuniste qui de surcroît n’assume même pas ses actes (cf. quasiment dix ans auparavant concernant la sortie de « Hellig Usvart » de Horde et, les événements qui s’ensuivirent..) si ce n’est pour en appeler au boycott… 

Le dernier Darkthrone : 

Je n’ai encore pas trouvé l’occasion de foutre le tarin dans les entrailles de ce dernier jet et, au vu de la teneur des albums précédents, je ne suis pas sûr de réellement le vouloir. Je ne cracherais jamais sur l’influence qu’à eu sur moi ce groupe, mais cela s’arrête avant la période «  Total Death ». La vieille scène Norvégienne est morte mais, je m’armerais d’indulgence dans le cas Darkthrone car, là où beaucoup de groupes de l’époque ont lamentablement tirés leurs révérences ou, ont retournés leurs vestes, Fenriz & N.C. semblent encore rester fidèles à leurs valeurs… Simple désaffection pour la nouvelle orientation musicale. 

Le Death-Metal :  

Le Death Metal a, dans le passé, contribué à éveiller mes premières pulsions de haine et, bien qu’en ces jours sombres, ma priorité soit incontestablement le Black Metal, son empreinte méphitique restera à jamais gravée en moi. Beaucoup de bon groupes continuent à faire leur apparition dans la scène, il est simplement dommage que le syndrome Cannibal Corpse et, certaines dégénérescences propres au Grind bassement humanistes s’avèrent être de plus en plus envahissantes. Tout comme mon kamarade Verrukose Urethra, je suis un fervent partisan de l’unification des deux scènes. 

Luc Mertz : 

Il va ici m’être difficile de ne pas te coller un pavé ! Que dire de Luc si ce n’est que je le considère comme un modèle pour la scène de part sa sincérité son, intégrité, sa passion et sa droiture ; Composantes, qui alliées à une telle longévité, sont essentielles à la survie d’un mouvement marginal et authentique tel que le notre. Via ses différents projets ses inspirations maléfiques n’ont eu de cesse d’explorer les entrailles les plus dérangées et viciées du Black Metal ou plus généralement de l’Art Noir , cela entre régurgitations outrancièrement raw et extrêmes en terme de dépouillement, de crasse laideur et de froide barbarie à en faire passer Ildjarn, Cryfemal, Beherit et Akitsa réunis pour la compagnie créole ; Et, dégorgements aussi crus et repoussants qu’hallucinogènes et fascinants qui, mêlant la pestiférée folie d’un Abruptum sous neuroleptiques et l’apocalyptique héritage de la vague « seventies – punk » la plus suppliciée, feraient, pour sur, dresser ce qu’il reste de la chibre de G.G. Allin et auraient, en une époque plus reculée, incontestablement mérités un article mémorable dans le très poétique « Suck My Ass It Smells » ; En passant par moult menus dégazages sauvages hautement nocifs poussant les substances métallurgiques les plus écorchées, les élixir indus les plus narcotiques et, les errances ambiant les plus suicidaires à d’irrationnelles orgies desquelles naquirent des rejetons si atroces que les informes générations post-Tchernobyl elles même ne sauraient les imaginer…..Libre alors à chacun de se laisser endoctriner mais dans tout les cas, il est des choses qui se respectent.... Soulignons qu’à supposer que Luc dépose un jour les armes, ce dont je me permet avec plaisir de douter, les délateurs auront encore du souci à se faire puisque, Ewe, le projet de sa fille vient il y a peu d’enfanter une première démo vivement recommandable à tout les adeptes de Dark Ambiant morne et funèbre ! Soutient Total ! 

La transhumance des cloportes en Mésopotamie : 

Foutredieu ! Il faudrait au moins un double doctorat en archéologie et en l’étude des oniscidés pour clairement élucider ce phénomène de société. Peut être que, faisant partie de cette fange d’êtres obscurs et mal-aimés en perpétuelle proie aux ténèbres et superstitions, ces impies mollusques présageant l’avènement d’une nouvelle ère obscure ont sentis venir le moment pour leur peuple de s’en retourner aux forces abjectes que l’on ne peut nommer et, pour se faire quelle destination plus appropriée, que les terres gorgées de maléfices et de chaotiques légendes croupissant entre les remous du Tigre et de l’Euphrate ?

14 – Ok, je crois qu’on va s’arrêter là cher ami !! Je te remercie pour tes réponses loquaces et divinement exubérantes ! Vive VOTUM MORTIS ! Je te laisse le mot de la fin…    

Gloire à Toi kamarade Lorrain pour ton soutient via cette très fournie et intéressante interview à laquelle j’ai prit  plaisir foutrique à répondre et qui, au vu du respect que j’ai pour Foedus Aeternus Zine (l’un des meilleur zine hexagonal en matière de Métal Extrême à mon sens), fut un réel honneur ! Une fois de plus mon verre de Mirabelle se dresse à ta santé ! Je salue au passage tous les groupes, zines, labels, distros et maniaques de tous ordres et bords qui nous soutiennent au quotidien. 
Que les individus motivés ou, tout simplement désireux d’en savoir plus quant à nos activités n’hésitent pas à faire un détour par notre kamp (http://www.resistancia-ug.org) ou, restent inhibés dans leur impotente autosuffisance !
 

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